Une femme de 68 ans, prêtresse de rite vaudou renommée en Haïti, accusée d'avoir traité une femme comme une esclave pendant vingt ans à son domicile de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), a été relaxée lundi par le tribunal de Nanterre.
Marie-Claire Beauvoir a été relaxée du délit de "soumission d'une personne vulnérable ou dépendante à des conditions d'hébergement indignes", ce dont l'accusait Sanilia Tibin, une Haïtienne de 64 ans employée par la prêtresse de 1981 à 2002.
La 17e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre a par ailleurs considéré prescrits les délits de "travail dissimulé" et "emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié", pour lesquels Mme Beauvoir avait comparu en juin.
Le procureur avait requis 4 ans de prison dont 2 ferme, et la partie civile réclamait 30.000 euros de dommages et intérêts.
"Cette décision est scandaleuse. Comme d'habitude, les conditions indignes de travail et d'hébergement ne sont pas reconnues par un tribunal", a réagi la directrice du Comité contre l'esclavage moderne (CCEM), Zina Rouabah, jointe au téléphone par l'AFP.
"Sanilia est restée chez cette femme pendant 20 ans sans jamais être rémunérée. Si cette personne n'est pas vulnérable, qui est vulnérable?", a ajouté Mme Rouabah, dont le comité avait aidé Mme Tibin à porter plainte.
Sanilia Tibin, qui ne sait ni lire, ni écrire, ni compter, avait accusé Mme Beauvoir de l'employer sans salaire, de l'obliger à dormir à même le sol et de la contraindre à faire les poubelles pour se nourrir.
Selon elle, une autre compatriote, Bernadette Pierre, avait subi le même sort.
Mme Beauvoir avait nié les faits et avait simplement déclaré avoir accueilli Mmes Tibin et Pierre "pour leur offrir son aide" ponctuellement.