Le directeur général du Conseil éectoral provisoire ( CEP) a dénoncé le président élu René Préval qui a fait "augmenter la tension dans le pays pour éviter d'affronter un second tour des élections", lit-on dans un article publié par le Miami Herald.
Jacques Bernard a fait ces déclarations mercredi lors d'un séminaire sur Haiti organisé par l'Institut américain pour la paix, à Washington. M. Bernard a défendu les élections présidentielle et législatives du 7 février dernier qu'il a présentées comme les meilleures jamais réalisées en Haïti. Toutefois, le directeur du CEP admet l'existence de problèmes qui ont entouré le processus avec le nombre élevé de votes blancs, les bulletins retrouvés dans la décharge de Truittiers, au nord de Port-au-Prince, et les manifestations des partisans de René Préval qui craignaient que la victoire de leur candidat ne leur fût ravie.


Jacques Bernard a déploré le fait que deux conseillers, Patrick Féquière et Pierre Richard Duchemin, aient incité le peuple à la violence à travers des accusations de manipulation des résultats. "Ces deux conseillers, Patrick Féquière et Pierre Richard Duchemin, avaient critiqué les résultats des élections bien avant qu'elles aient lieu parce qu'ils ne voulaient pas l'organisation de bonnes élections", a déclaré Jacques Bernard .
Toujours dans le cadre de ce séminaire sur Haiti qui s'est tenu mercredi à Washington, le directeur général du CEP a déploré l'attitude du président élu René Préval. "M. Préval a clairement bénéficié du vote de la population, mais il lui manquait quelques voix pour atteindre les 50 pour cent plus une voix requises. Ce qui s'est passé est une manipulation de la part des conseillers Patrick Féquière, Pierre Richard Duchemin et de M. Préval lui-même qui a tiré avantage de la situation", a ajouté Jacques Bernard.


Le Miami Herald rappelle que le mode de décompte des voix a été modifié en partageant les votes blancs entre les différents candidats en fonction de leur position dans les résultats pour éviter l'explosion de la violence. Le directeur général du Conseil électoral confirme que sa ferme à Thomazeau a été pillée et qu'il a décidé de quitter le pays à la suite de menaces de mort contre sa personne. Jacques Bernard n'a toujours pas décidé s'il retournerait en Haiti pour poursuivre ses activités au sein du Conseil électoral provisoire.
Au cours de sa conférence de presse, mercredi, le président élu René Préval avait nié toute implication dans la décision prise par le Conseil électoral provisoire de changer le mode de décompte des voix. M. Préval, qui avait dénoncé des fraudes avant la publication des résultats, rappelle avoir proposé au gouvernement de suspendre la proclamation des résultats partiels pour une analyse de ses plaintes.
Le gouvernement avait annoncé la création d'une commission tripartite pour faire le jour sur cette affaire. Le lendemain, le CEP avait choisi de déclarer René Préval Président de la République avec 51,15% des voix.