L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) encourage le dialogue entre les parties Ivoiriennes
Pierre Schori : ?L?Onuci n?est pas opposé au dialogue direct?
L'intelligent d'Abidjan 06/01/2007 (note 1/5)
"L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) encourage le dialogue entre les parties ivoiriennes, si les propositions faites contribuent à faire avancer la mise en ?uvre de la résolution 1721,
qui demeure le cadre de la sortie de crise", a estimé hier vendredi à Abidjan, le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Pierre Schori au cours du point de presse hebdomadaire.
Lors du point de presse hebdomadaire de la mission, M. Schori a rappelé la position de l'ONUCI, qui a toujours prôné un dialogue inclusif et ouvert à toutes les parties concernées, avant de lancer un appel à la société civile qui devrait, selon lui, s'organiser pacifiquement et demander l'application de la feuille de route.
Réitérant l'engagement de la communauté internationale pour la Côte d'Ivoire, malgré l'existence d'autres crises qui requièrent son attention, le Représentant spécial a fait le point des activités qui l'ont conduit pendant deux semaines à New York en décembre 2006. Ainsi, M. Schori a assisté à trois réunions dont celle du comité politique, la réunion du conseil de sécurité, au cours de laquelle il a présenté le 11ème rapport du Secrétaire général sur la Côte d'Ivoire, et la réunion avec les pays contributeurs de troupes à l'ONUCI.

Sacrifiant à la tradition, le Représentant spécial a fait un bilan de l'année écoulée, une année difficile, jalonnée de quelques réalisations en ce qui concerne la feuille de route. Parmi celles-ci, il a cité la phase pilote des audiences foraines, le début du dialogue militaire et le pré-regroupement des ex-combattants qui marquait ainsi le commencement du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), et la tenue des examens scolaires dans la zone Nord et dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. " Malgré ces efforts, il y a eu des retards considérables dans la mise en ?uvre de la feuille de route " a-t-il noté, citant entre autres la suspension du dialogue militaire et des audiences foraines... " Ces retards, a-t-il indiqué, ont nécessité l'adoption d'une nouvelle Résolution : la 1721.

Abordant les perspectives pour l'année 2007, M. Schori a rappelé que la Côte d'Ivoire était considérée comme l'une des trois priorités du Conseil de sécurité pour l'année 2007, citant ainsi le Président du Conseil de sécurité de janvier, l'Ambassadeur Russe, Vitaly Churkin.

Le Représentant spécial a par ailleurs indiqué qu'il ne restait plus que dix mois pour achever l'identification, le DDR et l'organisation d'élections libres, justes et crédibles. Il a réaffirmé l'engagement de l'ONUCI à aider les Ivoiriens à réaliser tous ces processus, en rappelant qu'ils sont les seuls à choisir le chemin de la paix. " le temps presse et chaque jour de blocage est un jour perdu pour la Côte d'Ivoire et un jour supplémentaire de souffrance pour son peuple " a dit le Représentant spécial. Au titre des efforts pour relever la situation d'impasse dans laquelle se trouve le pays, M. Schori a rappelé les différentes missions du Groupe de médiation dans la sous-région (Ouagadougou, Niamey, Abuja et Brazzaville) où les chefs d'Etat rencontrés ont réaffirmé leur engagement pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire. Des contacts ont également eu lieu entre les responsables de l'ONUCI et les dirigeants ivoiriens notamment le Président Laurent Gbagbo, le Premier Ministre Charles Konan Banny, ainsi que le Secrétaire Général des Forces Nouvelles et les membres de l'opposition. M. Schori a par ailleurs annoncé que la recherche de la paix en Côte d'Ivoire sera également à la Une des prochaines réunions de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et de l'Union Africaine (UA) dans la deuxième quinzaine du mois de janvier.

Répondant aux préoccupations des journalistes sur la suppression de la zone de confiance, telle que proposée par le Chef de l'Etat ivoirien, M. Schori a expliqué que cette zone avait été établie par les Chefs d'Etat-major des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire (FDSCI) et les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) : l'ONUCI est venue après pour consacrer l'existence de cette zone afin de prévenir toute reprise des hostilités militaires, a-t-il indiqué. " La zone de confiance n'est ni une invention ni une création de l'ONU ; C'est un prolongement militaire de l'appui politique que nous apportons au processus de paix ivoirien? Si le besoin ne se fait plus sentir, les forces impliquées devraient le dire?" .

D'une manière générale, parlant du maintien de la paix dans le monde, M. Schori a rappelé que 100 000 personnes servent sous les drapeaux onusiens en 2006 et qu'en 2007, il y en aurait certainement plus. Il a cité les succès de l'ONU en RDC, au Liberia et en Haiti où après la fin de la guerre, des élections ont eu lieu. Parlant des revers des missions au Timor Leste et en Afghanistan, M. Schori a indiqué qu'ils devraient contribué à donner des leçons. " Ces revers indiquent également que pour gagner la paix, les éléments des forces ne devraient pas se substituer au processus de paix mais l'accompagner " , a-t-il ajouté .

Le porte-parole militaire par intérim, le Capitaine Thierry Reymbaut a, quant à lui fait état de la situation militaire qui est calme sur toute l'étendue du territoire. Il a par ailleurs souligné un fait dans la zone de confiance : l'interpellation de 29 individus à bord d'un camion le 28 décembre à Dieouzon et la confiscation de leurs armes : des munitions, des fusils et des pistolets, ainsi que des munitions. Vingt huit personnes ont été libérées le même soir, l'autre fait en ce moment l'objet d'une enquête par les policiers de l'ONUCI, après que des villageois eurent rapporté qu'il constituait une menace.
Il faut souligner que dès l'entame de la conférence de presse, le Représentant spécial a adressé ses v?ux les meilleurs pour l'année 2007 à tous les journalistes et, à travers eux, à la nation ivoirienne, tout en espérant qu'elle soit l'année d'une sortie de crise heureuse ; l'année de la paix en Côte d'Ivoire.