Cinq membres influents du Parti républicain qui dirigent une compagnie américaine de télécommunications viennent de démissionner pour avoir versé des pots-de-vin à l'ex-président Aristide dans le cadre de la signature d'un contrat lucratif de service téléphonique.
Alors qu'Haïti vient d'être classé parmi les pays les plus corrompus, n'aurions-nous pas raison de nous demander si la situation de corruption en Haïti n'était pas encouragée par ces ténors de la civilisation?
Evidemment, ces corrupteurs, ces grands corrupteurs ou encore ces corrupteurs des puissantes nations, économiquement riches, ont eu, au moins, la décence de tirer leur révérence. Chez nous, malheureusement, ce sont à la fois les corrupteurs et les corrompus qui affichent, indécemment, leur arrogance puisque, disent-ils, ils vivent dans un pays où, répète-t-on, l'impunité est la règle.
Par ailleurs, c'est peut-être le ton qui est donné, on ne sait jamais, par le juge d'instruction Jean-Pérès Paul qui, on s'en souvient, avait fait la une de l'actualité, il n'y a pas longtemps, pour sa présumée implication dans une affaire de corruption.
Deux personnes ont été arrêtées aujourd'hui même par ce juge instructeur pour tentative de corruption. Quel bel exemple!
Mais si on enquêtait véritablement sur les actes de corruption proprement dits, nos juges - du moins ceux-là qui ne sont pas encore corrompus - n'auraient-ils pas procédé, par jour, à des dizaines voire à des centaines d'arrestations?
Me Paul voudrait-il envoyer un signal clair aux corrupteurs ou son action est-elle simplement posée, sans arrière-pensée, dans la ligne des messages de l'ULCC qui invite nos administrés à éviter tout soudoiement dans le cadre des opérations étatiques?
La démarche est peut-être louable, mais ne faudrait-il pas s'attaquer d'abord aux grands manitous de la corruption qui pullulent tant dans l'administration publique que privée?
Nos juges auront-ils le courage de mettre la main au collet des corrupteurs et des corrompus, sans exception aucune, sans discrimination?
Verra-t-on cela un jour?