Justice - Immigration Canada refuse de libérer un Montréalais d'origine haïtienne: Son fils pourrait le guérir
Mise à jour: 01/03/2007 08:05
Immigration Canada refuse de libérer un Montréalais d'origine haïtienne, menacé de renvoi dans son pays d'origine, pour lui permettre de donner un rein à son père gravement malade.
Sonny Cherilus, 51 ans, souffre d'insuffisance rénale. Depuis six ans, il doit se rendre à l'hôpital trois fois par semaine pour des traitements de dialyse. Le seul moyen de s'en sortir est de recevoir une greffe de rein de son fils.
::encart:: Sauf que son garçon, Souner Cherilus, est détenu depuis plusieurs semaines par Immigration Canada, qui menace de le renvoyer en Haïti.
Lundi, la Commission de l'immigration a refusé d'entendre le père, venu témoigner pour la remise en liberté de son fils afin qu'il puisse passer les tests médicaux en vue de la greffe.
«Ça m'a fait mal quand j'ai su que le juge ne voulait pas m'entendre. Pour moi, mon fils est mon sauveur. Ce n'est pas une vie d'aller aussi souvent à l'hôpital», dit Sonny Cherilus, visiblement affaibli par la maladie. Souner habite Montréal depuis 12 ans. Le gouvernement canadien a an-nulé sa résidence permanente et veut le retourner en Haïti car il a été accusé de vols qualifiés et de possession d'une arme prohibée dans un passé récent.
Pour aider son père, Souner promet de revenir dans le droit chemin. «Je vais me prendre en main et suivre un cours pour être mécanicien automobile», dit-il au téléphone, de sa prison.
Prête à tout pour lui permettre de donner un rein, sa copine Alexandria Beauchamp est même disposée à offrir sa voiture et 1000 $ en caution pour une libération conditionnelle.
Renvoyé le 13 mars?
Son avocat, Stéphane Handfield, a reçu un avis d'Immigration Canada indiquant que Souner pourrait être renvoyé à Port-au-Prince par un vol d'Air Canada le 13 mars.
Selon son avocat, le jeune sera détenu et même torturé lorsqu'il arrivera en Haïti. «Il n'a pas de famille là-bas. En ce moment, Immigration Canada met en péril la vie et la santé de deux hommes, dont le père qui est citoyen canadien», croit Me Handfield.
Malgré l'imminence du renvoi de son fils, Sonny Cherilus garde espoir. «Je sais que c'est lui qui va me donner un rein. Peut-être que Dieu va convaincre le juge de lui rendre sa liberté. Je veux une vie comme tout le monde, je veux travailler», lance celui qui est couturier de métier.
Immigration Canada refuse de commenter un dossier en attente d'une décision. «D'après l'immigration, mon client représente une menace pour la sécurité du Canada parce qu'il a commis des crimes», explique Me Handfield.