L'ancien premier ministre intérimaire haïtien, Gérard Latortue s'est accordé des frais en per diem qui se sont élevés à 44 millions de gourdes au cours des deux ans de son régime, a indiqué mardi à l'AHP un de ses anciens collaborateurs.
Ce montant équivaut à un peu plus de 1 million de dollars américains, (1US$= 40 gourdes) M. Latortue qui a quitté le pays soudainement en mai dernier sans avoir revélé le montant de son patrimoine, tel qu'il avait affirmé l'avoir fait en mars 2004, a multiplié ses déplacements à l'étranger notamment aux Etas-Unis, au Canada et dans des pays d'Europe bien après la proclamation de la victoire du président René Préval en février 2006.
Ce cadre de l'ancien régime qui a affirmé avoir toujours pris ses distances des dérapages de certtains membres du gouvernement Latortue, a fait savoir que le scandale des per diem, n'est que la partie visible de l'iceberg.
Il a toutefois indiqué que de nombreux cas de corruption resteront occultés tant que des changements n'auront pas été opérés dans l'administration publique.
Il a cité le cas des fonds mobilisés pour reloger les victimes des inondations de Fond Verrettes en 2004 qui n'ont pas été utilisés à cette fin.
Ce haut cadre de l'ancien régime a fait savoir que certains collaborateurs de M. Latortue ont déploré ouvertement "sa fuite".
Plusieurs parlementaires avaient accusé récemment M. Latortue d'avoir fait adopter avant son départ un décret pour s'octroyer des frais mensuels de 15.000 dollars américains à titres de privilèges aux anciens premiers ministres.
Ces mêmes parlementaires ont également accusé Latortue d'avoir tiré du trésor public 90.000 dollars américains pour l'achat de deux véhicules de luxe aussitôt après avoir regagné sa résidence de Boca Raton en Floride.
Quelque 960 millions de dollars ont été depensés en Haïti pendant les deux ans du régime Latortue dans le cadre du CCI (cadre de coopération intérimaire), mais la situation loin de s'améliorer, a plutôt empiré sur le terrain, ont relevé plusieurs autres parlementaires qui ont demandé que les enquêtes de l'UCREF, institutiion ayant vu le jour sous le gouvernement Aristide en 2001, s'étendent aussi à la période du régime intérimaire.
AHP