L'orgueil est le défaut principal des haïtiens. C'est ce défaut qui va nous mener à l'auto destruction de notre pays, c'est ce défaut qui nous empêche d'évoluer et de progresser dans la vie.
Abdullàh Ibn Mas'ûd nous définit l'orgueil:
"L'orgueil c'est le fait de ne pas accepter une vérité
venant des autres et de les mépriser".
L'orgueil est le masque de nos propres défauts et nous autres haïtiens, nous sommes bourrés de défauts. Haïti est une image qui en parle. Chacun est en haut d'une tour faite de désir de savoir et d'orgueil. Quand on se parle du haut d'une tour, c'est pour s'envoyer des flèches, des a priori, des non-dialogues.
Le vrai dialogue et plus encore le pardon, c'est descendre de sa tour, monter un instant dans la tour de l'autre, revenir en bas de sa tour et humblement décider de (re)faire alliance...
Pardonner, c'est un "faire un don parfait" (par-don :-). C'est d'abord accepter de descendre de sa tour d'ivoire, arrêter de considérer l'autre comme la source de tous nos malheurs, consentir à sa part de responsabilité, accepter pour un temps de se rendre compte de ce que l'autre pense, désire, subit...
Je vous laisse donc à méditer sur un poème de Charles Baudelaire, Châtiment de l'Orgueil:


Châtiment de l'Orgueil
En ces temps merveilleux où la Théologie
Fleurit avec le plus de sève et d'énergie,
On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,
? Après avoir forcé les coeurs indifférents;
Les avoir remués dans leurs profondeurs noires;
Après avoir franchi vers les célestes gloires
Des chemins singuliers à lui-même inconnus,
Où les purs Esprits seuls peut-être étaient venus, ?
Comme un homme monté trop haut, pris de panique,
S'écria, transporté d'un orgueil satanique:
«Jésus, petit Jésus! je t'ai poussé bien haut!
Mais, si j'avais voulu t'attaquer au défaut
De l'armure, ta honte égalerait ta gloire,
Et tu ne serais plus qu'un foetus dérisoire!»
Immédiatement sa raison s'en alla.
L'éclat de ce soleil d'un crêpe se voila
Tout le chaos roula dans cette intelligence,
Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,
Sous les plafonds duquel tant de pompe avait lui.
Le silence et la nuit s'installèrent en lui,
Comme dans un caveau dont la clef est perdue.
Dès lors il fut semblable aux bêtes de la rue,
Et, quand il s'en allait sans rien voir, à travers
Les champs, sans distinguer les étés des hivers,
Sale, inutile et laid comme une chose usée,
Il faisait des enfants la joie et la risée.
? Charles Baudelaire
Les fleurs du mal