SANTIAGO (AFP) - La Cour suprême du Chili a accordé jeudi la liberté provisoire à l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, détenu depuis près de six mois à Santiago en vertu d'une demande d'extradition de la justice péruvienne, a-t-on appris de sources judiciaires.
Alberto Fujimori, 67 ans, président de 1990 à 2000 avant de quitter le Pérou au plus fort d'un scandale politico-financier, est réclamé par la justice de son pays pour une vingtaine d'affaires portant sur la corruption et des violations des droits de l'Homme.
L'ancien président était incarcéré depuis le 7 novembre à Santiago après son arrivée surprise au Chili d'où il comptait apparemment lancer sa campagne pour l'élection présidentielle au Pérou, à laquelle il avait l'intention de se présenter. Auparavant, il s'était réfugié durant cinq ans au Japon, son pays d'origine.
Le tribunal électoral de Lima avait refusé à M Fujimori de se présenter à l'élection présidentielle au Pérou, arguant que le Congrès l'avait déclaré inéligible.
M Fujimori aura interdiction de quitter le Chili et de faire des déclarations. Il devrait s'installer dans une maison qu'il a louée dans un quartier du centre de Santiago.
L'ancien président péruvien est remis en liberté à un peu plus de deux semaines de l'élection présidentielle au Pérou dans laquelle s'affrontent le candidat nationaliste Ollanta Humala et l'ancien président social-démocrate Alan Garcia.
La députée péruvienne Martha Chavez, candidate défendant les couleurs de Fujimori au premier tour de la présidentielle du 9 avril, s'est déclarée "heureuse" que "Fujimori soit désormais libre au Chili".
Mm Chavez, qui a obtenu 7% au premier tour de l'élection, a exprimé sa "grande joie", en espèrant que la justice chilienne allait refuser l'extradition de l'ancien président.