Un important homme d'affaires d'origine jamaïcaine est arrivé lundi 9 avril dans la capitale haïtienne accompagné de son groupe d'architectes en vue d'explorer les possibilités d'investissement qu'offre la zone de Jacmel et ses environs dans le domaine touristique.
Reçu à l'aéroport Toussaint Louverture par le ministre du Tourisme Patrick DELATOUR, la délégation a tout de suite pris la direction de la Métropole du Sud-est ou elle va séjourner du lundi 9 au lundi 16 avril 2007.
Au cours de son séjour à Jacmel monsieur BALCKWELL accompagné du ministre du Tourisme Patrick DELATOUR visitera les nombreuses potentialités touristiques de la région du sud-est en vue de définir certains produits et identifier des marchés potentiels.
Quand le reggae mène à l'hôtellerie de luxe
Le fondateur du label Island Records, Chris Blackwell, est né le 22 juin 1937. Le 30 décembre 1971, il signe un deal avec Bob Marley qui va changer leur vie à tous les deux.
Chris Blackwell est connu dans le monde entier pour avoir noyé la planète sous une déferlante reggae dans les années 70.
Après avoir créé un premier label en 1958, « RnB », il crée un an plus tard un autre label indépendant de génie, « Island Records ». La marque lui a été inspirée par la nouvelle « Island in the Sun » d'Alec Waugh. Avec Island, Blackwell va produire ou distribuer les artistes jamaïcains qui sont les futurs poids lourds des charts : Jimmy Cliff, Peter Tosh, Bunny Wailer, Bob Marley... Son premier disque pressé est celui d'un pianiste de jazz des Bermudes, Lance Haywood.
Depuis ce jour où, adolescent, des rastas l'ont repêché mort de fatigue sur une plage de la Jamaïque, Blackwell se passionne pour cette communauté. Quand il loue des scooters dans la capitale Kingston, il remarque que ses meilleurs clients sont encore les rastas. L'osmose est en train de prendre.
Adulte, Blackwell explore la scène jamaïcaine et revient à Londres avec un tube pop, « My Boy, Lollipop » de Millie Small, six millions d'exemplaires vendus worldwide sous licence Phillips. La légende Blackwell est lancée. En 1962, il installe Island à Londres et commence à distribuer quelques vinyles d'un certain Robert Morley, faute de frappe sans conséquence.
Aujourd'hui, il se souvient : « Quand Marley est arrivé en 1971, j'avais une idée en tête, je cherchais un rebelle sur une autre scène que le rock. Quand j'ai vu Bob, il avait cette image ». Le 30 décembre 1971, il signe un deal avec Bob Marley qui va changer leur vie à tous les deux.
Son entourage l'avait mis en garde contre les autres membres des Wailers. Pour Blackwell, c'est le signe qu'ils « savent ce qu'ils veulent ». Il leur fait la proposition suivante : 4.000 livres pour retourner enregistrer en Jamaïque et 4.000 livres quand l'album est prêt à être pressé.
De retour à la Jamaïque, les Wailers entrent en studio. Un album de légende va sortir de cette première collaboration : « Catch a Fire ». Les médias anglais s'emparent aussitôt de cette musique du Tiers Monde qui claque et du leader Bob Marley qui leur rappelle Jimmy Hendrix.
En 1974, Island Records explose les ventes avec la reprise de « I shot de Sheriff » par Clapton. Blackwell, fou de rythmes jazz, RnB, pop, rock, ska, enchaînera pendant trente ans les succès : Spencer Davis Group, Third World, Black Uhuru, Burning Spear, Robert Palmer, Cat Stevens, John Cale, Emerson, Lake and Palmer, Jimmy Cliff, Bob Marley, Roxy Music, Marianne Faithfull, Tom Waits, Melissa Etheridge, U2, Cranberries... Du reggae, du rock, du talent, du génie, des millions de dollars de recettes.
Chris Blackwell se souvient avant tout de Bob Marley comme d'un « modèle incroyable », toujours prêt à donner l'exemple, à accorder du temps, avec une humilité naturelle. « Oui, Bob était un leader naturel, absolument, profondément naturel ».
Son rêve : ouvrir un hôtel de luxe à Harlem
Au fil des succès et des années, Island est omniprésent dans les hits et sur les dancefloors. Dans les années 80, il signe aussi Grace Jones, fonde un nouveau label de World Music, Mango, explore le rap, s'investit dans le cinéma et la vidéo avec Island World, l'hôtellerie avec Island Outpost. Suivront Island Pictures, Island Trading Company (vêtements et ameublement), Palm Pictures (encore un nouveau label)...
La Floride l'accapare de plus en plus, en même temps il multiplie les investissements dans l'hôtellerie de luxe : Jamaïque, Bahamas... En 1989, il vend le fleuron de son écurie de génie, Island record, dont il démissionnera définitivement en 1997. Tout récemment, au mois de juin 2003, Blackwell a mis en vente son patrimoine hôtelier de Miami estimé à 60 millions de dollars pour financer le développement de certains de ses hôtels dans les Caraïbes, notamment le Goldeneye, ancienne demeure du créateur des aventures de James Bond, Ian Flemming.
La mère de Blackwell, Blanche, était l'une des plus proches confidentes de Fleming sur la fin de sa vie. Le père de James Bond a d'ailleurs offert son premier job à Chris Blackwell sur le tournage du
La chaîne hôtelière Island Outpost contrôlée par Blackwell compte aujourd'hui une dizaine de propriétés aussi fabuleuses qu'exceptionnelles dans la région. En Jamaïque, The Cave est l'une des valeurs appréciées de la jet-set, idem pour le Pink Sands dans les Bahamas (photos). Construit par Ian Flemming en 1947, le Goldeneye a été racheté par Blackwell en 1974. Il souhaite aujourd'hui y développer un ensemble de 120 cottages de vacances qui seront proposés à la vente entre 750.000 et 1 million de dollars.
Avec la même détermination, Blackwell est en train de réitérer son exploit d'une marque indépendante porteuse de rêve et de succès : Island Outpost. Pourquoi une chaîne hôtelière ? Sans doute l'envie de rester proche des îles, quelques souvenirs d'enfance aussi. Sa mère jamaïcaine était issue d'une grande famille de commerçants présents dans le rhum, le sucre, le coco. Sans doute enfin cette envie de créer des lieux où ses invités du showbiz ont envie de poser durablement leurs valises.
Miami, New York, Los Angeles, Jamaïque, Londres, Bahamas : Blackwell continue à surveiller tous ses business de très près, un téléphone cellulaire dans une main, quelques cds ou dvds dans l'autre. Son rêve : ouvrir un hôtel de luxe à Harlem, New York. Blackwell est infatigable, fidèle à sa ligne de vie : « Apprenez à vous connaître, intéressez-vous aux autres, au monde, et régalez-vous ».
Source: Island Post.