La nouvelle loi électorale, si elle est adoptée telle quelle, viendrait brouiller encore une fois les résultats des élections pour les postes requérant une majorité absolue. Le fait de considérer les votes blancs comme un candidat ne résoudra pas le problème. Au contraire, il le compliquera davantage.
Pour comprendre la situation, nous définissons et comparons le traitement des votes blancs issus des élections de 2006 par rapport aux élections à venir.

Aux élections de 2006, un vote a été considéré comme vote blanc, quand le bulletin est déposé dans l'urne sans choisir un candidat. Pour les élections à venir, le vote blanc sera considéré comme un candidat sur le bulletin de vote. Donc, un citoyen qui veut déposer un vote blanc pourra cocher la case appropriée au vote blanc sur le bulletin. La question que nous nous posons est la suivante : ce procédé va-t-il éliminer la fraude? Nous croyons que non. Si on veut fausser les résultats, on pourra toujours bourrer les urnes de bulletins cochés vote blanc comme on pouvait le faire avec des bulletins déposés dans les urnes sans choisir de candidat. Le nouveau procédé n'a rien de différence par rapport à l'autre si ce n'est que la case cocher vote blanc inscrite sur le bulletin. Cela n'empêche pas à un décideur malhonnête de modifier le résultat des élections.

En analysant le contexte, le peuple haïtien n'est pas si familier aux élections au point où il arrive à faire la queue sous un soleil implacable pour aller déposer un vote blanc. S'il fait ce sacrifice c'est parce qu'il a un candidat pour lequel il veut déposer un bulletin de vote. En d'autres termes, le vote blanc, s'il est exercé, est une annulation de vote par celui qui ne veut voter pour aucun candidat. Il devrait être catégorisé vote annulé ou à tout le moins mis à part. Il ne devrait pas être considéré dans les calculs servant à déterminer le pourcentage séparant les candidats. De plus, l'annulation des votes blancs a comme avantage de fermer la voie à la fraude et nous avons pour preuve les dernières élections. L'utilisation des votes blancs allait provoquer un second tour des élections présidentielles, mais le peuple était vigilant.
Férère Coffy
Montréal, 7 mai 2008