Quebec Minorités ethniques: La représentation demeure faible
La liste officielle des candidats aux élections du 26 mars prochain compte 680 candidats, parmi lesquels on retrouve seulement une quarantaine de prétendants issus des minorités ethniques et culturelles.
Candidat issu des minorités
Faible, la représentation est loin de refléter la place des minorités dans la population québécoise. En fait, il faudrait quelque 68 candidats, soit 10 %, pour refléter fidèlement la diversité du Québec d'aujourd'hui.
Diversité d'opinions
Le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Fo Niemi, parle de « porte de métal fermée, barrée » et estime qu'« il y a encore une sous-représentation, on aurait pu présenter plus de personnes dans des comtés plus gagnables. »
Maro Akoury est parmi les candidats issus des minorités dans la présente course. Elle défend les couleurs de l'Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Vachon.
Madame Akoury, d'origine libanaise, constate qu'il y a « une lacune dans la représentativité » à l'Assemblée nationale.
Elle rêve du jour où on n'aura plus besoin de s'interroger sur les origines de qui que ce soit. « Nous sommes tous, dit-elle, issus de quelque part et c'est faux d'étiqueter les gens comme quoi ils appartiennent à une communauté ethnique. »
N'empêche que dans certaines circonscriptions, les origines du candidat jouent un rôle. C'est le cas dans Viau où se présente Emmanuel Dubourg pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Il espère succéder à un député d'origine italienne, William Cusano, qui a représenté Viau pendant un quart de siècle.
Les membres du club d'aînés qu'il a rencontrés dans café sont partagés. « Naturellement, on aurait bien aimé avoir quelqu'un de notre communauté pour remplacer M. Cusano », témoigne un citoyen. « Haïtien, Italien, Français, c'est pareil. L'important c'est qu'il soit un bon candidat qui fait notre intérêt, c'est tout ce que nous autres on va voir », nuance un autre.
William Fayad, lui, est candidat du Parti québécois (PQ). Il en est à sa quatrième campagne électorale.
Il dit qu'il n'est pas découragé d'avoir aligné les échecs. « Ce n'est pas une question de gagner. Si on gagne, tant mieux, si on ne gagne pas, c'est la politique », indique-t-il.
M. Fayad explique qu'à titre de président de l'association locale du PQ, il a déjà réussi à faire débloquer des fonds pour un organisme communautaire de son quartier. Cela le réjouit et semble le satisfaire.
Fo Niemi explique qu'« en politique, c'est rare qu'on se fasse élire la première fois. Il y a toujours la deuxième fois, la troisième fois, et à chaque fois c'est une expérience à acquérir et à développer, et c'est une forme d'école de vie pour ces gens-là. »