Sa se bon zouti !!!!!!!
source - Radio Havane Cuba (RHC), 23 Avril 2002
DECLARATION POLITIQUE DE FIDEL CASTRO RUZ,
PRESIDENT DU CONSEIL D'ETAT DE LA REPUBLIQUE DE CUBA
22 Avril 2002
Mon refus à présenter les preuves que m'ont obligé à quitter
Monterrey le jour même où j'ai prononcé mon allocution au Sommet des
Nations Unies sur le Financement du Développement, se devait au fait
que monsieur Castañeda avait entraîné dans son aventure effrontée le
Président Vicente Fox et que je ne pouvais pas le révéler sans
impliquer le Chef d'État lui-même.
Monsieur Castañeda avait ourdi à Washington la conspiration actuelle
contre Cuba à Genève. D'une part, le gouvernement tchèque était déjà
écoeuré de son rôle coûteux de mercenaire et de son discrédit.
D'autre part, le gouvernement des États-Unis l'année dernière, après
le vote de la résolution imposée par la force contre Cuba à Genève,
avait été privé de sa condition de membre de la Commission des droits
de l'homme, par le vote secret du Conseil économique et social
(ECOSOC) comme châtiment humiliant et bien mérité. C'était l'échec le
plus honteux qu'ils aient essuyé depuis la création de cet organe en
1945.
Le Ministre mexicain des Affaires étrangères, Jorge Castañeda,
s'offre pour latino-américaniser la nouvelle et sournoise manoeuvre.
Les délégations latino-américaines à la Commission des droits de
l'homme devaient promouvoir une proposition cynique, truquée et
trompeuse ; pendant toute l'année 2001 il a consacré tout son temps à
ces fins, provocant souvent avec Cuba des incidents qui ont été
l'objet des maintes critiques de la part des personnalités politiques
et des membres de la Chambre des Députés et du Sénat du Mexique.
Le lendemain du vote de la Résolution contre Cuba, le 20 avril 2001,
lors duquel le Mexique s'est abstenu ; le camarade Felipe Pérez
Roque, notre Ministre des Affaires étrangères a déclaré que le
Ministre mexicain Jorge Castañeda avait tout fait pour que le Mexique
change de position et que Cuba soit condamnée. Tout le long de cette
année-là, M. Castañeda n'a fait que mener des intrigues et conspirer
dans ce but.
Au début de cette année, à l'initiative du Mexique, une visite à Cuba
d'une délégation de haut niveau conduite par Fox est organisée, sous
le prétexte d'améliorer les relations entre nos deux pays. La
Conférence de Monterrey approchait.
Bush, comme avait déjà fait Reagan en 1981 à l'occasion d'un Sommet
des Chefs d'État et de gouvernement Nord-Sud au mois d'octobre,
menaçait de ne pas assister si Cuba y participait. L'honneur, le
devoir et les intérêts du Mexique une nouvelle fois entraient en
contradiction. Il faut que j'insiste, il s'agit du gouvernement du
Mexique et non du peuple frère du Mexique. Le voyage de Fox et de
Castañeda à Cuba, ils sont arrivés le 3 février à 10h30, a été
minutieusement bien conçu. On sentait partout et en tout de la
fausseté et du calcul. Un de leurs objectifs était de nous demander,
comme en 1981, de renoncer à notre participation à Monterrey: ils
n'ont pas osé. Il a suffi de la première heure de réunion, entamée à
11h14. Les premières minutes ont été presque suffisantes. J'ai pris
les devants en leur rappelant que nous avions reçu l'invitation
normale des Nations Unies pour participer à ce Sommet. Après j'ai
examiné à fond avec lui toute les manoeuvres hypocrites et perfides
menées contre Cuba à Genève.
En abordant divers sujets, les échanges avec Fox et les autres
membres de la délégation ce matin ont été sérieux et productifs.
Castañeda s'agitait nerveux et inquiet, ne pensez pas que j'ai quoi
que ce soit contre lui. Après la première réunion, il y a eu un
déjeuner privé et léger entre Fox et moi. Puis le dépôt d'une gerbe
au monument de José Martí. Je l'ai accompagné tout le temps pendant
qu'il réalisait son vaste programme. Nous avons eu des conversations
assez importantes sur plusieurs sujets et dans une atmosphère de
familiarité. Nous avons visité la Vieille Havane, une centrale
électrique qui fonctionne avec du gaz issu de nos puits de pétrole, à
l'est de la capitale. J'ai suggéré une visite chez l'historien de la
ville, Eusebio Leal qu'il venait de décorer , pour rendre visite à sa
mère qui était convalescente.
Le programme conclut finalement par le Centre de régénération
neurologique où de nombreux Mexicains sont traités avec de grands
résultats. Ce même jour à 16 h, notre Ministre des Affaires
étrangères recevait M. Castañeda. Celui-ci n'a même pas osé aborder
avec Felipe l'histoire concernant le projet de Genève contre Cuba. Il
n'a pas non plus mentionné le Sommet de Monterrey et a promis que le
Mexique ne stimulerait, ni favoriserait, ni soutiendrait aucune
motion contre Cuba à Genève.
A 21, se tient la réunion privée avec le Président Fox dans mon
bureau. Lorsque nous avons abordé le thème de Genève, précédé de
plusieurs digressions, il m'a assuré que le Mexique ne ferait jamais
rien que porterait préjudice à Cuba, car il ne voulait absolument pas
affecter les longues années de relations. Plus tard, nous avons eu le
dîner prévu pour la délégation dans une ambiance amicale. La visite
nous a laissé une impression positive, nous avons eu beaucoup
d'heures d'échanges respectueux et apparemment sincères.
Cependant, cette agréable impression n'a duré que peu de temps.
Castañeda a eu l'idée de faire des déclarations aussi énigmatiques
que bizarres: " Les relations du Mexique avec la Révolution cubaine
n'existent plus: elles ont lieu avec la République de Cuba... ", " la
position mexicaine actuelle n'est pas celle du passé." etc.
Quelque temps après, il se rend à Miami pour inaugurer le 26 février
l'Institut culturel du Mexique. Une curieuse faune de terroristes et
de contre-révolutionnaires d'origine cubaine y sont invités, un tas
de gens qui n'ont jamais eu aucun lien avec la culture. Une nouvelle
fois, il se livre à des élucubrations théoriques sur les relations
entre le Mexique et la Révolution ou avec la République. Il adresse
des propos édulcorés à ce public trié sur le volet. Il déclare à ce
moment-là: " Les portes de l'Ambassade du Mexique à la Havane sont
grandes ouvertes à tous les citoyens cubains tout comme le Mexique."
Des rédacteurs de la station subversive et si mal nommée Radio Martí
ont manipulé ses propos et, le lendemain, ils ont répété à plusieurs
reprises que les relations entre le Mexique et Cuba avaient cessé et
que les portes de l'Ambassade mexicaine à la Havane sont ouvertes à
tous.
Cela provoqua un grave incident ce même soir. Et c'est à la demande
du gouvernement mexicain que grâce à la coopération sérieuse et
efficace de Cuba dans la nuit du premier mars, le problème est réglé
sans que les assaillants n'aient souffert le moindre dommage
physique. Des mensonges et des calomnies grossières circulent. On va
jusqu'à affirmer que tout cela n'est que le résultat d'une
provocation de Cuba!
Le mois de mars commence, le Sommet de Monterrey était très proche.
Comme d'habitude, je n'annonce jamais la décision de participer à une
telle ou telle réunion. Les raisons sont évidentes. Et lorsque je
prends la décision, je ne le communique à qui de droit qu'au dernier
moment. Certains arrivent à ces réunions sans l'avoir même annoncé et
ils n'ont jamais eu aucun problème avec le pays d'accueil.
Cette fois-ci, nous avons pris la décision trois jours avant, j'ai
annoncé mon arrivée avec vingt quatre heures d'avance: le 19 mars.
J'avais deux raisons pour le faire: certes, Bush n'y voulait pas ma
présence, mais Fox non plus. Je ne tenais pas à avoir une longue
discussion ni avec Fox ni avec Castañeda au cours de laquelle ils
essayeraient de me persuader ou de m'implorer de ne pas y aller. J'ai
déjà fait référence à une situation similaire qui avait eu lieu avec
le Président Reagan, qui menaçait de boycotter cette réunion-là.
J'avais été obligé de satisfaire la requête du Président Lopez
Portillo, qui plein de honte et d'embarras avait agi comme un vrai
gentleman. Il s'est conduit avec politesse. Il m'a invité à Cozumel
et il m'avait expliqué en toute franchise sa tragédie. Alors, j'ai
accepté.
Mais cette fois les hommes et les temps ont changé. La situation
internationale est extraordinairement grave et complexe. À Monterrey,
on devait aborder une question d'une importance capitale pour tous
les pays du monde pauvre et exploité. J'avais le droit d'y assister
et j'ai décidé de le faire. Je savais bien qu'aussitôt qu'on
annoncerait la nouvelle de ma participation, le Président des États-
Unis ne tarderait pas une seule minute à le savoir et qu'il
exercerait les pressions inévitables sur le Mexique. Je ne voulais
pas leur donner trop de temps. J'ai rédigé une courte lettre et j'ai
demandé à notre Ambassadeur de la remettre à la Présidence mexicaine
à 19 h à Cuba, soit 18 h du Mexique.
La ville de Monterrey débordait de participants à la Conférence, mais
notre délégation avait réservé préalablement vingt des quarante
chambres d'un petit hôtel récemment ouvert. Nous ne les avons pas
toutes retenues car le voyage n'était pas encore décidé et nous
voulions, par ailleurs, désinformer les terroristes éternels et
tout-puissants, entraînés, financés et protégés par les États-Unis.
De toute façon, avec la moitié de ce petit hôtel on pouvait
s'arranger.
Le contenu textuel de ma lettre, déjà publiée par M. Castañeda afin
de manipuler une phrase que lui servirait pour soutenir son argument
qui expliquerait mon retour immédiat est le suivant:
La Havane, le 19 mars 2002
Cher Président:
J'ai relu attentivement votre aimable lettre datée du 28 janvier,
dans laquelle vous m'invitez à participer à la Conférence au Sommet
sur le Financement du Développement des Nations Unies, qui se tiendra
à Monterrey. J'avais déjà reçu avant, le 21 décembre 2001,
l'invitation adressée par MM. les Ambassadeurs Shamshad Ahmad et Ruth
Jacoby, co-présidents du Comité préparatoire des Nations Unies.
L'énorme cumul de travail que j'ai eu au cours de ces dernières
semaines ne m'ont pas permis d'avoir la certitude de participer à
cette Conférence, ce qui me gênait beaucoup envers le Mexique, siège
de cette importante réunion, mais aussi à l'égard des Nations Unies
qui ont tellement travaillé dans ce but.
C'est pour cela que je viens de prendre la décision de consentir un
effort supplémentaire pour participer à cette réunion, même si mon
séjour sera le plus court possible. J'ai la satisfaction de vous le
communiquer directement en premier lieu.
J'espère pouvoir contribuer, dans un esprit constructif au succès de
cette Conférence à laquelle le Mexique a consacré de gros efforts. Je
vous souhaite cher Président Fox, plein succès et je vous réitère le
témoignage de mon amitié et ma considération personnelle. Fidel
Castro Ruz.
En annonçant que mon séjour serait bref, je disais clairement que j'y
resterais seulement les deux jours de la Conférence - celle-ci était
vraiment mon intention- et qu'il n'y aurait aucun autre programme
supplémentaire au Mexique.
Quand notre Ambassadeur a remis la lettre au Secrétaire personnel du
Président, on lui a dit que Fox partait aussitôt vers Monterrey.
Après cette démarche, notre représentant s'est adressé aux bureaux du
Ministre de l'intérieur pour lui communiquer la nouvelle et faire les
coordinations qui s'imposaient. Notre arrivée à Monterrey était
prévue pour les prochaines 24 heures.
Vers 23 heures de Cuba, nous recevons à notre bureau un appel
téléphonique du Mexique, par lequel on nous communiquait que le
Président Fox voulait parler avec moi de toute urgence. Comme je
n'étais pas à mon bureau, on les prie de répéter l'appel un peu plus
tard. À 23 h 28 nous recevons le nouvel appel. À ce moment-lá j'étais
en réunion avec plusieurs camarades dans une petite pièce non loin de
mon bureau. Mais cet appel à cette heure-là ne m'a dit rien qui
vaille!
C'était bizarre, car le Président se couche de bonne heure! Le ton
disait l'urgence. Pas de doute. J'ai quitté la réunion, je suis allé
dans mon bureau et j'ai demandé une communication avec le Président
Fox. Il y a eu lieu alors un dialogue insolite, qui est transcrit
ci-dessous tel qu'il a été enregistré.
Fidel.- Allô, M. le Président! Comment allez-vous?
Fox.- Fidel, comment ça va?
Fidel.- Très bien, très bien, merci beaucoup. Et vous, ça va?
Fox.- Quel plaisir! Ecoute Fidel, je t'appelle parce que j'ai eu il y
a à peine deux heures la surprise d'apprendre que tu entendais venir
ici, au Mexique. Tout d'abord, je voudrais que cette conversation
soit privée: entre toi et moi. D'accord?
Fidel.- Oui, d'accord. Vous avez reçu ma lettre, n'est-ce pas? Je
vous l'ai envoyée...
Fox.- Mais oui, j'ai reçu ta lettre il y a à peine deux heures, c'est
pourquoi je te téléphone maintenant.
Fidel.- Bon, on m'avait dit que vous vous couchiez habituellement tôt
c'est pourquoi nous vous avons envoyé la lettre tôt.
Fox.- Oui, je me couche de bonne heure mais ceci me tient éveillé.
Fidel.- Dites donc!
Fox.- Mais non... je l'ai reçue... ici il est 22 h et je l'ai reçue à
20 h ; nous étions justement en train de dîner avec Kofi Annan.
Fidel.- Ah!
Fox.- Écoute Fidel, avant tout je parle avec toi en ami...
Fidel.- Si vous me parlez en ami, j'espère que vous n'allez pas me
dire de ne pas y aller.
Fox.- (Il rit) Attends voir, laisse-moi parler, nous allons voir
qu'est-ce que tu en penses.
Fidel.- Je vous écoute, mais je vous ai prévenu d'avance. Très bien.
Fox.- Comment?
Fidel.- Que je vous écoute, mais je vous ai prévenu.
Fox.- Écoute-moi d'abord. Écoute-moi d'abord.
Fidel.- Oui.
Fox.- Oui, en ami, à vrai dire, ça au dernier moment, recevoir cette
surprise. Tu me mets dans une situation... devant un tas de
problèmes.
Fidel.- Pourquoi donc?
Fox.- Des problèmes qui relèvent de la sécurité, de la capacité
d'accueil...
Fidel.- Écoutez M. le Président, cela ne fait rien, je n'ai aucune
préoccupation. C'est que vous ne me connaissez pas.
Fox.- Tu n'es pas préoccupé.
Fidel.- Non, absolument pas, je vous l'assure. Je n'amène pas avec
moi huit cents hommes comme monsieur Bush.
Fox.- Mais ça ne se fait pas trop entre amis de prévenir au dernier
moment. Dire que tu vas venir ici.
Fidel.- Oui, mais je cours aussi beaucoup de risques que personne ne
court et vous le savez parfaitement bien.
Fox.- Mais tu peux avoir confiance en un ami et tu aurais pu me le
dire un peu plus tôt. Je pense que cela aurait pu arranger tout le
monde. Bon, en effet je sais que tu n'as pas seulement le droit, s'il
ne t'est pas possible de m'aider en ami dans cette affaire et s'il
t'es indispensable...
Fidel.- Eh bien, dites-moi comment pourrais-je vous aider? Sauf en
cela.
Fox.- Bon, mais comment pourrais-tu m'aider, sauf en cela? Fidel.-
Dites-le moi, comment? Que dois-je faire? Et moi, ne vous en faites
pas je cours les risques tranquillement (Les choses commençaient à se
compliquer, le voisin du Nord, ni le pays d'accueil n'avaient pas
beaucoup d'envie que j'y aille).
Fox.- Attends, laisse-moi voir...
Fidel.- Vous comprendrez que tout cela provoquerait un scandale
mondial si l'on me dit maintenant de ne pas y aller.
Fox.- Mais pourquoi en faire un scandale mondial si je suis en train
de parler avec toi en ami
Fidel.- Mais, étant donné que vous êtes le Président du pays
d'accueil de la Conférence, et si vous, l'hôte m'interdisez d'y
aller, je n'aurais plus d'autre choix que de publier le discours
demain.
Fox.- Oui c'est vrai. Mais non, tu es dans ton droit. Attends, je
vais te faire une proposition.
Fidel.- Oui.
Fox.- Oui?
Fidel.- Dîtes
Fox.- Je ne sais pas quand tu envisages de venir, car tu ne me l'as
pas dit; pourtant je te propose de venir jeudi.
Fidel.- Eh bien, dites-moi exactement car je suis prêt à écouter une
transaction à ce sujet. On est le combien aujourd'hui? Mardi. A
quelle heure voulez-vous que j'arrive jeudi?
Fox.- Parce que tu as...enfin Cuba intervient devant la plénière
jeudi.
Fidel.- Oui, c'est comme ça, et l'heure exacte... le jeudi ça doit
être à...
Fox.- Vers 13 heures.
Fidel.- Mais non, le jeudi je dois participer à une table ronde donc
je dois prononcer mon allocution le matin.
Fox.- Parce que ton discours est prévu le matin vers 13 heures.
Fidel.- Plus ou moins. Je vous aide en tout, je nous dérange pas, je
ne vais pas aux repas, même pas à la réunion... Enfin, concernant
cette réunion-là, il faudrait que nous en parlions...
Fox.- Voilà, voilà ; laisse-moi finir.
Fidel.- Oui.
Fox.- C'est bien que tu puisses venir jeudi, tu participes à la
séance et tu prononces ton allocution comme prévu pour Cuba à 13
heures. Après nous avons un déjeuner, un déjeuner offert par le
Gouverneur de l'État aux Chefs d'Etat. Je t'offre et je t'invite même
à ce que tu sois à ce déjeuner, que tu prennes aussi place à mes
côtés et qu'une fois finie la séance et la participation, que tu
rentres, et comme ça...
Fidel.- À Cuba.
Fox,- Non, peut-être tu chercherais...
Fidel.- Mais où? À l'hôtel? Dites-moi.
Fox.- À Cuba, là ou où tu voudras.
Fidel.- D'accord.
Fox.- Et que tu me laisses ainsi libre le vendredi, voilà ma requête,
pour que tu ne me compliques pas le vendredi.
Fidel.- Vous ne voulez pas que je vous complique le vendredi. Très
bien, mais il me semble que vous n'avez pas lu une ligne dans
laquelle je vous dis que j' irai dans un esprit constructif, animé de
la volonté de contribuer au succès de la Conférence.
Fox.- Mais oui, je les ai lues, ces lignes.
Fidel.- Si mes propos n'ont pas été clairs... Je comprends tout le
reste, dont nous n'allons pas parler et ce qui pourrait se passer.
J'ai presque deviné que vous alliez me téléphoner pour me dire
quelque chose dans ce genre. Eh bien, franchement je vous le dis: je
suis disposé à coopérer avec vous. Je suis prêt à coopérer avec vous
et à faire ce que vous m'avez demandé.
Fox.- Nous pouvons donc faire comme ça.
Fidel.- Oui, s'il vous plaît vous pouvez me le répéter.
Fox.- Voyons, arriver le jeudi matin à l'heure où tu voudras.
Fidel.- D'accord, le jeudi matin, prononcer l'allocution.
Fox.- Oui, prononcer l'allocution à la séance plénière, participer au
déjeuner offert aux Chefs d'État et où je t'invite même à t'asseoir à
mes côtés.
Fidel.- Très bien, merci beaucoup.
Fox.- Et l'après-midi partir à l'heure où tu voudras.
Fidel.- Eh bien. Laissez-moi jeter un coup d'oeil sur l'horaire. Chez
vous il y a une heure de décalage, c'est l'heure que j'ai pour me
déplacer.
Fox.- Nous avons une heure de décalage.
Fidel.- Si par hasard je devrais arriver un petit peu plus tôt, parce
que je sais où je provoque le plus de problème (il rit), mais
peut-être je pourrais être sur place à l'aube.
Fox.- Du jeudi?
Fidel.- Parce que notre tour est à 13 h , mais on était en train de
négocier pour l'avancer un peu, de toute façon je suis prêt à parler
plus au moins à cette heure-là, car il y a trente orateurs. A la
longue, c'est moi le plus affecté parce que c'est au dernier moment,
je vous l'avoue, que j'ai pris la décision. Vous m'avez reproché le
fait qu'un ami doive le dire Tout d'abord il y a deux choses: les
risques d'un côté et de plus, je n'avais pas pris la décision. Voilà
la vérité.
Fox.- Oui, je comprends, je comprends.
Fidel.- Pourtant à un moment donné j'ai décidé qu'il fallait y aller,
comme je vous ai expliqué dans ma lettre. Je vous prie de la relire
dès que cela vous sera possible.
Fox.- Je l'ai sous les yeux.
Fidel.- Et le Secrétaire général est avec vous, vous dînez avec lui?
Fox.- Il vient de partir il y a quinze minutes. Il est rentré à