Les images étaient vues sur plusieurs grandes chaînes de télévision du monde et jusqu?à ce matin, elles étaient tournées en boucle à la rubrique « No Comment » de Euronews. Leonel Fernandez Reyna, le visage renfermé sur le parvis du palais national aux côtés de Boniface Alexandre hier apprenait à ses dépens


ce que voulait dire une manifestation d?hostilité des étudiants haïtiens à l?encontre d?un dirigeant étranger qui ne respecte pas la dignité et les droits de leurs compatriotes présents sur le sol de celui-là. Déterminés, ces ténors du mouvement GNB de l?air Aristide (deuxième version) ne reculaient devant rien, même pas devant les pompes à eau des sapeurs pompiers ni même les grenades lacrymogènes et les bâtons des agents des Unités spécialisées de la police nationale d?Haïti. On aurait dit « Intifada » des palestiniens, tellement les étudiants étaient habiles dans l?art de lancer des pierres en direction des cordons de sécurité qui les empêchaient de s?approcher de Leonel Fernandez pour lui cracher les 7 vérités en face et lui faire sentir tout le dégoût et toute la déception du pays profond devant le traitement inhumain et absolument raciste et discriminatoire infligé aux compatriotes en situation irrégulière sur le territoire dominicain. Les flammes des gaz montaient dans le ciel du Champs de Mars et l?odeur suffocante qui s?y dégageait était loin de décourager des étudiants qui ont vite fait de transformer les lieux en un champs de bataille ; des tirs nourris des agents des forces de l?ordre en direction du ciel obligeaient passants et automobilistes à déserter la zone, pas les braves étudiants qui avaient juré de faire de cette visite un véritable cauchemar pour le premier mandataire de la nation dominicaine.


Comme au temps fort des mouvements de protestation sous Aristide, la contestation a gagné toute l?artère principale de Delmas où des « Kouri » à tout bout de champ ont été observés et même aussi un début de manifestation. Des « chimères » armés lavalas auraient aussi profité de la confusion pour semer des troubles dans la zone de l?Ave. Poupelard à Nazon et sur la route de l?aéroport où un début d?échauffourée entre militaires onusiens et présumés bandits a été signalé. Toutefois, la MINUSTAH a démenti ce matin les rumeurs selon lesquelles, elle aurait fait usage de ses armes.
Un autre incident qui fait « bruit » à Port-au-Prince ce mardi matin concerne des tirs qui proviendraient d?un hélicoptère dominicain accompagnant Leonel Fernandez et qui auraient même touché le bâtiment abritant l?OAVCT à Turgeau. Là encore, il n?y a pas eu de confirmation ni de démenti de la part d?aucune des autorités des deux pays.
Port-au-Prince a fait sortir un communiqué pour condamner les incidents enregistrés lors de la visite du président dominicain en notant que ces derniers peuvent retarder la normalisation des relations qui étaient sur de bonnes voies entre les deux voisins. L?exécutif a cependant indiqué qu?il comprenait la frustration des manifestants indignés devant le sort réservé à nos compatriotes à St Domingue.
L?ambassadeur dominicain en poste dans la capitale haïtienne, Jose serulle Ramilla, a lui aussi condamné la violente manifestation des étudiants qualifiant ces derniers d?«extrémistes ».
La classe politique haïtienne est elle divisée sur l?accueil réservé à M. Fernandez même quand tous les dirigeants et candidats s?accordent à reconnaître que l?intéressé n?a pas fait grand-chose pour améliorer les rapports entre les ressortissants des deux pays de l?Ile. Quelques chefs de partis et candidats à la présidence étaient à l?ambassade dominicaine hier après-midi attendant le chef d?Etat dominicain pour la réception qu?il comptait donner en leur honneur alors que d?autres comme Evans Paul dont on dit qu?il aurait d?excellents rapports avec Santo Domingo, Guy Philippe (qui était aux côtés des étudiants sur le béton), les dirigeants du CONACED avaient boudé l?invitation des dominicains en solidarité aux victimes haïtienne des répressions sur le territoire voisin.