Le commandant de la mission onusienne prévient les électeurs haïtiens qu?ils voteront le 7 février dans un contexte marqué par la violence
Le général José Elito Carvalho de Siqueira soutient que des efforts seront déployés en vue de garder le processus de vote sous contrôle ; il souhaite aussi le maintien intégral des troupes onusiennes pendant toute l?année 2006 ; le New York Times souligne l?extrême gravité de la violence à Cité Soleil
Le nouveau commandant de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le général brésilien José Elito Carvalho de Siqueira, prévient que le premier tour des présidentielles et législatives se tiendra le 7 février dans un contexte où des actes de violence peuvent survenir. Le général qui a pris ses fonctions lundi en remplacement de son compatriote Urano teixeira da Matta Bacellar, décédé tragiquement le 7 janvier dernier à Port-au-Prince, s?est exprimé ainsi dans une intreview à BBC Brasil rapportée par le quotidien brésilien Folha de Sao Paulo, dans son édition de mercredi.


"Il est probable que nous ayons quelques problèmes. Seulement, nous allons faire tout notre possible afin que ces problèmes n?affectent pas les élections à un point considérable" a affirmé le général Carvalho de Siqueira. Le chef militaire avoue être agréablement surpris par la situation d?Haïti qu?il juge bien meilleure que ce qu?il imaginait avant son arrivée à Port-au-Prince. "Haïti, comme notre pays, est un lieu de contrastes, mais d?une manière générale la situation est calme. Il existe des problèmes ponctuels à Port-au-Prince" a estimé le commandant qui assure que la mission des casques bleus ne va pas s?arrêter aux élections. "Durant la période post-électorale également nous devrons continuer à remplir des tâches aussi importantes que celles d?aujourd?hui. Il nous reste également l?éventuel second tour des élections en mars et l?investiture du nouveau Président. Je crois qu?au cours de cette année, nos troupes doivent rester en Haïti avec la totalité de leurs effectifs" indique le général de division brésilien qui avait clairement déclaré lundi n?être pas venu en Haïti en "mission de guerre".


Concernant l?éventuelle réduction des troupes de la MINUSTAH, José Elito Carvalho de Siqueira affirme que "cela se fera par deux, trois ou quatre vagues et dépendra justement de la situation qui prévaudra après les élections".
Pour sa part, le New York Times, dans un reportage publié mardi soir, souligne les énormes difficultés auxquelles sont confrontées les troupes jordaniennes chargées de sécuriser Cité Soleil (nord de Port-au-Prince), plus grand bidonville du pays et principal foyer de la violence toujours sous le contrôle de gangs ouvertement favorables à Lavalas, le secteur politique auquel appartiennent Jean-Bertrand Aristide et René Préval, candidat à un second mandat présidentiel. Le quotidien américain note une recrudescence des enlèvements qui tourneraient autour d?une moyenne quotidienne de 14, alors qu?une meilleure performance offensive des casques bleus est réclamée par différents secteurs en faveur de la population de Cité Soleil, soumise à la terreur au quotidien.


Le général Carvalho de Siqueira qui, selon la presse brésiliene, s?est installé comme son prédecesseur à l?hôtel Montana à Pétion-Ville (banlieue est de la capitale), a sous ses ordres environ 7.500 militaires dont 1.200 brésiliens. spp/RK