Condoleezza Rice vante l'ardeur au combat des soldats canadiens en sol Afghanistan
Par Michael Tutton
Canadian Press
Tuesday, September 12, 2006
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay et son homologue américaine Condoleezza Rice prendent du café à Tim Horton à Pictou, N-E. (PC PHOTO/Andrew Vaughan)
STELLARTON, N.-E. (PC) - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a vanté l'ardeur au combat des soldats canadiens en Afghanistan, mardi, faisant écho aux arguments avancés par le gouvernement conservateur à l'effet que les sacrifices consentis sur le champ de bataille réduiront les risques d'autres attentats terroristes.
Mme Rice, qui était invitée en Nouvelle-Ecosse par le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a livré son message au terme d'une visite de deux jours dont le motif initial était de remercier les Canadiens pour leur soutien durant la crise du 11-Septembre, il y a cinq ans.
S'adressant à environ 200 personnes au Musée de l'industrie de Stellarton, Mme Rice a affirmé que la liberté dont profitent les Canadiens et les Américains dépend de plus en plus de "la liberté dans d'autres pays".
Elle a dit que les Etats-Unis sont maintenant engagés "dans une importante lutte internationale pour déterminer quelles seront les idées qui présideront au 21e siècle".
Résultat, l'alliance entre le Canada et les Etats-Unis doit aussi avoir un objectif international, a-t-elle dit, donnant l'exemple de la présence de militaires et de représentants canadiens et américains en
Haïti et en Irak.
Mme Rice a ensuite enchaîné sur l'Afghanistan, affirmant que le régime répressif des talibans avait aidé Al-Qaïda à se préparer aux attentats de New York, Washington et près de Pittsburgh, le 11 septembre 2001.
Soulignant les effets de la mission militaire de l'OTAN en Afghanistan, à laquelle participent 35 pays, Mme Rice a dit que les Afghans avaient pu élire un président et un Parlement, que les jeunes filles avaient pu retourner à l'école et que les talibans n'utilisaient plus les stades de soccer comme lieu de torture.
Au cours d'une entrevue accordée à la Presse Canadienne, Mme Rice a affirmé qu'au moment du retrait des soldats américains de l'Afghanistan, les talibans avaient fait l'erreur de croire qu'ils pouvaient reprendre du terrain sans avoir à livrer de combats trop difficiles aux 2200 militaires canadiens.
"Une des raisons expliquant le retour des talibans est qu'ils ont vraiment cru qu'il y aurait une baisse d'intensité comparativement à l'ardeur au combat démontrée par les soldats américains, a-t-elle dit. Ils ont maintenant appris à leurs dépends que les Canadiens étaient aussi d'ardents combattants."
Plus tôt, M. MacKay a déclaré lors d'une conférence de presse que le Canada ne se retirerait pas de l'Afghanistan.
"La lutte contre le terrorisme est une opération à long terme qui vise à préserver la sécurité de nos citoyens ainsi que notre mode de vie, a-t-il dit. Nous ne pouvons pas nous retirer (de l'Afghanistan)."
Il a aussi confirmé que les Etats-Unis n'avaient formulé aucune demande pour que d'autres militaires canadiens soient envoyés en renfort en Afghanistan.
Cette tentative conjointe de Mme Rice et M. MacKay, pour rallier l'opinion publique à la mission en Afghanistan, est survenue au lendemain d'une allocution télévisée du premier ministre Stephen Harper, au cours de laquelle il a rappelé aux Canadiens que son gouvernement avait agi en concertation avec les Nations unies lorsque la mission en Afghanistan a été mise sur pied en 2003.
De récents sondages ont indiqué que l'opinion publique était partagée sur la nécessité d'un engagement militaire canadien.