Que les choses ont changé chez nous! Un Président de la République qui fait l'honneur à un chroniqueur de s'expliquer. En effet, au cours d'une conversation téléphonique dans la matinée du lundi 16 avril 2007, le président René Préval m'a courtoisement fait une mise au point. De son aveu, il a cru entendre Gary Apollon entamer ainsi la formulation de sa question : « Qu'a voulu dire M. Chavez... » Est-ce pourquoi il lui a fait comprendre qu'il n'est pas son ministre de l'Information. Par cette réponse, son intention n'était point de froisser, ni de blesser. Effectivement, il ne pouvait sonder la pensée de M. Chavez, ni se substituer à son homologue vénézuélien.

A mon tour de lui expliquer que, dans la Presse, nous ne développons nullement un esprit de corps. Cependant, en nous remémorant deux malheureux précédents (d'inégale gravité) : le général-président Avril paniquant Clarence Renois de Radio Métropole au moment où celui-ci lui posait une question, et le Président Aristide extériorisant une menace à peine voilée à l'endroit de Rodrigue Louis de « Haïti-Observateur », nous ne pouvions dissimuler notre perplexité et notre appréhension après son point de presse du 14 mars 2007.

Le président Préval n'avait pas voulu rabrouer Gary Apollon; il a répondu, me dit-il, en tenant compte de la formulation de l'interrogation du reporter de Radio Signal. Si sa réponse a été mal perçue, il s'en va présenter ses excuses à M. Apollon. Voilà un malentendu dissipé. Je tiens à souligner la courtoisie, avec laquelle le Président m'a parlé. Une mise au point qu'avec non moins de courtoisie je m'empresse de relayer auprès de mes lecteurs. Le Président respecte trop la Presse pour rabrouer un seul de ses membres. C'est l'assurance qu'il m'a encore réitérée. Si sa réponse a été perçue comme une rebuffade, ce fut involontaire de sa part. Il s'excuse à nouveau. Nous le remercions pour l'intérêt qu'il porte au travail de la Presse et l'assurons être sensible à la bonne et positive image qu'il veut donner (et qu'il donne) de la fonction présidentielle. Les temps ont vraiment changé !
Source: Le Nouvelliste