Haïti : la capitale tendue avant l'annonce des résultats de la présidentielle, René Préval continue de perdre des points
De nombreux établissements scolaires ont renvoyé leurs élèves, lundi en début de journée à Port-au-Prince, où des barricades de pneus brûlaient dans certains quartiers, a constaté HPN.
Les activités commerciales tardaient à se lancer et les transports en commun fonctionnaient au ralenti.
Des manifestations ont été remarquées dans plusieurs quartiers de la capitale pour la troisième journée consécutive. Les manifestants continuent de réclamer la publication des résultats de la présidentielle et la victoire de leur candidat René Préval. « Le CEP est incapable d'organiser des élections », « Préval président », chantaient-ils.
Le Conseil électoral provisoire devrait proclamer les résultats définitifs de la présidentielle du 7 février dans les prochaines heures, après un nouvel ajournement la veille.
De nouveaux résultats partiels donnaient lundi l'ex-président René Garcia Préval, 63 ans, gagnant de l'élection présidentielle. Il a cependant recueilli 48,73% des voix, contre 49,1% des voix sur les 89,93% des procès-verbaux traités, qui l'obligeraient à disputer un deuxième tour.
M. Préval est suivi au classement par l'ex-président Leslie François Manigat, 11,83%, et l'industriel Charles Henri Jean Marie Baker, 7,93%. Une polémique a éclaté dimanche, rapportée par l'agence internationale Associated Press, autour des résultats du scrutin et les chiffres annoncés par le site Internet du CEP et ceux de son directeur général Jacques Bernard.
Selon les résultats de dimanche, René Préval disposait de moins de 49% des voix, alors qu?un graphique publié sur le site lui donnait 52%. « Je suis allé à l'école, or (la commission) a donné deux chiffres, 52% et 49%. Il y a un problème », a déclaré René Préval, cité par AP, aux journalistes, assis sur un banc sur la place centrale de Marmelade, son village natal, dans les montagnes. « Quarante-neuf pour cent, je ne passe pas. Cinquante pour cent, je passe. »


Toujours dimanche, deux conseillers électoraux, Pierre Richard Duchemin et Patrick Fequière, ont affirmé, dans des déclarations séparées, que l'enregistrement des votes avait été manipulé, pointant du doigt Jacques Bernard. « Il y a une manipulation des données. Rien n'est transparent », a indiqué le premier. Le directeur général Jacques Bernard a démenti toute manipulation des résultats. « Ils m'accusent de manipulation », a-t-il dit. « Ils disent que j'ai reçu plusieurs millions de dollars pour manipuler les élections. Rien de tout cela n'est vrai. »