Le 13 février 1843, en Haïti, le président Jean-Pierre Boyer est chassé du pouvoir et s'enfuit en Jamaïque puis en France.
Après avoir assuré pendant 25 ans une relative stabilité à Haïti, première république noire des Temps modernes, ce président mulâtre est vaincu par une rébellion des paysans noirs du sud, les «Piquets».
Le 27 février 1844, la population créole (blanche et métisse) de la partie orientale de l'île, de langue espagnole, profite de la crise politique pour s'émanciper et proclamer son indépendance. C'est ainsi que naît la République dominicaine, aussi appelée Saint-Domingue (Santo Domingo), du nom de sa capitale.
Descente aux enfers
Après le renversement de Jean-Pierre Boyer et la sécession de la partie orientale de l'île, la bourgeoisie mulâtre des villes s'arrange habilement avec les chefs de la rébellion.
Plusieurs vieux militaires noirs se succèdent à la présidence de la République, laissant la réalité du pouvoir aux mulâtres. Le processus dérape avec Faustin Soulouque, porté à la présidence en 1847. Il a alors 65 ans. Deux ans plus tard, cet admirateur de Napoléon 1er réussit à s'imposer comme... empereur sous le nom de Faustin 1er.
Faustin 1er est renversé et chassé dix ans plus tard.
Ses successeurs républicains sortent l'île de son isolement diplomatique en concluant un concordat avec le Saint-Siège en 1860 et en établissant des relations diplomatiques avec les États-Unis d'Abraham Lincoln, champion de la lutte contre l'esclavage.
Dans le même temps, la bourgeoisie mulâtre reconstitue à son profit un régime de plantations et s'enrichit de l'exportation du café cependant que les paysans retombent dans un régime de travail forcé qui n'est pas sans rappeler l'esclavage. Ce nouvel ordre social est cependant bousculé par les paysans en armes du nord de l'île, les «Cacos», qui entretiennent l'agitation.
La république d'Haïti sombre alors dans une instabilité politique dont elle n'est pas encore sortie.