Ce « film interdit aux jaloux » du réalisateur Riquet Michel raconte l'histoire d'un couple déchiré après que le mari eut surpris sa femme entrain de fantasmer en pleine nuit sur le voisin d'en face, un gynéco réputé dans l'art de consoler les femmes malheureuses au foyer.
Au lieu de tirer les conséquences de son indifférence vis-à-vis de sa femme, Jacob préfère prendre le large. Extrêmement jaloux, il considère le fait que Mathilda cite, langoureusement, le nom du gynécologue dans ses rêves comme flagrant délit d'adultère.
La mise à l'écran de rues et d'édifices qui sont familiers au portauprinciens (nes) concède à « Ma femme et le voisin » une certaine vraisemblance et permet aux spectateurs (trices) de la capitale de s'identifier facilement aux personnages.
Cette réalisation coproduite par « Image production » et « Communication Plus » valorise de nouveaux talents qui ont su faire de leur coup d'essai ; un coup de maître. C'est le cas notamment du batteur du groupe « K-dans » Ricky Juste (Gros Yvon), de Raud Octanvil Delatour (Mathilda), du lead vocal de « K-lory » Réginald Poulard (le gynéco) et des figurants remarquables comme Manold Rebecca (qui a fait une typologie des Gérard) et Judith Macaya Joseph (la présentatrice).
Des faiblesses sont à signaler au niveau du scénario. Jacob n'étant pas campé dès les premières minutes du film comme un « malade de jalousie », le spectateur comprend mal l'excessivité de ses réactions après l'épisode du fantasme. On est bien obligé de rétrograder dans le développement pour identifier « l'incident déclencheur » qui était en fait ce fameux rêve.


Nous dénotons aussi des réactions invraisemblables au niveau du « climax ». Dans une histoire parallèle le célèbre gynécologue est surpris dans le placard d'Yvon - un homme qui passe le plus clair de son temps à épier sa femme - « gros » Yvon se suicide sur le coup. Cette scène laisse le spectateur (trice) avec l'impression d'avoir manqué un bout de l'histoire. Au moins on s'attendait qu'Yvon, présenté comme un éternel querelleur, entame une virulente discussion avec sa femme et l'amant de celle-ci avant d'arriver à la conclusion fatale. Le réalisateur n'a su rendre évident, non plus, l'ampleur de la confusion qui motiverait une fin si tragique. Que le médecin devient maboul après cette épreuve laisse quand même à désirer, à moins qu'il eut été présenté comme mentalement déficient !


Des scènes « de trop » casse le rythme du film comme celle des commérages entre la femme d'Yvon et son amie ainsi que celle subséquente qui voit la confidente trahir sa confiance. Ces séquences n'ont aucun enchaînement avec la suite de l'histoire.
Caméras et acteurs trop pudiques : le réalisateur aurait mieux fait de suggérer les scènes érotiques qu'il tentait de présenter, d'autant que les acteurs étaient déjà forts mal à l'aise.
En dépit des considérations susmentionnées et quelques blancs sonores, « Ma femme et le voisin », qui est à son cinquième semaine aux cinés « Impérial » et « Rex », vaut le déplacement... Je me ferai même le plaisir d'aller le revoir.
Vantz Brutus