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07-18-08, 10:04 AM
|  | Registered User | | | | Entreprises funéraires, un secteur déréglementé Les entreprises funéraires poussent comme des champignons dans la région métropolitaine, et ce, dans le plus grand désordre.
On les appelle un peu pompeusement des entreprises de pompes funèbres. Dans les faits, ce qu'elles offrent comme service se limite à la vente de cercueils et de produits d'ornement. Sans chambre froide, ni salle d'exposition appropriée, les prétendues entreprises funéraires qui foisonnent à Port-au-Prince sont dépourvues de toutes les structures nécessaires au fonctionnement d'une telle entreprise. Souvent sans permis, elles offrent des services mortuaires à des prix excessifs, au su et au vu des autorités municipales.
Ainsi, une famille endeuillée doit verser au minimum 75 000 gourdes pour pouvoir bénéficier de funérailles de dernière classe. Celles de première classe coûtent entre 200 000 et 250 000 gourdes. La facture a considérablement augmenté depuis 2005, alors que les funérailles de première classe coûtaient entre 135 000 et 190 000 gourdes.
Près de 2 milliards de gourdes seraient générées chaque année dans l'industrie des funérailles en Haïti. Les profits sont énormes, les propriétaires ne payant que 3000 gourdes au service des décès de la mairie pour chaque funéraille, que celles-ci soient de première ou de dernière classe.
« C'est un vrai désordre qui règne dans le secteur des entreprises funéraires en Haïti, fulmine un employé affecté au service des décès. Les propriétaires s'intéressent plus à l'aspect financier qu'à celui de la qualité et de l'efficacité des services offerts à la clientèle. »
Les prétendus « salons funéraires »
Dans une rue de la capitale, est établi depuis quelques années « un salon funéraire » dont nous nous gardons de révéler l'identité. Il est logé dans une pièce de maison séparée en deux parties. Dans la première, ce sont des cercueils, des couronnes et des fleurs recouverts de poussière. Pas même une salle d'attente réservée à la clientèle. Pour recevoir ses clients, le gérant responsable, assis derrière un ordinateur usagé, occupe l'autre partie, une petite chambre où il fait très chaud. Ce salon n'est pas le seul à être logé dans un tel espace où l'environnement est peu agréable.
Seulement dans cette rue, sont affichées plus d'une dizaine d'enseignes indiquant « Entreprises funéraires X ou Y, Morgue privée ». Leurs portes restent ouvertes quotidiennement dans l'attente de dépouilles. Les responsables, incapables de réfrigérer les cadavres, n'ont d'autre choix que de les transporter - contre rémunération - à la morgue de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH) ou à une morgue privée.  La morgue de l'Hôpital général n'entreprend pas ce genre d'activité, dément, la main sur le coeur, un employé de l'HUEH. Les seuls cadavres que nous recevons de l'extérieur sont ceux qui ont été abandonnés dans certaines morgues privées en raison du manque de moyens financiers permettant aux familles des défunts de couvrir les frais exigés. »
Combien d'entreprises funéraires sont légales ?
Les chiffres relatifs au nombre de salons funéraires mal structurés et illégaux évoluant à la capitale n'ont pas été révélés par les autorités concernées. Toutefois, le directeur des opérations à la Direction générale des impôts (DGI), Murray Lustin Junior, croit qu'ils sont légion. Seulement 44 entreprises funéraires sont dûment enregistrées à la DGI.
Ces entreprises, explique de son côté Me Benito Charles, responsable de la direction du domaine de la mairie de Port-au-Prince, fonctionnent uniquement sur la base d'une patente et d'un droit d'affichage, mais sans être autorisées par l'institution communale. Ce qui est en désaccord, avance-t-il, avec un article du code de commerce selon lequel chaque individu ou groupe d'individus devrait avoir l'aval du conseil municipal avant d'entreprendre ce genre d'activité commerciale.
« La DGI ne peut pas empêcher un entrepreneur d'ouvrir une entreprise si ce dernier a déjà reçu l'autorisation de la mairie », précise M. Murray Lustin, expliquant que les 44 entreprises détentrices d'une patente sont celles dont les propriétaires se sont présentés avec une lettre d'autorisation de l'administration communale.
En réalité, il n'existe aucun document officiel au niveau de la mairie faisant mention des formalités à remplir pour ouvrir une entreprise funéraire. « Nous sommes en train de mettre des balises pour le fonctionnement de ces entreprises », dit Me Benito Charles qui, à l'instar du directeur des opérations de la DGI, invite les propriétaires concernés à passer à la section juridique en vue de régulariser leur situation.
En tout cas, les rares entreprises funéraires disposant d'une chambre froide ne sont pas équipées de génératrice en vue de faire face à la pénurie de courant électrique. Et que dire de celles qui ne sont pas équipées d'un système de canalisation? Ce qui est susceptible de représenter un danger potentiel pour la santé des riverains, car après avoir lavé une dépouille, l'eau utilisée à cette fin est déversée dans les caniveaux ou dans d'autres endroits où les tuyaux de la CAMEP sont souvent troués. Et comme l'eau est polluée, elle provoque évidemment des maladies infectieuses.
Alors que les autorités s'enferment dans un mutisme obstiné, les entreprises funéraires continuent de pousser comme des champignons dans la région métropolitaine, particulièrement à Port-au-Prince. Des champignons trop souvent venimeux. | | | Thread Tools | Search this Thread | | | | | Display Modes | Linear Mode | Posting Rules | You may not post new threads You may not post replies You may not post attachments You may not edit your posts HTML code is Off Points Per Thread View: 2.00 Points Per Thread: 50.00 Points Per Reply: 20.00 | | | |