Contribution de quatre millions de dollars des Etats-Unis à l'organisation des élections municipales et locales ; aide alimentaire du Brésil et du Canada à des femmes et enfants d'Haïti ; Juan Gabriel Valdés met en garde contre le retour de l'insécurité et de l'instabilité politique
Les seize pays et onze organismes internationaux qui se sont réunis mardi à Brasilia sur la situation d'Haïti ont appelé à plus de solidarité en faveur de la reconstruction du pays, en soulignant l'importance des risques de déstabilisation que peut entraîner la conjoncture actuelle.
Selon une dépêche de l'agence EFE, à cette rencontre de haut niveau organisée à l'initiative du Brésil, les participants ont exprimé leurs craintes de voir Haïti plonger à nouveau dans l'insécurité et l'instabilité politique en raison de la réalité désastreuse prévalant sur le plan économique et social. Les différents partenaires bilatéraux et multilatéraux de Port-au-Prince ont appelé la communauté internationale à renforcer son assistance financière à Haïti et affirmé que les élections du 7 février ne constituent qu'une "étape sur le chemin de la solution définitive".
Pour sa part, l'AFP indique que la communauté internationale a apporté son soutien au Président haïtien René Préval dans le domaine du développement et de la sécurité en mettant l'accent sur les grands défis que doit relever le chef de l'Etat : "assurer le fonctionnement d'un Etat en faillite et réconcilier la société marquée par des décennies d'affrontements".
Au cours de cette journée préparatoire à une nouvelle conférence internationale des donateurs d'Haïti, prévue l'été prochain à Port-au-Prince, le chef de la délégation américaine, Thomas Shannon, le secrétaire d'Etat adjoint chargé des affaires hémisphériques, a annoncé une contribution de quatre millions de dollars de Washington à l'organistion des prochaines élections municipales et locales haïtiennes dont le coût global est estimé à 18 millions.
Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, a, quant à lui, révélé l'octroi d'une enveloppe de 10,5 millions de dollars par le Brésil et le Canada, via le Programme alimentaire mondial (PAM), afin d'apporter de la nouriture à des femmes et des enfants démunis d'Haïti. Le chancelier brésilien conclu que tous les partenaires présents à Brasilia ont compris que la solidarité n'est pas une obligation qui s'applique seulement aux riches.


D'autres personnalités importantes comme le chancelier argentin, Jorge Taiana, le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza et le représentant spécial sortant du secrétaire général de l'ONU pour Haïti, Juan Gabriel Valdés sont également intervenues. Le diplomate qui prononçait son ultime discours en tant que chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a estimé "qu'il y avait des problèmes immédiats auxquels le Président Préval devait faire face et qu'ils pouvaient affecter la stabilité et la sécurité du pays". M. Valdés, qui sera remplacé le 1er juin par le guatémaltèque Edmond Mulet, également présent dans la capitale fédérale brésilienne, a apporté son soutien à la volonté du chef de l'Etat haïtien de confier aux casques bleus une mission de développement social et de reconstruction du pays mais s'est prononcé contre un désengagement des troupes en matière de sécurité. "Tant que les haïtiens ne seront pas réconciliés, la fonction des troupes des Nations Unies sera d'assurer la stabilité du gouvernement pour que la stabilité des institutions du pays ne se voit pas menacée par des groupes armés", a averti l'ancien chancelier chilien.


Outre le Brésil et l'Argentine, d'autres pays engagés militairement en Haïti participaient à la réunion en compagnie de représentants du Canada, de l'Union européenne, de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque interaméricaine de Développement (BID), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et d'une délégation officielle haïtienne conduite par le ministre de la planification du gouvernement sortant, Roland Pierre. Fin juillet, les principaux bailleurs de fonds d'Haïti devraient se réunir à Port-au-Prince et donner une nouvelle impulsion à la coopération internationale. Une initiative qui arrivera à point nommé après les résultats dérisoires de la première phase d'application du Cadre de coopération intérimaire (CCI) au cours de laquelle seuls 800 millions du plus d'un milliard de dollars qui avait été promis ont été décaissés sur deux ans.