Vendredi 29 décembre, les déclarations annonçant l'imminence de l'exécution par pendaison de Saddam Hussein se sont multipliées, mais la confusion régnait toujours en fin d'après-midi sur une date précise, les autorités américaines affirmant toujours détenir l'ex-raïs.
"La situation a changé au cours des trois dernières heures. Il y avait quelques problèmes (...) qui sont maintenant résolus, alors il paraît possible qu'il soit pendu ce soir [vendredi]", a affirmé une source proche du pouvoir irakien. Auparavant, un des avocats de la défense du président déchu a affirmé que Saddam Hussein serait exécuté "samedi à l'aube". "La potence est prête, selon nos sources, elle a été montée", a ajouté celui-ci. Plus tôt, un juge de la cour d'appel irakienne, Munir Haddad, avait pour sa part annoncé que l'exécution aurait lieu "samedi au plus tard". "Toutes les mesures ont été prises", a-t-il précisé.
SADDAM HUSSEIN TOUJOURS AUX MAINS DES AMÉRICAINS ?
Dans la journée, des officiels américains et irakiens, cités par le New York Times, avaient déjà laissé entendre que la date d'exécution de Saddam Hussein serait "plus une question de jours que de semaines". Mais l'hypothèse d'une exécution dans les prochaines vingt-quatre heures avait été écartée par un officiel américain, toujours selon le quotidien américain.
Mowaffak Al-Rubai, conseiller irakien à la sécurité nationale, avait de son côté affirmé que le moment précis de l'exécution ne serait pas annoncé officiellement, afin d'éviter de possibles violences. Il a précisé que la pendaison se ferait dans la discrétion. "Pas de télévision, pas de presse. Rien", a-t-il dit.
De leur côté, les avocats de Saddam Hussein, détenu par les forces américaines depuis décembre 2003, ont affirmé qu'il avait été remis aux autorités irakiennes. Une information infirmée, vendredi en fin d'après-midi, par un porte-parole du département d'Etat américain, Tom Casey, qui a affirmé que l'ancien président était toujours sous le contrôle physique de l'armée américaine et n'avait pas été remis aux autorités irakiennes.
L'ancien président Saddam Hussein est détenu depuis un an sous l'autorité légale du gouvernement irakien mais était gardé, pour des raisons de sécurité, par l'armée américaine. Le "transfert physique" de Saddam Hussein devrait être un des derniers détails à régler avant son exécution. Le flou qui l'entoure alimente les rumeurs sur la date de sa mise à mort.
DIVISIONS AU SEIN DU GOUVERNEMENT
Auparavant, des responsables irakiens ont jugé peu probable qu'il soit procédé à l'exécution de Saddam Hussein avant le 26 janvier, soit trente jours après la décision de la cour d'appel. Mais le porte-parole du Haut Tribunal irakien, Raëd Jouy, avait évoqué une "méprise" sur le règlement de la cour. Selon M. Jouy, les exécutions ne doivent pas nécessairement avoir lieu dans un délai de trente jours après confirmation du verdict. Le porte-parole explique que le conseil de la présidence irakien peut publier un décret ordonnant que l'exécution ait lieu plus tôt. Faute de quoi, le dictateur sera pendu après le 26 janvier.
Selon des observateurs, ces tergiversations s'expliquent par les divisions au sein du gouvernement de coalition, dominé par les chiites. Une exécution rapide de Saddam Hussein pourrait faire se soulever la minorité sunnite et décevoir de nombreux Kurdes, qui souhaitent le voir jugé pour génocide contre leur communauté.
Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies pour les droits humains, a, pour sa part, invité Bagdad à la retenue. "Il y a un certain nombre de doutes quant à l'équité du premier procès, et des garanties sont nécessaires pour assurer que ces questions ont été traitées de façon exhaustive. J'invite, par conséquent, les autorités irakiennes à ne pas agir précipitamment en ce qui concerne la mise en ?uvre du verdict", déclare-t-elle dans un communiqué.
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L'entrevue de Saddam Hussein avec ses avocats est en suspens
Le comité de défense de Saddam Hussein a affirmé vendredi que les Etats-Unis lui avaient refusé le droit de rencontrer le président irakien déchu. Quelques heures plus tôt, ce collectif d'avocats affirmait pourtant qu'il allait rendre visite à son client, en attente de son exécution.
Saddam Hussein a rencontré, jeudi 28 décembre, dans sa prison de Bagdad contrôlée par l'armée américaine, deux de ses demi-frères, également détenus par les Américains, et leur a remis des lettres pour sa famille, a annoncé l'un de ses avocats, Badie Aref, vendredi. ? (Avec AFP et Reuters.)