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Après deux siècles d'indépendance : la crise d'aujourd'hui
Les origines de la crise conjoncturelle que connaît Haïti remontent principalement aux années 70 et 80 : la hausse (dans les années 70) et la chute libre (à la fin des années 80) des prix des denrées d'exportation, la crise pétrolière mondiale, l'endettement croissant, l'explosion démographique, l'exode rural, la bidonvilisation, la paupérisation, la régression naturelle des acquis sociaux de la population-base du régime duvaliériste, l'aggravation de la disparité socioéconomique, les soulèvements populaires, l'effondrement du duvaliérisme, la mauvaise gestion de l'ordre sociopolitique postduvaliérien.
Bien que la fin du duvaliérisme s'explique par une chaîne de réactions événementielles, je ne m'arrêterai que sur deux points : l'événement économique le plus marquant et les soulèvements populaires.
1- Le mot d'ordre : exportation à tout prix !
Nous sommes à la fin des années 70. Des pays, surtout ceux de l'Asie du Sud-est et notre voisine (la République Dominicaine), se lancent dans la promotion des exportations basées sur les dotations nationales (matières premières ou industries compétitives, coût en main-d'oeuvre ou cerveaux humains). Pour ces petits pays dépourvus de ressources naturelles, c'est la main-d'oeuvre à bon marché qui est la spécialisation la plus profitable. On assiste à la première grande vague d'exportation d'emplois et de capitaux des pays industrialisés vers les économies en développement, l'outsourcing.
La plus grande puissance économique de la planète, les Etats-Unis, s'intéresse au marché du travail haïtien. Le gouvernement a la possibilité de transformer Haïti en un véritable atelier, lequel aurait des effets socioéconomiques extraordinaires : la création massive d'emplois, le désamorçage de la bombe démographique urbaine, la dynamisation de l'agriculture (grâce á la demande solvable de produits vivriers sur le marché intérieur), la décentralisation et la déconcentration, l'élargissement de l'assiette fiscale, l'augmentation des investissements humains, etc. Le pourcentage des exportations de produits manufacturés (en général) passe de 20 % en 1965 à plus de 70 % au milieu des années 80, et celui du textile passe de 3 % en 1965 à plus de 40 % en 1985. De plus, le régime assiste à la flambée des prix des denrées d'exportation. Malheureusement, le pouvoir ne profitera pas assez d'une aussi rare conjoncture de l'économie mondiale: Jean-Claude Duvalier ne mettra pas en place une véritable politique industrielle et agricole capable d'assurer une forte croissance soutenue de l'économie. Ainsi, le jean-claudisme, contrairement à l'engagement économique des pays en développement de l'Asie du Sud-est et de la République Dominicaine, ne créera pas le capital humain pouvant aider le pays à passer de « cheap labor », main-d'oeuvre robotique limitée au parc industriel pour les produits banalisés, à l'exportation industrialisante. Haïti ratera sa plus grande chance économique du XXe siècle.
C'est aussi la guerre froide : lutte idéologique, confrontation des théories économiques, exportation de la révolution communiste et durcissement du capitalisme. Les tigres de l'Asie (Taiwan, Corée du Sud, Singapour et Malaisie) sont taxés de pays-usines sous la tutelle du « capitalisme sauvage ». En effet, ces pays se servent de l'exploitation capitaliste de leurs travailleurs afin de gagner la guerre contre l'abjecte pauvreté, moderniser leurs sociétés, renforcer leurs agricultures, garantir leur sécurité alimentaire, éduquer leurs peuples, et, par-dessus tout, réussir leur compétitivité économique, avec tout ce que cela sous-tend: stabilité politique, forte productivité, travailleurs disciplinés et qualifiés, pénétration de marché, terrain d'investissement propice, intégration réussie à une économie globalisée et globalisante, etc.
Il faut toutefois remarquer que le choix des exportations et celui du moment (le timing) de la stratégie d'exportation déterminent le succès même de la politique commerciale du pays stratège: savoir quoi, quand et comment exporter. Puisque ces exportations spécialisées découlent des investissements étrangers et de la santé économique des pays acheteurs, les résultats peuvent être aussi désastreux. Cependant, cette stratégie d'exportation - supportée par des investissements humains économiquement rentables - est l'une des routes les plus rapides pouvant conduire un petit pays pauvre au champ de bataille commercial international. De plus, elle rend les entrepreneurs plus entreprenants en les aidant à acquérir l'expérience et le savoir-faire nécessaires pour mieux se positionner, pénétrer les circuits commerciaux et inspirer confiance aux investisseurs étrangers.
Haïti a une leçon à apprendre du "miracle" asiatique: le développement ne se pratique pas dans la popularité d'un leader politique, les promesses mirobolantes faites aux pauvres, mais dans la stabilité politique, la confiance du secteur privé dans les institutions, le labeur du peuple et l'engagement d'un Etat conscient de ses responsabilités économiques.
2- Les soulèvements populaires des années 80 et la démocratie déclarée
L'économie est à bout de souffle: les prix des denrées d'exportation traditionnelles chutent; la sécheresse et la famine sévissent dans certains villages du Nord-ouest et du Centre du pays; la fièvre porcine détruit l'élevage national de porcs; l'agriculture moribonde continue de pousser les populations vers les villes dépourvues d'industries; les entreprises publiques sont en difficultés financières; le secteur privé est incapable de répondre à la demande d'emploi urbaine; les bidonvilles se développent et deviennent des mines inépuisables de problèmes sociaux; la marginalisation urbaine galope; les indicateurs sociaux sont effroyables; la grande misère envahit le pays ; l'aide alimentaire en céréales passe de 25000 tonnes en 1975 à près de 50000 tonnes par année à la fin des années 80; et la Banque Mondiale exige l'ajustement structurel. Telle est la toile de fond économique du pays au beau milieu des années 80. Ainsi, le régime duvaliériste entre dans la zone historique de turbulences : sa vie est menacée.
La dictature renforce son appareil de répression; elle tance l'église, passe les journalistes à la bastonnade, démantèle les partis politiques naissants, s'attaque aux étudiants, et se montre insensible à l'aggravation de la misère des masses. Les militaires sont en état d'alerte permanent. Ils assurent les couvre-feux. Ils veillent dans les rues de la capitale et surveillent les suspects: les journalistes réfractaires, les prêtres révoltés, les étudiants en colère, les intellectuels non conformistes et le peuple désabusé. Les miliciens menacent de tirer sur tous ceux qui parlent à la radio: parler devient synonyme d'incitation au soulèvement populaire. L'église, sous la protection du Vatican et de la tradition, est désormais le seul lieu de refuge des masses persécutées. Celles-ci, obéissant à leur instinct de conservation, se reconnaissent tout de suite dans la théologie de libération, inspirée du catholicisme social prôné par la « petite église ». C'est l'éclatement de l'église catholique en Haïti. La petite église divorce de l'église traditionnelle et se fait porte-drapeau de la révolte des masses. La guerre est déclarée : le pouvoir "temporel" de la dictature contre la force de frappe "divine" de l'église révolutionnaire.
Puis vient le jour inoubliable, celui de la fin du monde du peuple-zombi, du jugement dernier, du tremblement de terre politique, de la descente des masses en délire - assoiffées de justice, de dignité, de vengeance et de sang - prenant tout sur son passage: 7 février 1986. Jean-Claude Duvalier part pour l'exile en France, laissant le peuple - dans une joie revancharde - régler son compte avec les orphelins vulnérables du régime. Port-au-Prince tremble. On tue. On brûle. On pille. On va jusqu'à la sauvagerie la plus démesurée en s'attaquant au patrimoine culturel. La société, prise de panique, devient plus consciente de la mortalité de la vie que de la vie elle-même. On découvre l'envers du décor humain de la nation haïtienne.
Tandis que les masses se révoltent en Haïti, un vent de liberté commence à souffler sur le paysage politique international. C'est l'heure de la liberté politique et économique sous l'égide du capitalisme planétaire: les Etats-Unis d'Amérique n'ont plus peur du penchant communiste de certains leaders des pays en développement. La démocratie est désormais encouragée partout. L'un des plus séduisants chercheurs et penseurs américains, Francis Fukuyama, sort son succès mondial de librairie La fin de l'histoire et le dernier homme (The End of History and The Last Man). Il accueille le déclin de l'empire soviétique comme la fin de l'histoire et la victoire finale de la démocratie sur la tyrannie. La démocratie devient une véritable croyance : elle remplace le communisme comme la « religion » la plus populaire du monde. C'est tout un nouvel ordre économique et politique mondial, basé sur le capitalisme triomphaliste, qui se met en place.
Haïti, dans l'arrière-cour des Etats-Unis, seule puissance planétaire de l'après-guerre froide, est donc forcée de faire son entrée dans le XXIe siècle par la grande porte démocratique. Mais on oublie de si tôt que la démocratie ne se déclare pas, mais se développe avec l'économie d'un pays et l'Etat de droit. Aussi ignore-t-on que la démocratie imposée doit trébucher contre la pauvreté en Haïti. Six gouvernements (quatre militaires et deux civiles) se succéderont dans une période de moins de quatre ans. Les élections du 16 décembre 1990 sont une vraie tentative de rupture avec les traditions politiques du pays: un prêtre, Jean-Bertrand Aristide, est élu au suffrage universel à travers des élections libres et honnêtes. Au nom du père, le peuple est mobilisé. Ce grand pas du pays vers la maturité politique est salué par la communauté internationale.
Le régime lavalas : une autre expérience amère
Aristide est le produit de l'Eglise des pauvres, et issu de la classe des opprimés. Il veut établir un régime pour et avec les masses, contre les anciens oppresseurs. L'intégration sociale rapide des exclus est sa priorité. Il est profondément influencé par l'approche misérabiliste de la justice sociale : l'anéantissement des riches et le partage de la misère. Il se dit libérateur du peuple, homme providentiel, personnalité politique messianique et réincarnation d'un héro national. Avec toutes les flatteries que la présidence attire, il sombrera dans le culte de la personnalité et la mégalomanie. Animé par la haine des classes, il braque les masses contre la bourgeoisie. Le résultat d'une telle tactique politicienne sera catastrophique : après sept mois au pouvoir, le 30 septembre 1991, il est emporté par un coup d'Etat militaire, chaleureusement accueillie par la bourgeoisie. Il est embarqué dans un avion pour le Venezuela, puis parti pour les Etat-Unis en emportant avec lui le rêve contrarié du peuple d'une Haïti juste et démocratique. La communauté internationale se mobilise contre le régime militaire.
Le pays est sous le poids d'un embargo économique international. La dictature militaire et les groupes paramilitaires s'énervent: ils tuent, massacrent, violent et assassinent. L'économie occulte et l'économie de pénurie se développent dans le pays. Le marché noir s'installe dans la société. Le trafic de drogue devient l'activité marchande et communautaire la plus rentable du pays. Haïti est désormais la plaque tournante de la drogue dans la région, ce qui irrite le président américain, Williams B. Clinton. Celui-ci ordonne une invasion américaine du pays, sous le parapluie diplomatique de l'Organisation des Nations Unies. C'est le retour à l'ordre constitutionnel: le Président Aristide rentre triomphalement dans le pays, et reprend l'exercice du pouvoir en novembre 1994.
Aristide retrouve un pays politiquement fatigué, une économie gangrenée, un appareil administratif délabré, une société déchirée, une pauvreté intenable, une armée mise en déroute par les forces de l'occupation et, l'essentiel, ses vastes assises populaires intactes. "Aristide, a-t-il changé?" se demandent - pour des motifs différents - les masses, la classe moyenne, la bourgeoisie et les institutions économico-financières internationales. Les masses réclament le même Aristide-prêtre qui leur avait tout promis, du pain quotidien au pouvoir absolu. La bourgeoisie veut un homme d'Etat solide, un président responsable, pacificateur, porteur d'avenir, pouvant lui inspirer confiance et ayant une idée claire de la nouvelle destination du pays. La classe moyenne s'attend à un Aristide capable de l'aider à devenir une vraie classe moyenne peuplée de travailleurs et de consommateurs. Les institutions économico-financières internationales comptent sur un Aristide porteur de privatisation et d'ajustement structurel. Surprise pour les uns et déception pour les autres: son Excellence ne plaira qu'à ses bases populaires qu'il armera pour consolider son pouvoir et sa fortune à tout prix. Il est un surpouvoir dans le pouvoir.
Il est le chef de fil du mouvement politique au nom sans équivoque, Lavalas (Avalanche ou Déluge). Il passera le pouvoir à son frère siamois politique, René Garcia Préval, après une élection présidentielle à très faible taux de participation. Il reprendra les pouvoirs (l'exécutif, le législatif et le judiciaire) absolument en 2001. Il dirigera le pays dans les plus flagrantes contradictions:
  • Il se croit capable, sur les assises de sa fameuse popularité, de construire la démocratie en oubliant que celle-ci est aussi la protection des groupes minoritaires dans une société;
  • Il réclame l'amélioration des conditions de vie des masses en refusant d'admettre qu'elle passe par la création de richesses, et non par le partage de la pauvreté nationale;
  • Il aspire au développement économique en croyant dans l'autosuffisance financière du pays: "grès kochon an kwit kochon an," vante-t-il.
  • Il veut la réforme administrative en vidant l'appareil administratif du pays de ses cadres les plus qualifiés;
  • Il souhaite établir l'ordre public en misant sur les organisations populaires et non sur la création des forces de l'ordre légales, intitutionnelles et professionnelles;
  • Il rêve de la paix sociale en braquant les masses contre la bourgeoisie et la classe moyenne;
  • Il se dit contre la dictature en ayant un penchant pour la tyrannie de la démocratie populaire;
  • Il se veut leader responsable en pensant que c'est à l'aune de sa popularité que l'histoire mesurera sa compétence et jugera son gouvernement;
  • Il veut diriger la République en démolissant les fondations même du système républicain - la séparation des trois branches du pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) - et en exhortant les masses à s'attaquer aux valeurs républicaines; et
  • Il prône l'Etat de Droit en promouvant l'Etat d'un homme.
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque Mondiale regardent leur plan de redressement économique voler en lambeaux. Aristide a son propre plan de développement : Programme Economique et Social 2001-2006, lequel se résume dans un simple désir d'investir dans l'humain. Des écoles communales sont construites. Mais l'éducation primaire obligatoire et pour tous est loin d'être l'objectif du programme. Sa politique sociale va à l'encontre du comportement politique du régime. Son programme devient irréalisable. La crise sociale, politique et économique du pays l'explique:
  • S'il est vrai qu'un niveau de consommation plus élevé des masses est la condition sene qua non d'une croissance économique forte et stable, des investissements massifs (accompagnés de profondes réformes institutionnelles) sont indispensables à cette même croissance.
  • Si les dirigeants de l'Etat sont riches, l'Etat lui-même est pauvre et incapable de répondre à la demande d'investissements lourds dans les infrastructures (transports et communications, électricité, eau, etc.) dont l'économie a besoin.
  • Le pays, face à des pénuries financières, exige l'assistance des institutions financières internationales et régionales, lesquelles sont en désaccord avec la politique du gouvernement.
  • Le rôle crucial du secteur privé, déterminé par ses relations avec l'ensemble du système politique, est ignoré.
  • Pour garantir le succès d'un tel programme de développement humain, le gouvernement - à la tête d'un minuscule pays pauvre et avec un marché intérieur restreint - ne peut compter que sur les exploitations systématiques des possibilités d'exportation que seul un secteur privé solide, l'exploitation optimum des possibilités fiscales du pays et des investissements étrangers peuvent garantir.
Ainsi, le Programme Economique et Social 2001-2006 ne sera qu'un simple instrument de propagande d'un gouvernement en campagne électorale permanente.
Le temps passe. L'économie trépasse. La crise persiste. L'opposition insiste sur le départ d'Aristide. Les chimères, bandits armés attachés au pouvoir, sèment la terreur. Des troupes rebelles arrivent de la République Dominicaine. On meurt. Le régime Lavalas demeure, jusqu'à l'intervention d'une force multinationale, avec le feu vert du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Aristide quitte le pays pour l'Afrique du Sud dans un avion militaire américain le 29 février 2004.
Un intrus, M. Gérard Latortue, sorti de sa retraite aux Etats-Unis d'Amérique, est sur la scène politique. Il débarque en Haïti pour devenir le Premier Ministre d'un gouvernement de transition mis en place le 12 mars 2004. Le Président de la Cour de Cassation, M. Boniface Alexandre, devient Président de la République. La principale mission du gouvernement est de créer un climat de sécurité dans le pays afin d'organiser des élections libres et honnêtes.
Latortue dirige un pays ou le kidnapping, le vol, le viol, l'assassinat politique, le massacre des innocents dans les bidonvilles, les barons de la drogue, les gangs, les lavalassiens nostalgiques et lourdement armés, l'injustice et la misère règnent. Son succès dépendra de sa propre lecture de la crise, sa gestion de la cohabitation avec les forces onusiennes sous le leadership politique des Etats-Unis, son habilité à communiquer avec le peuple en lui apportant un message de réconciliation, et sa volonté de placer l'exclusion et la pauvreté au coeur même de la politique de son gouvernement. Jusqu'à présent, les résultats sont loin d'être satisfaisants. Les réalités parlent crûment:
  • Ayant les yeux rivés sur Aristide, il individualise la crise. Il confond le réveil des masses depuis 1986, produit de l'exclusion systémique de la majorité des haïtiens de la construction nationale, avec l'exploitation politicienne d'Aristide de la lutte pour la libération du peuple. Il ne voit pas dans les masses une force à organiser et mobiliser pour un changement réel de société en Haïti, mais un obstacle lavalassien à surmonter. Il ne cherche pas à comprendre pourquoi Aristide, malgré sa perversité, demeure l'homme politique le plus populaire du pays.
  • Il n'est pas maître de sa politique. Il parle lui-même de l'assujettissement de son gouvernement par les forces étrangères : « Si on nous avait laissé un peu de liberté pour travailler..., » dit-il en se lamentant sur la situation d'insécurité dans le pays.
  • Il ne parle pas avec le peuple et au nom du peuple. Il multiplie les fausses promesses à la nation. Son gouvernement fait face à une crise de confiance. Il perd son autorité morale et politique.
  • L'économie et la société poursuivent leur dégringolade. C'est le sauve-qui-peut national: on désinvestit ; on quitte les bidonvilles où les gangs font la loi ; les ambassades réduisent leurs effectifs ; on fuit le pays.
La machine politique est en panne. Le pays a du mal à trouver un régime politique pour l'ordre économique et social capable de déboucher à la sortie de la crise. Haïti a besoin d'une dictature du droit, soutenue par un gouvernement populaire, antipopuliste, patriotique et progressiste.
Je reviens avec les futurs possibles attendant le pays. A bientôt !
Rose Nesmy Saint-Louis
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TiCam
La vie n’est pas une crainte mais plutôt une espérance.
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