Haitien de souche, j'aime mon pays ni plus ni moins qu'un bon patriote. Cependant, j'adore davantage la vérité, et je n'ai pas oublié ce proverbe « Qui aime bien châtie bien.»
Ceci dit, je voudrais qu'on m'explique pourquoi la marche des deux élections qui ont eu lieu récemment dans les deux pays qui se partagent a même île a été si différente. En effet, d'un côté les Dominicains ont effectué un scrutin quasi exemplaire, et de l'autre les Haïtiens ont bâclé le leur.
Pourtant le peuple haïtien, à 90 pour 100 analphabète, a démontré son amour pour le processus électoral et, ce faisant, pour le régime démocratique. Par contre les membres de l'élite de leur pays (dont certains possèdent des diplomes d'universités mondialement prestigieuses) viennent, encore une fois, de faire la démonstration que, tout compte fait, ILS et par conséquent NOUS ne sommes pas (encore ? je l'espère !) en mesure de nous gouverner tout seul « comme des adultes ».


Oh bien sûr, certains de mes compatriotes font des carrières brillantes à l'étranger, surtout dans les pays développés. Mais tout en applaudissant leur succès professionnel, je ne peux m'empêcher de penser que nous n'avons toujours pas prouvé que nous pouvons bâtir les structures indispensables à la modernisation de notre pays natal. C'est un peu comme si nous serions incapable de mettre sur pied une équipe de football bien que certains de nos compatriotes démontrent régulièrement leur talent pour ce sport, mais ... ils le font au sein d'équipes étrangères.
Albert Einstein a écrit que « Any fool can know. The point, however, is to understand. ». J'ai envie de conclure ma note en disant qu'il n'est pas si difficile ou, mieux, si important de réussir professionnellement au sein de structures créées par le voisin. Ce qui compte vraiment c'est d'arriver à monter nous-mêmes (comme des "grands") nos propres structures au sein de notre territoire national.