«La bataille des livres» se gagne dans les classes
Début de la 10e édition de cette croisade pour le plaisir de la lecture.
Et c'est reparti pour un tour de lecture! Quelque 21 000 enfants de dix pays francophones partent ces temps-ci, en ordre dispersé, à l'assaut de piles de bouquins sélectionnés par la Bataille des livres (BdL).
Une joute pacifique et didactique qui fête, cette année, sa 10e édition. But de ces grandes man?uvres: stimuler chez les élèves des degrés primaires l'envie et le plaisir de lire. Et aussi, qui sait, leur inoculer au passage le virus de l'écriture.
Car au cours de la «Bataille», qui s'étend de fin octobre à mai, ces jeunes chanceux auront l'occasion de rencontrer en classe des auteurs dont ils ont lu la prose. Ils pourront aussi dialoguer avec eux sur internet en vue de l'écriture d'un roman.
A Genève, en Belgique, au Sénégal ou en Haïti
Partie de Genève, cette croisade pour la lecture-plaisir séduit chaque année toujours plus d'enseignants et, par ricochet, d'enfants et de parents. Suite à un quota fixé avec le Département de l'instruction publique, seules 140 classes genevoises sont autorisées à participer à cette aventure. On ne dit pas le nombre de déçus.
Dans le reste de la Suisse romande, ce sont 190 classes qui viennent grossir les rangs de la compétition. On compte aussi des classes de Belgique, de France et du Canada. Quelques élèves du Sénégal, du Mali et du Bénin, ainsi qu'une classe d'Haïti, rejoignent la cohorte des jeunes lecteurs.
Daniel Beugger est un inconditionnel de la première heure. Responsable de l'Association de la Bataille des Livres, cet enseignant de Versoix est d'ailleurs le seul à disposer d'une décharge à mi-temps pour mener à bien l'organisation de la manifestation. Avec les autres membres du comité, tous maîtresses ou maîtres du primaire, il sélectionne les ouvrages qui seront proposés aux élèves en fonction de leur degré.
«Nous lisons beaucoup ce qui sort actuellement en littérature jeunesse. Nous favorisons dans nos choix les textes des auteurs vivants francophones. Et puis nous fonctionnons aussi au coup de c?ur!», révèle Daniel Beugger. «Cette année, le thème que nous avons le plus développé est celui de l'humour. Mais les livres retenus traitent aussi de l'environnement et de l'interculturalisme.»
Les classes participantes reçoivent toutes une trentaine de livres. Les élèves se répartissent alors les ouvrages. Ils seront ensuite «testés» sur ce qu'ils ont lu, lors de nombreux «quiz». La grande finale a lieu depuis quelques années au Salon du Livre de Genève. Ceci pour le côté «compétition» de la Bataille, justifiant son titre un brin bagarreur.
Lire avec ses parents
Car les autres activités proposées développent plutôt le partage et l'écoute. A l'occasion de la semaine romande de lecture, qui a lieu du 20 au 24 novembre, les organisateurs de la BdL proposent ainsi à tous les enseignants de ne pas donner de devoirs aux enfants avec ce slogan «J'aime lire avec mes parents». Il s'agit d'encourager les familles à prendre le temps de lire ensemble. Et de témoigner de leur expérience sur le site internet de la Bataille.
Un site d'ailleurs extrêmement vivant et régulièrement mis à jour, qui dit tout sur l'avancement des ateliers d'écriture, l'aventure du livre voyageur, la liste des auteurs et illustrateurs qui se déplaceront en classe ou les discussions entre élèves à propos d'un livre. Instructif!
www.bataille-des-livres.ch