Deux des groupes musicaux haïtiens les plus populaires se penchent sur le drame de la violence et du kidnapping en Haïti
Deux des groupes musicaux haïtiens les plus populaires Krezi Mizik (crazy music) et "Kreyòl la" (le Creole) se sont penchés sur le drame de la violence et du kidnapping qui rongent la société haitienne particulièrement depuis ces deux dernières années.
Dans son tout dernier CD, sorti la semaine dernière, le groupe Krezi Mizik met l'accent, dans son hit " Négocier", sur la multiplication des actes de kidnapping.
Il dénonce particulièrement des malfrats sans qualification qui deviennent millionnaires sans effort en se livrant au kidnapping, faisant main basse sur l'économie de gens qui travaillent dur pour subvenir aux besoins de leur famille.
"Il s'agit d'un nouveau business très florissant qui ne nécessite pas de permis et qui fait des millionnaires en un laps de temps", dénonce le lead vocal de Krezi Mizik
Le groupe pointe aussi du doigt les mauvaises conditions de vie, la cherté de la vie comme étant en partie à la base de ce fléau.
S'il y avait des emplois et l'éducation, il n'y aurait pas de kidnapping et notre pays n'aurait pas à souffrir du camping des forces étrangères", dénonce le groupe musical, ajoutant que les enfants ne mourraient pas de faim, si les autorités assumaient leurs responsabilités.
Krezi Mizik questionne sur l'origine des kidnappeurs, tout en donnant subtilement leur profil: des individus qui peuvent accepter de baisser la rançon exigée pour libérer leurs otages, de centaines de milliers de dollars americains à quelques milliers de gourdes ou encore des individus filant à vive allure toutes sirènes hurlantes.
Pour sa part, dans un single fraichhement sorti et qui cartonne déjà sur les ondes, le Groupe "Kreyòl la" (le créole) principal rival de Krezi Mizik attire l'attention sur l'importance du travail et sur les dangers du chômage et de l'oisiveté.
" Les jeunes de mon quartier ont tous une arme. La misère et la souffrance les poussent à commettre toutes sortes d'actes abjects", chante le lead vocal du groupe mettant le doigt sur le drame de centaines de milliers de jeunes du pays.
Toutefois, "kreyòl la" souligne qu'il y a encore tout autant de jeunes qui ont de la dignité, qui ne veulent pas céder à la souffrance et qui ne souhaitent que trouver un travail".
Je ne veux pas avoir un dossier de kidnappopeurs ou de zenglendo, je ne veux pas être conduit à la police ou être traduit en justice. Je n'ai pas de fesses pour être bastonné. L'important pour moi c'est de trouver un travail, car je ne peux pas voler" répétètent en choeur les membres du groupe au nom des honnêtes gens, .
Mais ils s'interrogent plus loin: " Sa w voye m al fè" (qu'est-ce que vous me demandez d'aller faire) dans une telle situation de dénuement et de privation?.
Le groupe appelle les autorités et les autres secteur qui ont des responsabilités vis-`a-vis de la société à les assumer pour que beaucoup plus de gens arrivent à crier "victoire" en trouvant un travail et non en se livrant au kidnapping ou en faisant main basse sur ce qui ne leur appartient pas.
Le kidnapping et l'utilisation de la violence ont causé d'énormes torts au pays au cours de ces dernières années.
Des centaines de personnes ont été enlevées et des dizaines de millions de dollars depensés en rançon.