Investiture Du PQ Dans ANJOU: L'association locale refuse d'appuyer un Haïtien
Le bureau de direction de l'association péquiste de la circonscription d'Anjou n'a pas l'intention de se plier à la commande de la permanence du Parti québécois et d'appuyer Badiona Bazin, un leader de la communauté haïtienne, comme candidat péquiste aux prochaines élections générales.
Depuis près d'un an, un membre du bureau, Sébastien Richard, se prépare à porter les couleurs du PQ et pourra compter sur l'appui de la direction péquiste d'Anjou, a souligné sa présidente, Yolande Lauzon.
Le responsable de l'organisation de la prochaine campagne pour le PQ, Nicolas Girard, avait demandé directement à Mme Lauzon de faire de la place à M. Bazin, une vedette de la radio haïtienne de la métropole.
«M. Bazin est quelqu'un de très bien. Je l'ai rencontré. Mais il arrive bien tard, comme un cheveu sur la soupe», a soutenu Mme Lauzon. «M. Girard, le responsable des parachutages», a beau insister pour qu'on écarte tous les obstacles de la route de M. Bazin, «il va y avoir d'autres candidats, et les militants décideront», a-t-elle fait valoir. La date de l'assemblée d'investiture n'est pas encore déterminée. M. Girard n'a pas rappelé La Presse hier.
Période de controverse
Ces frictions surviennent au moment où des représentants des communautés culturelles critiquent le peu de place qui leur est faite comme candidats dans des circonscriptions où le Parti québécois a des chances de l'emporter. Écarté en 1994, l'avocat Giuseppe Sciortino s'insurge contre le sort réservé aux néo-Québécois dans ces circonscriptions. En dépit de l'appui de Jacques Parizeau, l'avocat avait été battu par Robert Perreault à l'assemblée d'investiture dans Mercier.


Pour lui, le PQ traite les représentants des communautés culturelles comme des «plantes vertes», bien en vue sur les tribunes mais sans voix au chapitre quand on décide du partage des circonscriptions. «Chaque fois, on nous sort l'argument que ce sont les membres qui décident (lors des assemblées d'investiture). C'est de la foutaise! Lorsqu'on a voulu avoir davantage d'élus féminins, on a adopté une politique en ce sens et personne n'a soulevé le problème de la démocratie. Quand on a voulu avoir des gens en vue, qui souvent n'avaient aucun lien avec le Parti québécois, on a tassé des gens qui étaient là!» a soutenu M. Sciortino dans une entrevue à La Presse, cette semaine.