Discrimination: La coiffeuse rate son "test"
La patronne d"un salon de coiffure a été reconnue coupable de
discrimination à l'embauche envers une jeune Française d'origine haïtienne, après avoir été confondue par "testing"
La patronne d'un salon de coiffure de Loire-Atlantique a été condamnée ce lundi, à Nantes, à 3000 euros d'amende, dont 1500 avec sursis, pour discrimination à l'embauche envers une coiffeuse d'origine haïtienne.
Huguette Rivaud a également été condamnée à verser 1500 euros au titre de préjudice moral à la plaignante, partie civile, ainsi que 500 euros de dommages et intérêts à chacune des deux autres parties civiles, SOS racisme et sa branche régionale. Le ministère public avait requis 3000 euros d'amende, dont 1000 avec sursis, et un stage de citoyenneté.


A la recherche d'un emploi, Clairmise Valton, une Française de 27 ans originaire d'Haïti, s'était présentée au salon de coiffure d'Huguette Rivaud, à Châteaubriant (Loire-Atlantique), en novembre 2005. Cette dernière lui avait assuré, alors, ne pas rechercher d'employé. Prévenu le lendemain par l'ANPE de l'existence d'une offre d'emploi dans ce même salon pour la période des fêtes, en remplacement d'un congé maladie, la jeune coiffeuse, titulaire d'un CAP, avait repris contact avec Huguette Rivaud, lui rappelant son passage, la veille. La gérante de 55 ans lui avait répété une nouvelle fois qu'elle "ne cherchait personne". Recourant à la méthode du "testing", Clairmise avait alors demandé à une amie de téléphoner à son tour et de se faire passer pour une candidate ayant un curriculum vitae similaire au sien. Mme Rivaud lui avait proposé de venir déposer son CV.
"Correspond mieux au type de ma clientèle"
"Je cherche une employée de couleur blanche parce que cela correspond mieux au type de ma clientèle, a affirmé Huguette Rivaud aux enquêteurs, le 14 février dernier, parce que "je me sens mieux avec des gens de ma couleur". Lors de l'audience du 21 juin, son avocat, Me Stéphane Fouéré, a assuré que sa cliente n'était "pas une personne raciste" mais que, "à CV égal, elle portera plus facilement son choix vers une personne du cru" pour une question de "lien social" et de "contexte rural".
Instaurée en 1998 par l'association SOS Racisme, la pratique du "testing", ou "test de discrimination", a déjà entraîné plusieurs condamnations.