Des milliers de personnes manifestent pour le retour d'Aristide
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté sans incident samedi en Haïti, sous protection de l'Onu, pour réclamer le «retour physique» dans le pays de l'ancien président Jean Bertrand Aristide, en exil en Afrique du Sud.
«Nous avons voté René Préval (l'actuel président) pour obtenir le retour de notre leader (Aristide)», a dit André Michelet, un des organisateurs de la marche.
«Tout s'est bien passé, il n'y a pas eu d'incident», a déclaré à l'AFP un policier haïtien.
Les manifestants, sortis des quartiers pauvres de Port-au-Prince, ont défilé dans plusieurs quartiers de la capitale haïtienne en dépit d'une interdiction de la police, avant de se disperser devant le palais présidentiel fortement protégé par des blindés de l'Onu.
Les manifestants ont aussi exigé le retour de tous les exilés, la libération des [prisonniers politiques] et la réintégration dans l'administration des personnes renvoyées pendant la transition (mars 2004-mai 2006).
Des groupes de jeunes ont demandé le départ du pays de la mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah).
«Nous demandons au président Préval de rendre sa dignité au pays» en faisant partir «les Blancs», ont crié des manifestants.
Des Casques bleus brésiliens, pakistanais et des policiers chinois avaient été déployés devant le Palais national haïtien, où se sont dispersés les manifestants qui portaient des T-shirts à l'effigie de Jean Bertrand Aristide.
La Minustah a révélé cette semaine un nouveau plan de sécurité pour la capitale haïtienne, en proie à une vague de violences ayant coûté la vie à plus de 25 personnes en une semaine.
Plus de 2.000 militaires et 250 policiers internationaux sont déployés à Port-au-Prince dans le cadre des nouvelles dispositions de sécurité mises en place par l'Onu.
En dépit de ces mesures, trois Casques bleus brésiliens ont été blessés par balles ces derniers jours à Port-au-Prince lors d'échanges de tirs avec des groupes armés.
«Nous sommes ici pour empêcher ceux qui veulent déstabiliser le gouvernement et le pays de le faire», avait déclaré vendredi David Wimhurst, porte-parole de la mission onusienne.