La campagne est lancée, les blogs suivent et le revers dans l'Iowa de Hillary Clinton, la mieux placée dans le camp démocrate, a surpris plus d'un blogueur. Elle est même troublée et elle le sait, écrit Michael Goodwin dans son billet du 4 janvier. Son discours en apparence plein de grâce ne peut pas cacher ses désillusions. L'écart de 9 points avec Barack Obama, ajoute-t-il, est la preuve irréfutable que son aura d'invincibilité est frappée de plein fouet. Elle est donc obligée de se battre durement mais ne le veut pas.
C'est donc la fin d'une époque. La nostalgie des années 1990, celle de Bill Clinton, n'a pas de sens, poursuit-il. Hillary Clinton représente le passé, pas le futur, alors que Barack Obama incarne davantage la rupture et le changement. Elle qui croit que le vote de l'Iowa est une aberration se trompe, insiste-t-il. Les résultats n'en sont pas une ! Ce qui a eu lieu dans l'Iowa peut se dérouler partout ailleurs, avertit Mikael Goodwin.
Du calme !, lui écrit en écho Maria Pia Mascaro : "On aurait évidemment tort d'enterrer Hillary Clinton trop vite." L'ancienne First Lady peut compter sur la puissance de la machine démocrate, une organisation solide, des amis loyaux et d'importants fonds, ajoute Jim Kuhnhenn. Surtout, précise ce dernier, qui cite les propos de Patti Solis Doyle, la directrice de campagne de Clinton, "la campagne est construite sur l'idée d'un marathon, et nous avons les ressources pour couvrir la campagne pendant des semaines".

Outre les fonds, prévient Marc Ambinder, Hillary Clinton a un plan de contre-attaque en huit points, dont l'organisation d'un plus grand nombre de meeting dans les Etats, la consolidation de son réseau dans le New Hampshire, une analyse fine des failles de la personnalité d'Obama, notamment une campagne sur son absence de talent oratoire, la mise en avant de la "tendance misogyne de l'Iowa" et la mise en garde d'un retour de McCain dans le camp républicain que seule Hillary peut vaincre.
Reste que Hillary Clinton doit tirer les leçons de la victoire d'Obama, insiste Maria Pia Mascaro. Les jeunes, les femmes ont préféré Barack à Hillary. "Ann Lewis, la responsable de sa campagne en direction des femmes, m'expliquait le soir du réveillon que les réseaux de femmes mis en place dans tout le pays sont déterminants, rapporte-t-elle. Il faudra revoir la stratégie ou le message."
Elle compte aussi sur le soutien de Barack Obama, rappelle Michael Goodwin ... Soutien ? Plutôt sur une ou deux gaffes du sénateur de l'Illinois, en raison de son inexpérience. Ce qui lui permettrait de sortir de ses doutes.
En fait, formule Ben Smith, les trois premiers candidats démocrates ont une communauté de destin. Ils sont désormais liés. L'action de l'un aura des incidences sur les deux autres et inversement. Selon lui, Edwards doit gagner dans le New Hampshire pour se solidifier et il appelle à une alliance Obama-Edwards... contre Hillary. Mais si Edwards confirme sa place d'outsider dans le New Hamsphire, il met définitivement fin au rêve de Hillary. Donc, l'alliance avec Obama est plus que provisoire, car dans un face-à-face avec le sénateur de l'Illinois, il y a de fortes chances, selon lui, qu'Edwards remporte la mise.
Mais pour cela, il faut des fonds et sur ce point, Hillary Clinton et Barack Obama sont mieux placés que l'ancien colistier de John Kerry. Si l'argent était secondaire dans l'Iowa, écrit Jim Kuhnhenn, il reste un facteur déterminant pour la suite. Et du côté démocrate, souligne-t-il, les course est "dominée par les deux titans".
Or, conclut Michael Goodwin, notamment à l'adresse de Hillary Clinton, l'argent ne suffira pas pour gagner. "Si elle veut devenir présidente, elle doit d'abord renoncer à être une star. Autrement, elle doit être plus humaine. Peut-être que la défaite dans l'Iowa a fait cela pour elle."
Source: Le Monde