Avec 4300 passagers, le «Liberty of the seas» est le plus grand navire de croisière du monde. Accrochez-vous aux chiffres, ce bateau est fou! Dans tous les sens du terme...
Il y a des photos qui en disent long. Très long. Celles de cette page font écho aux 339 mètres du «Liberty of the seas», inauguré la semaine dernière au large de Southampton (sud de l'Angleterre). L'équivalent de trois terrains de football. Avec son grand frère «Freedom of the seas», mis en service une année plus tôt, c'est le plus grand navire de croisière du monde. Y compris les 1400 membres de l'équipage, il peut accueillir 5700 personnes. Ne dites plus hôtel flottant, mais village de vacances.
Le mall central, avec ses boutiques et ses cafés, ne s'étend-il pas sur 130 mètres?
Ces photos disent aussi le luxe. Prenez le «Flowrider», vague artificielle qui permet de faire du surf. Il propulse 129 000 litres d'eau à la minute. Il faut le voir (et l'entendre) pour y croire! Ce n'est pas tout: le paquebot abrite le plus grand centre de fitness du monde sur mer - il est même doté d'un ring de boxe -, une patinoire, une salle de spectacle de 1400 places, un mur d'escalade de 13 mètres de hauteur, un parcours de golf virtuel... A leurs côtés, les traditionnels piscines, jacuzzis et restaurants en deviennent anecdotiques. Et aussi clinquants soient-ils, les ascenseurs panoramiques, le casino et le centre wellness peuvent aussi aller se rhabiller.

Elles ne disent en revanche pas, ces photos, que le «Liberty of the seas» est propriété de la Royal Carribean. Cette compagnie possède vingt autres navires. Et détient d'autres compagnies (parmi lesquelles Celebrity Cruises). Royal Carribean, dont le siège est à Miami, a fait construire le «Liberty of the seas» en Finlande, mais c'est dans la mer des Caraïbes que le paquebot accueillera ses passagers, en majorité des Américains qui ne comptent pas leurs sous à la fin du mois. D'où le côté tape-à-l'oeil, voire carrément kitsch de la décoration.

Ces photos ne disent pas, non plus, la guerre que se livrent les compagnies. L'année prochaine, Royal Carribean débarquera en Europe avec pas moins de sept bateaux. Il faut dire que le marché est florissant. «En Europe, ces dernières années, notre chiffre d'affaires a augmenté de manière exponentielle», se réjouit Susan Hooper, directrice du management. René Schärer-Jenk, directeur des ventes pour la Suisse, ajoute: «Aux Etats-Unis, 6% de la population choisit une croisière pour ses vacances. En Suisse, c'est 0,5%. Nous avons donc de la marge.»
Ces photos, enfin, ne disent pas que le «Liberty of the seas» fera escale à Labadee, île privée en Haïti. L'un des pays les plus pauvres du monde. Que penseront les Haïtiens en apprenant que le dernier-né de la Royal Carribean sert, chaque semaine, 69 000 steaks?
Dit autrement: le «Liberty of the seas» est un bateau extraordinaire. Mais il n'est pas dit qu'un tel monstre, aussi séduisant soit-il, incarne l'avenir de l'humanité...