Zone Forces nouvelles. Echanges - Secrétaire général des Forces Nouvelles Guillaume Soro aux communautés vivant à Bouaké : " Le pouvoir, on l?arrache "
Le samedi 09 décembre dernier, le Secrétaire général des Forces Nouvelles, Guillaume Soro, a reçu dans la cour du secrétariat général les communautés nationales, de la Cedeao , les communautés libanaises, marocaines et européennes vivant à Bouaké.


Pour connaître leurs préoccupations et échanger sur la situation socio-politique du pays. « Le besoin de nous rencontrer s?est imposé à tous. Il était important après tous ces moments chargés d?événements, qu?on puisse nous retrouver pour échanger. Je ne ferai pas de longs discours. Je suis là pour vous écouter. Je souhaite à chacun de pouvoir s?exprimer librement et nous faire un état des lieux ». C?est en ces termes que le patron des Forces Nouvelles a ouvert le débat, permettant ainsi aux porte-parole des différentes communautés d?intervenir tour à tour sur le podium. Les 18 intervenants ont presque tous abondé dans le même sens. Evoquant des problèmes d?ordre politique, social, économique, ils ont tous dénoncé le blocage du processus de paix, l?insécurité, les problèmes de l?école, de la santé, des rackets, la réouverture des banques et surtout la récurrente question du paiement des factures d?eau et d?électricité. « Sachez M. le Secrétaire général, que vous avez notre soutien. Evitez de reculer. Nous préférons encore souffrir pour que le pays soit débarrassé de Gbagbo. Armez-vous de courage car la victoire est à vous », a affirmé M. Touré Tamikolo, porte-parole des communautés Tagbana et Djimini. « Je pense qu?il faut que nos populations comprennent bien que lorsque le coup d?Etat de 2002 a éclaté, nous n?avions pas envisagé de gérer 60% du territoire et que nous n?étions pas forcément préparés à gérer dans la durée 60% du territoire. Les contingences et la conjoncture du moment nous ont imposés de nous organiser pour essayer de répondre à l?attente des populations qui avaient pleinement adhéré au mouvement que nous avons initié. Et c?est ainsi que nous nous sommes retrouvés face à l?absence totale de l?administration dans nos zones, nous nous sommes retrouvés dans l?obligation immédiate d?administrer nos zones, de les gérer et d?essayer de répondre à l?attente de nos populations. Naturellement, je peux vous assurer que ce n?est pas une tâche aisée, c?est pénible, c?est difficile, nous avons essayé, et notre objectif est de faire le maximum pour nos populations », a tenu à préciser d?emblée le Secrétaire général des Forces Nouvelles. Tout en promettant de faire en sorte que les différentes difficultés évoquées puissent trouver des solutions. Poursuivant, Guillaume Soro a entretenu ses visiteurs sur la situation sociopolitique actuelle du pays. Il a fait savoir que la solution à la sortie de crise en Côte d?Ivoire se trouve entre les mains des Ivoiriens, qui doivent prendre leur responsabilité : « Si le peuple de Côte d'Ivoire se lève un jour tout mobilisé, de façon organisée pour dire qu?il ne veut pas de Gbagbo, la communauté internationale ne peut que prendre acte de la décision du peuple ivoirien. Je pense que la première responsabilité est celle des Ivoiriens eux-mêmes. C?est vrai, quand on cite le cas du Liberia, c?est vrai que Charles Taylor est parti, mais simplement parce que la rébellion libérienne était aux portes de Monrovia. S?ils étaient à 400 Km de Monrovia, c?est sûr que Charles Taylor serait encore au Libéria. En Haïti, le peuple était déjà dans la rue. Je préfère qu?ensemble, on parle de la mobilisation du peuple, il faut qu?on prenne nos responsabilités. (?) Le pouvoir, on le prend, on l?arrache. On aura beau adopter des centaines de résolutions sur la Côte d'Ivoire, tant que tous les acteurs eux-mêmes n?auront pas décidé de prendre le pouvoir, on sera toujours dans la même situation», a-t-il prévenu.

Il a reconnu qu?en tant que premier responsable des Forces Nouvelles, il a intérêt à poursuivre le combat et ne pas se laisser gagner par le découragement. Le leader des Forces Nouvelles a par ailleurs expliqué les raisons de la tenue du séminaire de son mouvement des 25, 26 et 27 novembre derniers. Pour lui, son séminaire répondait à un souci d?organisation de sa zone et de professionnalisation de son mouvement dans les domaines politique, militaire et économique afin de permettre l?amélioration du cadre de vie des soldats et des populations. « J?ai demandé que les militaires se consacrent à leur travail de militaire, se retirent parfaitement des questions qui sont économiques. Parce que le combat doit se mener à tous les niveaux. Nous avons des soldats que vous connaissez, qui ont mené la guerre sur le plan militaire, en tirant les coups de feu. Au plan politique, nous avons d?autres guerriers. Il faut aussi que dans l?économie, il y ait des experts économistes pour mener le combat économique. Chaque catégorie a ses combattants. Et si chacun s?occupe de son travail, cela ne peut qu?avoir une incidence positive sur la sécurité des populations », a déclaré Guillaume Soro.

Pour clore son intervention, le Secrétaire général des Forces Nouvelles a tenu à apporter un démenti aux rumeurs selon lesquelles, le général Gueu Michel ne fait plus partie des Forces de Défense et de Sécurité des Forces Nouvelles. « Le général Gueu Michel qui était mon conseiller a été appelé à d?autres fonctions. Ces fonctions seront rendues publiques bientôt par le gouvernement lui-même. Et vous saurez pourquoi il ne figure pas dans l?organigramme que vous connaissez. Le général Gueu n?a donc pas été ostracisé, il demeure pleinement avec nous. Pour le moment, il continue d?assumer sa fonction de conseiller spécial du Secrétaire général » a-t-il conclu.