UN MILLION POUR DES PROJETS INTERCULTURELS
La Commission scolaire de Montréal pour faciliter les relations interculturelles
Marie Allard
Un million de dollars sera investi au cours de la prochaine année par la Commission scolaire de Montréal pour faciliter les relations interculturelles.
Avec ses élèves issus de 180 pays, parlant plus de 150 langues différentes - à peine 50 % d'entre eux ont le français comme langue maternelle - la commission scolaire doit exercer un «leadership dynamique en matière d'intégration».
«Les récents événements nous indiquent qu'il n'y a qu'une voie possible, celle de l'accommodement raisonnable, a dit hier Diane De Courcy, présidente de la CSDM. Sinon, il y a escalade, comme on a pu le voir lors de l'incident dans la cafétéria.»
On se souviendra que la façon de manger d'un petit garçon de 7 ans originaire des Philippines, Luc Cagadoc, mis à part dans une cafétéria de Roxboro, a eu des échos jusqu'à Manille la semaine dernière.
Mme De Courcy a présenté le projet de politique interculturelle de la CSDM, qui sera bientôt adoptée par les commissaires. Les parents et la communauté sont invités à commenter cette ébauche - et à proposer des solutions concrètes - au cours de quatre rencontres publiques qui auront lieu d'ici la fin mai. Un service d'interprète en anglais, espagnol et arabe sera offert.
À l'école primaire Barthélémy-Vimont de Parc-Extension, où avait lieu la conférence de presse d'hier, l'intégration est réussie. Dans la cour, les conversations se déroulent en français, seule langue que partagent les élèves provenant de 50 pays. Urmita Chowdhury, 11 ans, originaire du Bangladesh, a confié parler français avec ses frères et soeurs.
«J'ai l'impression d'être comme tout le monde, je ne suis pas différentes des autres à Montréal», a dit la jeune fille, coiffée d'un bandeau mauve.
En mai 2003, 15 responsables d'organismes communautaires travaillant auprès des immigrants s'étaient pourtant plaints du manque d'écoute de la CSDM.
Henri Robert Durandisse, directeur du Centre haïtien d'animation et d'intervention sociale (CHAIS), était parmi eux. Hier, il s'est réjoui du million annoncé, qui devrait empêcher la nouvelle politique de rester «sur les tablettes».
Maîtrise du français
Plusieurs grands objectifs ont été fixés par la CSDM. D'abord hausser la maîtrise du français des élèves, originaires d'ailleurs comme d'ici. «Du côté du français lecture, nous avons des difficultés», a reconnu Mme De Courcy.
L'aide aux devoirs et des cours de francisation sont proposés. «Nos élèves parlent français, mais souvent pas leurs parents», a souligné Akos Verboczy, commissaire et président du Comité pour l'éducation interculturelle de la CSDM.
Viennent ensuite l'offre de formation sur la diversité interculturelle au personnel et l'embauche de membres des minorités. «Il est important pour les jeunes d'avoir des modèles», a dit M. Verboczy.
En 2002, à peine 12 % des 14 500 employés de la CSDM appartenaient à une communauté ethnoculturelle.
Un meilleur accès à l'enseignement des langues maternelles des enfants- et aux langues étrangères pour les élèves francophones de naissance- est souhaité. «Notre postulat est le suivant: l'élève qui maîtrise bien sa langue d'origine est meilleur en français», a dit Mme De Courcy.
Depuis 25 ans, le Programme d'enseignement des langues d'origine (PELO) permet de donner quelques cours, mais son financement est insuffisant, selon la présidente.
Il y a ensuite les liens entre l'école, les familles et les diverses communautés qui doivent être améliorés. Tout comme l'accès au patrimoine culturel du Québec, une réalité parfois lointaine. Plus de 80 % des nouveaux arrivants au Québec s'installent à Montréal, si bien que dans quelques quartiers, dont Parc-Extension, ce sont les Tremblay qu'il faut chercher.
LES DIX LANGUES LES PLUS PARLÉES À LA CSDM
1. Français
2. Espagnol
3. Anglais
4. Arabe
5. Chinois
6. Créole
7. Vietnamien
8. Bengali
9. Tamoul
10. Ourdou