PORT-AU-PRINCE/PARIS (Reuters) - Trois Français dont une religieuse de 84 ans ont été enlevés mardi près de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince connu pour son insécurité, a confirmé vendredi le chef de la police judiciaire haïtienne.
L'inspecteur général Michael Lucius a souligné que la route sur laquelle les Français ont été enlevés était réputée très dangereuse et il s'est interrogé sur le comportement de leur chauffeur haïtien.
"En tant que Haïtien, je pense que le chauffeur savait qu'il y avait pratiquement 100% de chances d'être enlevé dans ce quartier. Pourquoi l'a-t-il choisi?", a dit Lucius.
Les enlèvements contre demande de rançon sont devenus courants en Haïti, pays ravagé par la pauvreté et la violence et qui se prépare, le 7 février, à ses premières élections depuis que l'ancien président Jean-Bertrand Aristide a été contraint de quitter le pays, en février 2004.
Selon des sources policières, plus de 1.900 personnes ont été enlevées à Port-au-Prince au cours des dix derniers mois.
La police a déclaré que les ravisseurs des Français avaient réclamé une rançon, une information non confirmée à Paris par le ministère français des Affaires étrangères.
"Sur ce type d'affaire, on a un principe qui est la discrétion", a déclaré Jean-Baptiste Mattéi, porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'une conférence de presse.
"Dès que nous avons été informés de ces enlèvements, notre ambassade à Port-au-Prince s'est immédiatement mobilisée", a poursuivi le porte-parole.
Il a indiqué que la diplomatie française sur place était en contact à la fois avec la police haïtienne et les forces des Nations unies afin "d'obtenir des "informations et de recouper les circonstances exactes de l'enlèvement".
"Ils venaient d'arriver dans le pays", a-t-il dit, précisant que la religieuse "apportait de l'aide humanitaire".