Quebec: Une Lavalloise au secours des jeunes Haïtiens
Article mis en ligne le 5 avril 2007 à 10:34
Depuis plus de trois ans, Jocelyne Clersaint, une Haïtienne qui s'est retrouvée à Laval à l'âge de 19 ans, donne coeur, âme ainsi que toutes ses économies personnelles dans l'espoir d'améliorer le sort des enfants qui vivent dans les rues de son pays d'origine.
Les trois dernières visites qu'a rendues Mme Clersaint en Haïti ont été des plus bouleversantes.
Des atrocités, elle en a vu de toutes les sortes. Des fillettes de 7 ans qui doivent se rabattre sur la prostitution pour gagner leur vie, des garçons tout aussi jeunes qui volent pour survivre, pour Jocelyne Clersaint, ces réalités sont presque devenues des banalités.
C'est toutefois quand elle a aperçu un cadavre humain être dévoré par un porc, près d'un étang, qu'elle a compris que le temps était maintenant venu pour elle de passer à l'action.
C'est ainsi qu'est née l'idée de créer une fondation dont l'objectif serait d'assurer un meilleur avenir au pays.
«Je me suis dit que si je voulais travailler sur le futur d'Haïti, il fallait favoriser le développement des enfants et ainsi créer une meilleure génération d'Haïtiens, explique la dame de 47 ans. Mes rencontres au cours de mes récents voyages m'ont profondément touchée, et j'ai décidé de leur apporter mon aide.»
Jocelyne Clersaint a donc mis sur pied la Fondation des gens d'honneur. La première réussite de la fondation a été l'acquisition de plusieurs terrains répartis sur le territoire haïtien, où elle prévoit, à long terme, faire construire des institutions scolaires et médicales ainsi que des centres d'hébergement.
Loi
«Depuis le début, notre grande bataille est l'adoption par le gouvernement d'une loi de protection de l'enfance, explique la Lavalloise. Ensuite, on s'efforcera de trouver des fonds pour aller de l'avant avec nos projets.»
Depuis 2004, la fondation distribue, une fois par semaine, de la nourriture aux enfants haïtiens qui vivent dans la rue.
Au fil du temps, les membres de la fondation, autant présents en Haïti qu'ailleurs à travers la planète, espèrent contribuer à diminuer la toxicomanie chez les jeunes, lutter contre la violence faite aux enfants, fournir des services de vaccination, contrer les épidémies et prévenir les maladies transmises sexuellement, dont le sida et les grossesses précoces. Des fléaux, paraît-il.
Le principal défi de Jocelyne Clersaint reste maintenant de dénicher de nouveaux collaborateurs.
«Nous bénéficions déjà de plusieurs membres, mais ça ne suffit pas, lance-t-elle. Nous avons besoin de gens qui sont prêts à donner de leur temps et de leur expertise.»