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"Des Menaces de Mort Proférées En Termes Non Équivoques"
Profondément bouleversé par la déclaration directe du représentant de l'OEA, le président du CEP a sollicité et obtenu immédiatement une entrevue avec le chef de l'État afin de le mettre au courant de la situation difficile dans laquelle il se trouve.
Le chef d'État, apprend-on de source autorisée, n'a eu une gêne à lui réppndre qu'il devait proclamer les résultats tels qui ont été annoncés auparavant. C'est, dit-il, une question de vie oui de mort.
Quand M. Manus a souligné qu'il n'était pas prêt à s'engager dans cette voie, puisque les résulats antérieurement annoncés ne correspondaient pas à la réalité, René Préval l'a pris en apparté. Prenant un téléphone, le chef de l'État a composé un numéro et donné le récepteur au chef du CEP.
Étonné, Léon Manus a entendu au bout du fil Jean-Bertrand Aristide qui lui a répété les paroles de M. Préval tout en proférant à son endroit des menaces en termes non équivoques. "Nous ne recevons d'ordre de qui que ce soit, nous sommes chez nous". Et le baron de Tabarre d'ajouter : "Il y aura mort d'hommes dans cette affaire". Cela s'est passé jeudi soir, 15 juin 2000.
Les dernières minutes deconversation entre le président du CEP et Aristide et Préval l'ont déterminé à suivre les conseils de ses amis et proches parents qui, avant même la tenue des élections du 21 mai, n'avaient cessé de lui demander de démissioner de ce poste.
HAITI-OBSERVATEUR, 21-28 JUIN 2000 - PAGE 17
Titre: BRAS DE FER AUTOUR DE DU SCRUTIN DU 21 MAI