Lors d'un précédent article traitant de l'habilitation des femmes, nous avons été amenée de condamner l'utilisation de certaines formules permettant de prendre du poids ou de modifier sa morphologie. L'affaire a déplu à plus d'une, ayant probablement expérimenté les « bénéfices » liés à cette pratique et même à plus d'un, ayant une certaine préférence pour telle morphologie. Combien présomptueuse serions-nous de prétendre pouvoir contenter tout le monde ! Mais le sujet est trop sérieux pour laisser la place aux états d'âme. Ceci dit, il nous paraît opportun de faire le point sur les conséquences de l'obésité sur la santé de l'individu, ses implications sociales et les moyens accessibles, malgré les temps de vache maigre, pour la prévenir et même l'inverser.

L'indice de poids corporel (IPC) permet, en fonction du poids, de classer les gens en catégorie normale, en surpoids ou obèse. C'est le rapport du poids en kilogramme sur le carré de la taille en mètre. La formule est donc la suivante :
IPC = poids/Kg
Taille²
La réponse est exprimée en Kg/m². Si son IPC est compris entre 18.5 et 25, l'individu est de poids normal. S'il est compris entre 25 et 30, il est en surpoids, au-delà de 30 on parle d'obésité. La dernière fois que j'ai calculé mon IPC, j'étais soulagée, malgré les velléités de mon entourage pour prédire le contraire. Ah ! les mauvaises langues ! De toute façon je ne veux pas m'asseoir sur mes lauriers, il y a toujours moyen de mieux faire, malgré l'âge et surtout à cause de l'âge. Alors chers lecteurs, à vos calculatrices !
Mais, diriez-vous, pourquoi cet acharnement contre quelques kilos en plus ? Ca fait très cool dans une paire de jeans. Oui, d'accord, mais s'il ne s'agissait que de cela !

Regardons un peu ce qui se passe autour de nous. A travers le monde, 170 millions de personnes souffrent aujourd'hui de diabète. Selon l'OMS, ce nombre devrait doubler vers l'année 2025. Rien qu'aux Etats-Unis, on y compte 21 millions, avec 65% de leur population adulte, soit 127 millions, souffrant de surpoids ou d'obésité. L'obésité augmente le risque de mortalité et de morbidité lié au diabète, à l'hypertension artérielle, à l'hypercholestérolémie, aux accidents cérébro-vasculaires ou stroke, à la cholécystite, à l'ostéoarthrite, à l'apnée du sommeil, aux maladies respiratoires, au cancer (notamment de l'utérus, du sein, de la prostate, du colon). L'obésité est d'ailleurs très prédictive de qui va développer un diabète. Les femmes qui ont un ICP entre 30 et 35 Kg/m² ont vingt fois plus de risque de développer le diabète que celles pour qui ce chiffre est inférieur à 25. Au-delà de 35 Kg/m², le risque se multiplie par 39. La femme en surpoids a tendance à donner naissance à de gros bébés, contribuant ainsi à la montée alarmante des cas de diabète chez l'enfant et l'adulte jeune.

Le tour de taille de l'individu est un élément révélateur de la quantité de graisse dans l'abdomen. Il est bon que ce périmètre abdominal soit inférieur à 102 cm chez l'homme et à 88 cm chez la femme. Si en plus il s'agit d'un grand ronfleur, il faut agir vite sur le poids. Mais tout n'est pas perdu, il y a moyen d'y remédier.
Le contrôle du poids améliore la pression sanguine, le cholestérol, le taux de sucre dans le sang ou glycémie, autant de symptômes qui constituent le syndrome métabolique. Le traitement de l'obésité consiste en une bonne hygiène de vie, qui est une combinaison d'activité physique, de diète appropriée, de changement de comportement. Pour les cas extrêmes que nous n'aborderons pas ici, un traitement médicamenteux et même la chirurgie peuvent être requis. Nous parlerons aujourd'hui de l'exercice physique, l'aspect diététique sera abordé une autre fois.

Une activité physique régulière qui augmente le rythme cardiaque jusqu'à 60 à 80 % de sa capacité maximale, pendant 30 minutes par jour, réduit de 50 % les risques de crise cardiaque ou infarctus du myocarde. Elle diminue aussi de 25 % le risque de mortalité lié à l'infarctus. Par ailleurs, elle améliore la résistance à l'insuline et la prévalence du diabète de type 2, augmente jusqu'à 30 % le bon cholestérol, améliore la pression artérielle, contrôle le surpoids, réduit l'anxiété et la dépression. Elle potentialise l'arrêt du tabac chez les fumeurs qui en ont la volonté et améliore la capacité fonctionnelle chez le patient qui souffre de défaillance cardiaque. Comme bénéfices non cardiaques, l'exercice physique diminue le risque de cancer (colon, prostate, sein) ; il a un effet salutaire sur l'ostéoporose, l'arthrite, la constipation, l'humeur, l'insomnie et les symptômes qui accompagnent la ménopause.

Si vous pouvez vous inscrire à un club de gym, c'est parfait. Si vous n'avez ni le temps ni les moyens, quelque chose est encore possible. La marche, la course, la bicyclette dans votre quartier sont des activités aérobiques qui sont très recommandées. Vous pouvez leur adjoindre des exercices d'entraînement qui augmentent la masse musculaire, améliorent la sensibilité à l'insuline, maintiennent la santé des os et la force musculaire en prévention des accidents, des fractures et de l'incapacité. Les exercices d'étirement sont aussi très bénéfiques. J'en vois qui font de grands yeux. Et l'insécurité ? Elle aussi peut être contournée. Alors là, il s'agit d'être plus créatif. Et si vous soulagiez le gars qui aide à la maison et laviez votre voiture vous-même en prenant soin de la lustrer, d'en nettoyer l'intérieur. Vous ne seriez que mieux servi (par vous-même). Avez-vous essayé de nettoyer votre jardin, d'arracher les mauvaises herbes qui ont poussé pendant la saison pluvieuse, de ratisser les feuilles mortes ? Il y a encore mieux, apprenez à laver votre parquet tout seul, les carreaux y seront plus brillants. Lavez les fenêtres, jouez avec vos enfants et vos petits-enfants (résultat garanti). Sautez à la corde. Ma dernière découverte, je vous la confie. Je me suis procurée un DVD de danse sociale, jazz et hip hop. Vous n'avez qu'à allumer votre lecteur DVD dans votre chambre et le tour est joué.

Vous n'êtes pas obligé d'être exténué, mais il faut un niveau d'exercice qui augmente le rythme cardiaque. Comment le savoir ? Votre niveau est acceptable si vous pouvez parallèlement tenir une conversation sans paraître essoufflé, mais vous ne trouvez pas assez d'air pour pouvoir chanter.
A vos marques, prêt ! Partez !
Source: Le Nouvelliste