La BNS est la «meilleure élève de la classe»
ANNIVERSAIRE. Jean-Claude Trichet a salué le résultat remarquable de la lutte contre l'inflation.
Samedi 23 juin 2007
Si la popularité d'un jubilaire se mesure au nombre et à la qualité des invités qui lui souhaitent longue vie, alors la Banque nationale suisse est comblée. Une trentaine de banquiers centraux, le gratin de la finance suisse et une belle brochette de politiciens se pressaient vendredi matin à la Maison des congrès de Zurich pour une cérémonie qui fut à l'image de l'alerte centenaire: de bon ton, élégamment musicale, soignée jusqu'au bout des ongles.
La modestie helvétique fut mise à rude épreuve par Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, qui s'est livré à quelques recherches historiques et relève que si on compare le taux d'inflation de la Suisse entre 1880 et aujourd'hui à celui de 13 pays de l'OCDE (en excluant les deux guerres mondiales), il se situe à 1,5% en moyenne - le meilleur score de tous. Signe que depuis l'ouverture de ses quatre premiers guichets, le 20 juin 1907, la BNS n'a pas trop mal travaillé.
«Intérêt public»
Comparant les politiques monétaires des deux instituts, Jean-Claude Trichet a conclu que leurs différences sont mineures et a insisté sur le but ultime de leur action: «La stabilité des prix est une condition nécessaire pour une croissance et une création d'emplois soutenables.» Et de rappeler que depuis l'introduction de l'euro, le 1er janvier 1999, 12 millions d'emplois ont été ajoutés dans cette zone monétaire, contre 3 millions les huit années précédentes.
La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a aussi souligné les «tâches d'intérêt public» de la BNS, en tête desquelles figure la lutte contre l'inflation, car «l'argent que nous gagnons - non sans effort - garde ainsi toute sa valeur, cela même lorsque les marchés financiers vacillent ou en cas d'instabilité de la situation politique mondiale».
Ce rôle est d'autant plus nécessaire «lorsque les marchés financiers se globalisent et s'interconnectent», a-t-elle ajouté. Enfin, elle a rendu hommage au rôle joué par la BNS dans les années 1990 quand il s'est agi «de mettre au jour des pages sombres de l'histoire de notre pays durant la Seconde Guerre mondiale».
Président du Conseil de la BNS, Hansueli Raggenbass s'est étendu sur le renforcement récent de sa gouvernance d'entreprise, qui en fait aujourd'hui une institution moderne, au fonctionnement simplifié et clarifié, qui «peut aborder sans hésitation le deuxième siècle de son existence».
Fonds Duvalier: Calmy-Rey «choquée»
Micheline Calmy-Rey se battra contre la restitution aux proches de l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier de 7,6 millions de francs bloqués en Suisse depuis 2002.
«Il est particulièrement choquant de constater que des fonds doivent être restitués à des personnes ayant appartenu à des régimes à l'origine de nombreuses violations des droits humains, cela parce que les Etats concernés ne veulent ou ne peuvent pas appliquer les procédures correspondantes prévues par le droit, a déclaré la présidente de la Confédération et ministre des Affaires étrangères. Je m'engage afin que des mesures appropriées soient prises pour remédier à cette situation, cela non seulement dans l'intérêt des personnes habitant dans ces pays, mais aussi dans l'intérêt de notre place financière.»
Jean-Claude Duvalier, en fuite depuis 1986, aurait détourné plus de 100 millions de dollars, dont les 7,6 millions de francs bloqués en Suisse.
Selon le droit actuel, la Suisse ne peut ordonner la restitution des avoirs que si le pays victime est en mesure d'intenter contre son ancien dirigeant un procès offrant certaines garanties, ce qui n'est pas toujours possible dans les Etats concernés (outre Haïti, le Zaïre est concerné).