I. Introduction
schizophrénie, psychose chronique caractérisée par une dissociation, une déstructuration, de la personnalité. Le terme, qui signifie littéralement « esprit coupé en deux », a été inventé par le Suisse Bleuler.
II. Causes et fréquence
La schizophrénie n'a pas de cause connue. Plus précisément, les spécialistes s'accordent sur le fait que les mécanismes en jeu sont multiples. La schizophrénie serait due à une conjugaison de composantes biologiques, psychologiques et culturelles.
Des études récentes ont montré que la schizophrénie peut provenir de la transmission de certaines anomalies génétiques. Parmi les enfants dont les parents sont schizophrènes, environ 1 sur 10 développe la maladie. Dans le cas de vrais jumeaux, si l'un des jumeaux est schizophrène, les risques pour que le second le soit aussi un jour sont de 35 à 58 p. 100. Mais la composante héréditaire reste encore sujette à controverses. Les chercheurs se demandent, par exemple, si le caractère familial est le produit de l'hérédité ou s'il est le résultat de l'éducation par des parents à la personnalité déstructurée. Quoi qu'il en soit, l'importance de la composante héréditaire, si elle existe, varie probablement d'un individu à un autre.


Les recherches ont permis de relier un certain nombre de conditions environnementales à la schizophrénie. Une communication difficile à l'intérieur des familles peut jouer un rôle dans la schizophrénie, sans que l'on sache pour autant si ce défaut de communication est une cause ou une conséquence de la maladie. Dans ce dernier cas, ce serait la maladie de l'enfant qui induirait des perturbations dans le comportement maternel, et non l'inverse. Une vie familiale déstructurée peut également être facteur de schizophrénie.
Les aspects culturels n'interviendraient que comme facteurs influençant les symptômes. Le délire à thème mystique, par exemple, est plus fréquent chez les personnes de culture chrétienne que chez les autres.
Les recherches sur le cerveau ont mis en évidence certains facteurs organiques liés à la schizophrénie. La dopamine, neuromédiateur cérébral, pourrait être présente en quantité anormale chez les schizophrènes. La scanographie a permis de montrer des anomalies structurelles dans plusieurs régions du cerveau de certains schizophrènes.
La prévalence de la maladie varie de 0,01 à 3 p. 100, dans l'ensemble du monde, ce qui signifie qu'une ou deux personnes sur cent deviennent schizophrènes au cours de leur vie.
III. Symptômes
La schizophrénie se développe presque toujours avant cinquante ans. Classiquement, le premier épisode a lieu pendant l'adolescence ou chez l'adulte jeune, puis il tend à être suivi par d'autres. Le début insidieux de l'affection est souvent mis en évidence par une détérioration des relations sociales et des difficultés survenant dans le travail scolaire ou professionnel.


Des troubles de la pensée s'observent sous la forme d'une incapacité à établir des relations logiques entre les événements ou par le développement d'illusions. Les hallucinations (impression de lire dans les pensées des autres, perception de voix imaginaires donnant des ordres ou faisant des commentaires) sont les principaux troubles de la perception. Pour les observateurs, les réactions émotionnelles à une situation semblent soit sans relief, soit inappropriées. Il existe une ambivalence des sentiments, par exemple un mélange d'amour et de haine pour la même personne. Une forme particulière de dédoublement de la personnalité peut se développer, le sujet ayant l'impression que deux personnes vivent en lui. Les troubles moteurs se traduisent en particulier par une catatonie (posture rigide) ou, plus couramment, par des mouvements brusques apparemment sans objet. Les relations avec les autres sont, en général, très perturbées, et la personne schizophrène a tendance à la fois à s'isoler et à être rejetée.


Les éléments qui dominent sont l'ambivalence des idées, des sentiments et des comportements du sujet, sa bizarrerie, son impénétrabilité et sa rupture avec la réalité.
Aucun catalogue de symptômes ne peut faire comprendre les dégâts occasionnés par la schizophrénie. C'est l'un des troubles mentaux les plus graves. Être incapable d'ordonner et de contrôler ses propres pensées, être isolé par une vision de la réalité totalement faussée et entendre des voix désincarnées représentent une expérience solitaire extrêmement effrayante.
IV. Traitement
Le traitement le plus puissant qui permette de soulager les symptômes de la schizophrénie est l'administration de psychotropes du groupe des neuroleptiques. Ces médicaments, disponibles depuis le milieu des années 1950, permettent aux schizophrènes de vivre sans ressentir une angoisse écrasante ou d'autres symptômes pénibles. On les utilise non seulement pour traiter les épisodes aigus, mais également pour prévenir les rechutes.
Cependant, ces médicaments ont des inconvénients et provoquent des effets secondaires comme une sécheresse de la bouche. De plus, des patients ayant pris ces médicaments pendant plusieurs années présentent parfois un état appelé dyskinésie tardive, caractérisé par des mouvements anormaux, particulièrement grave car il ne peut être traité et ne disparaît pas à l'arrêt du traitement.
La psychothérapie est utilisée pour traiter certains patients schizophrènes et les aider à surmonter les difficultés sociales et professionnelles auxquelles ils sont confrontés.
L'hospitalisation, éventuellement en hôpital de jour, est souvent indispensable, au moins à certains moments. Dans les autres cas, le schizophrène est suivi par une équipe médicopsychologique et médicosociale en consultations externes complétées de visites à domicile.
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