En Afghanistan comme en Haïti, le travail des "banques de villages"
FINCA, une institution "microfinancière" (IMF) américaine a annoncé, lundi 13 novembre lors du sommet d'Halifax, l'octroi par l'agence Usaid de 10 millions de dollars (7,8 millions d'euros) pour renforcer son programme en Afghanistan. Il s'agit, pour Finca, d'y promouvoir le développement et la stabilité grâce à de petits prêts accordés à 50 000 pauvres ou réfugiés rentrant dans leur village.
Depuis plus de vingt ans, cette IMF fait office de "banque de villages" dans des pays ravagés par la guerre. Paul Robinson, responsable des opérations en Afghanistan, admet que "l'environnement y est plus difficile qu'ailleurs" mais que Finca est là pour rester.
Afin de mettre les autorités religieuses locales de son côté, elle a adapté ses règles de prêt à celles qui régissent les services bancaires dans la loi islamique.
"Briser le cercle de la pauvreté, c'est favoriser démocratie et sécurité" : tel est le credo des responsables de cette IMF qui vient de tripler le montant de ses prêts en Afghanistan en moins d'un an.
En créole, Foncoze veut dire "épaule contre épaule". Cette IMF oeuvre en Haïti. "En dix ans, dit sa directrice, Anne Hastings, nous sommes passés de 2 à 480 employés et 150 000 clients pour les prêts et l'épargne. Nous fonctionnons via des associations villageoises regroupant de six à huit groupes de femmes "solidaires"."
Foncoze ne quitte pas le pays même quand ça va mal. L'IMF avait 2 000 clientes aux Gonaïves quand cette région a été frappée par un ouragan en 2004. "Nous avons prolongé la durée de leurs prêts sans intérêt, en leur en accordant un autre pour la relance de leurs activités." Aujourd'hui, l'IMF a doublé sa clientèle dans les Gonaïves.
Pour Mme Hastings, le microcrédit est aussi crucial en cas d'instabilité politique, comme en février et avril 2006 lors des dernières élections. "A l'époque, dit-elle, on a parlé de crise humanitaire alors qu'on avait surtout brisé la chaîne de vente de produits alimentaires. Nous avons accordé des prêts aux commerçants de gros et des fonds aux femmes pour leur permettre le rachat puis la revente de marchandises. Foncoze n'a jamais fermé ses succursales malgré l'insécurité." Quand il y avait un risque, ce sont les femmes qui les ont protégées en "défendant leurs actifs".