17 ans apès le 7 février 1986: qu'avons-nous donc fait?
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Il y a aujourd'hui 7 février 2003, 17 ans que le dictateur Jean- Claude Duvalier n'ayant été issu d'aucune élection mais imposé à toute une population fut chassé du pouvoir à la suite de manifestations non stop à travers tout le pays.
C'´était la fin d'un règne de 29 ans marqué par des assassinats collectifs et individuels, des disparitions, des arrestations arbitraires suivies de tortures, des expulsions..., une situation qui a poussé la presse à se confiner malgré elle dans ce qu'on a appelé "la politique des autres".
Le secteur dit démocratique qui réunissait en majorité des leaders politiques fraichement rentrés d'exil engendra tous les espoirs parmi une population alors très méfiante des anciens duvaliéristes qui avaient divorcé d'avec le jean-claudisme après le mariage de Baby Doc.
Les partis politiques se multiplièrent comme des fourmis. Les camps se formèrent et nos leaders se mirent bien vite à s'entre-déchirer dans le cadre d'une lutte sans merci pour le pouvoir..
Il y eut d'abord l'affaire Honorat, ce défenseur de droits de l'homme qui ne pardonna pas au groupe des 57 d'avec lequel il divorça pour avoir été évincé par Gérard Gourgue lors des élections noyées dans le sang du 29 novembre 1987.
Et ce massacre fut, selon tous les témoignages, concocté et minitieusement préparé par l'armée d'Haïti, des paramilitaires et des secteurs politiques locaux qui n'avaient, dit-on, aucune chance de gagner face à Gourgue.
Il y avait aussi les gens de bonne famille et des gens d'ailleurs qui affirmèrent haut et fort qu'il n'était plus question qu'un communiste ou un ancien communiste accède à la première magistrature de l'État en Haïti.
Le massacre du 29 novembre 1987 qui causa plusieurs dizaines de morts entra d'une course folle pour le pouvoir
Autre cause de friction dans le cadre de cette lutte: Victor Benoît secrétaire général du CONACOM fut le premier choix de la coalition politique Front national pour le changement et la démocratie (FNCD) pour les présidentielles du 16 décembre 1990, mais compte tenu des risques d'un 2ème tour face à Bazin de l'ANDP, le FNCD se ravisa et choisit le père Aristide.
La réplique fut immédiate: le leader du CONACOM rappela tous ses candidats aux législatives, municipales et locales et donna des consignes du même type à ses electeurs potentiels.
Mais Aristide fut élu haut la main le 16 décembre malgré les tentatives de manipulation. Cependant 3 semaines plus tard dans la nuit du 6 au 7 janvier 1991, un mois avant l'investiture du 7 février 1991, coup d'état avorté de l'ancien chef macoute Roger Lafontant
Les 7 premiers mois du président Aristide furent prometteurs, si l'on tient compte entre autres du niveau des rentrées fiscales. Mais comme si laisser cette expériernce réussir constituerait un mauvais exemple, un coup d'état sanglant de 4 à 5 mille morts fut perpétré le 30 septembre 1991.
Aristide reviendra au pouvoir 3 ans plus tard, le 15 octobre 1994. Mais le milliard de dollars promis ne fut jamais livré. Et le pays se remit à fonctionner clopin clopan avec des luttes intestines entre partis politiques, mais toujours pour le pouvoir.
Il y eut tout le tolllé entretenu autour des élections de juin 1995 contestées par le FNCD et une vingtaine d'autres partis politiques mais qui donnèrent la majorité à l'OPL au Parlement, puis le rejet cette fois par l'OPL et d'autres partis des élections du 21 mai 2000. Vinrent ensuite les manifestations et protestations pour réclamer le départ d'abord du président Préval puis d'Aristide.
On est prêt à tout sacrifier pour le pouvoir en Haïti. Alors quoi d'étonnant que nous n'ayons pu faire que si peu de l'après 7 février 1986.
Le grand malheur du pays vient du fait que tous veulent être président à la fois. On oublie qu'il y a bien mille et un moyens de servir son pays.
Bill Gate et George Soros milliardaires de leur État ne sont pourtant pas présidents des États-Unis. Pradel Pompilus,, Morisseau Leroy ou Roger Gaillard n'ont pas été présidents d'Haïti, mais ont pourtant bien marqué la société haïtienne et continuent de jouir de tout l'amour et de toute l'estime de la population.
On peut être bien dans sa peau d'intellectuel, de professeur d'université, de médecin, d'ingénieur, d'avocat, d'homme d'affaires ou dans sa peau de journaliste.
Malheureusement, tous nos leaders semblent avoir juré d'être présidents d'haïti, or,nous avons tellement et telllement de leaders. Voyons voir: À côté des cadres Lavalas qui doivent probablement déjà être en train de lorgner le pouvoir pour 2006, la Convergence à elle seule compte environ 25 partis politiques, sans compter le groupe des 184 qui n'a pas encore dit son dernier mot.
Mais prenons un minimum très conservateurs de 40 leaders. L'age moyen de nos leaders actuels se situe autour de 55-60 ans avec des pics de 70-75 ans. Si nous faisons un petit calcul rapide en multipliant 40 pour 40 leaders de partis politiques par 5 pour les 5 ans du mandat présidentiel, ça nous donne exactement 200 ans (l'âge de notre nation). On se rend vite compte comme dit la chanson que tous n'auront pas le temps... d'arriver au pouvoir, du moins de leur vivant.
Alors nous n'avons pas d'autre choix que de nous ressaisir, nous disant que pour nous mettre au service de notre pays et de sa jeunesse nous ne devons pas en retour attendre de devenir forcément président de la Republique ou premier ministre.
Essayopns de surmonter ce handicap pour mieux être utile. Alors nous pourrons faire oeuvre qui vaille mériter notre jeunesse et dresser un bilan plus objectif et plus rraisonnable le 7 février 2004.
http://www.ahphaiti.org/ndujour.html
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A chacun de faire un examen de conscience et de poser sa pierre dans la construction d'Haïti chérie. Quant à moi, je ne cesserai de travailler pour une nouvelle classe d'hommes et femmes, volontaires pour le bonheur du pays.
Salutations patriotiques,
Granzepon