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Nécessité de la construction d?un Etat de Droit en Haïti : Réponse à Zenglendo
Nécessité de la construction d?un Etat de Droit en Haïti : Réponse à Zenglendo
Dans la réaction à une intervention d?un internaute, Zenglendo, en date du 28 Avril 2001, au forum de discution : Partis politiques de ce site, autour de l?article «Ils sont tous des opportunistes », je disais « qu'il faut prendre un peu de distance par rapport à ses attachements partisans pour poser et discuter les principes à partir desquels la construction de la nation et de l'Etat haïtien apparaît possible. Je crois aussi que cette construction est une entreprise éminemment politique ». Sur ce Zenglendo, m?a demandé de redonner un sens au mot politique. Cela m?a obligé de sauter du réel à l?idéel. Ce genre d?abstraction n?est pas toujours très adéquate dans ce genre de communication. Mais elle s?impose dès qu?on commence à concevoir ce qui est.
Les acceptions du mot politique
Le mot politique renvoie en effet à plusieurs configurations d?actions possibles :
D?abord, il peut désigner, l?acte du vivre ensemble d?un nombre déterminé d?individus sur un territoire donné, ainsi que le sens de leur rapport dont la formalisation est confiée à un organe central donné : le gouvernement. Autrement dit, c?est cet organe qui est chargé de définir le mode de ce rapport, en posant les conditions de son maintien durablement. Ici l?élément idéologique a un rôle prépondérant. Car le sens de ce rapport dépend de la conception que les membres de l?organe central, les politiques, ont de l?individu, des biens matériels, des m?urs, etc. Cela dit, le mot politique renvoie à un système de valeurs. Et les Partis politiques sont regroupés en fonction du système de valeurs dans lequel ils s?inscrivent. 

Ensuite, il peut signifier les efforts déployés par cet organe pour donner des réponses concrètes aux divers problèmes auxquels ces individus sont confrontés. Cela présuppose, bien entendu, l?existence d?un système de besoins qui rend ces individus dépendants les uns des autres. L?acte politique suprême consiste, de ce point de vue, dans la mise en ?uvre des moyens destinés à satisfaire ces besoins personnels et collectifs. La recherche de satisfaction de ces besoins, en tant qu?elle est à la base de la volonté qui pousse les individus à s?associer est un devoir. La recherche du bien-être des individus apparaît donc comme le devoir du gouvernement. Tout ce qui constitue l?objet de cette satisfaction s?appelle la chose du peuple. C?est ce qu?exprime, dans une forme savant, la République.
Enfin, il renvoie également à la lutte pour le pouvoir. Cela englobe essentiellement les stratégies des acteurs politiques aussi bien que les intérêts propre à la classe politique.
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05-04-01, 10:32 AM
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La conception de l?individu que sous-tend le mot politique
Il importe de noter que le mot politique présuppose l?existence d?individus libres en soi, doués de volonté. Mais l?existence de ces individus est représentée comme ayant un caractère non pas absolu mais partiel. Cela présuppose pour ainsi dire l?égalité extérieure formelle entre eux. Ainsi, leur rapport devient possible. Si bien que l?individu n?a son existence complète que dans ce rapport. Ce rapport s?appelle l?Etat. Cela dit, liberté et l?égalité entre les individus constituent deux conditions essentielles de la possibilité de l?Etat. Toute configuration dans laquelle les individus ne sont pas libres et égaux entre eux, d?un point de vue formelle, n?est pas un Etat.
L?Etat : une forme de rapport entre les individus
D?une part, ce rapport signifie : l?individu est représenté comme l?être en soi, en ce qu?il possède la faculté de se proposer son propre but à atteindre en vertu de sa propre raison. La détermination de cette raison est la loi qui se donne comme contenu à la liberté de ce dernier. De ce point de vue, la volonté apparaît comme le principe du mouvement de l?individu, la manifestation de sa liberté. Par ailleurs, parmi les buts qu?il vise à atteindre certains concernent sa propre reproduction ou le maintien de sa vitalité. Dans la poursuite de ces buts, il transforme les éléments du monde extérieur en moyens, si bien que ceux-ci n?existent plus que pour lui. Ce processus s?appelle appropriation. Grâce à cela, la volonté individuelle se trouve incorporée dans les choses extérieures où elle s?épanouit et se détend. C?est précisément cette unité indissoluble qu?expriment le plaisir et la jouissance que consacrent les droits naturels. 

Ces droits sont dits naturels dans la mesure où ils sont consubstantiels à la constitution biologique ou physique aussi bien que spirituel de l?individu, à savoir : ses instincts, ses sentiments, ses dispositions intérieures, ses passions, sa liberté, sa volonté, etc., et qu?ils sont identiques à la finalité de ceux-ci ; c?est-à-dire qu?ils aident à la manifestation et au maintien de la vitalité de l?individu. La liberté de l?individu consiste ici dans ce pouvoir de transformation qu?il a sur les choses extérieures qui deviennent pour lui des éléments nécessaires à la réalisation de son but
En un mot, dans la satisfaction des besoins biologiques ou physiques et spirituels, l?individu se concilie avec le monde. Cette conciliation signifie la disparition de toute opposition ou contradiction. C?est effectivement cette disparition qu?expriment les satisfactions individuelles. En d?autres termes, la liberté individuelle se réalise donc dans cette conciliation de soi avec le monde.
D?autre part, ce rapport signifie : l?action de l?individu se réalise dans le monde des expériences quotidiennes sans aucune contrainte. Cette réalisation est représentée comme une nécessité interne au processus vital de l?individu. C?est donc dans l?Etat que s?opère effectivement la réalisation de sa « volonté raisonnable ».
<FONT COLOR="#800080" SIZE="1" FACE="">Ce message a été modifié par Ayizan on 04 Mai 2001 at 08:50 AM</font>
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05-04-01, 10:42 AM
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L?Etat, le Droit et la volonté individuelle
Cela posé, il suit que dans un Etat organisé conformément aux exigences de la raison, toutes les lois et les institutions ne sont que des déterminations de la volonté, laquelle incorpore les instincts, les sentiments, les dispositions, les passions, bref, tout ce qui est des plus naturels chez l?individu. Cette incorporation s?effectue par l?éducation civique, morale, esthétique et scientifique qui transforme les penchants, tendances, sentiments, et impulsions individuels, de telle sorte qu?ils deviennent conformes aux exigences de la raison, et par suite qu?il se produit l?union de la raison avec la nature humaine. Ainsi, l?individu ne trouve dans ces institutions produites par la raison que la réalisation de sa propre essence, et lorsqu?elle obéit à ces lois, elle ne fait que suivre naturellement sa propre volonté. 

Par conséquent, le Droit, en tant que possibilité de l?existence de l?Etat doit lui-même se conformer aux exigences de la raison, notamment à la forme idéale exprimant son union avec les détermination les plus essentielles de l?individu. Il suit de là que les droits naturels se donnent en étalon au Droit positif. Cela dit, c?est le Droit qui fonde la reconnaissance de la liberté et de la volonté de l?individu. C?est lui qui pose celui-ci comme une personne et exige qu?il soit respecté comme telle. C?est lui qui le transforme en propriétaire et qui lui garantit la jouissance de tout ce qu?il possède, et en citoyen qui lui garantit sa participation à la chose publique. De là, il suit que l?action de la justice consiste à rétablir l?individu dans ses droits, lorsque sa liberté, sa volonté, et sa propriété sont violées. De ce point de vue, loin d?être quelque chose de contraignant, le Droit donne une dimension universelle à l?existence particulière de l?individu. La loi confère à sa liberté un contenu. Dans cette perspective, la peine est non pas la détermination d?une contrainte mais une élément essentiel du Droit qui vise à supprimer les comportements négatifs des individus. 

<FONT COLOR="#800080" SIZE="1" FACE="">Ce message a été modifié par Ayizan on 04 Mai 2001 at 08:51 AM</font>
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05-04-01, 10:44 AM
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L?Etat en Haïti et la nécessité de sa transformation
En réalité, on constate qu?en Haïti, l?organisation qu?on appelle Etat fait fi du Droit, en imposant la violence pure comme la forme absolue de son action. L?arbitraire étatique crée, outre le phénomène de l?auto-justice caractérisé par le lynchage, une autre forme d?insécurité qui touche directement à la sûreté et aux biens des personnes. Les arrestations et les détentions illégales sont monnaies courantes. Les expropriations de fait, les pillages, le phénomènes de racket, etc. sont le lot quotidien des gens. 

Cette forme d?insécurité a un effet dissuasif chez ceux qui aimeraient investir dans le pays. Si bien qu?à l?heure actuelle, on a une économie qui fonctionne à partir d?une logique du court terme. Dans ce domaine, certaines pratiques sont à la limite du racket et de la rapine. Le rythme vertigineux de l?augmentation arbitraire des prix, le pouvoir illimité que possède les commerçants de fixer leur propre monnaie de change ou de chaque banque son propre taux, le laissent penser, en tout cas.
Somme toute, aucun développement économique et social n?est envisageable en Haïti sans l?établissement d?un climat de paix durable. Ce climat lui-même dépend nécessairement de l?instauration d?un Etat de Droit, dans lequel la liberté, la propriété, la sécurité et la sûreté des personnes soient mieux garanties.
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