Port-au-Prince, 27 février 2002 -(AHP)- Le quotidien américain "Le Miami Herald" a abondé mardi dans le sens du message du député Carrie Meek selon lequel les autorités américaines doivent reprendre immédiatement leur aide à Haïti.
Dans son éditorial du 26 février 2002, le quotidien écrit" nous sommes d'accord avec le député Carrie Meek et les membres du groupe des parlementaires noirs américains (black caucus) qui viennent d'effectuer une visite dans ce pays.
"Haïti, notre voisin de l'hémisphère, se trouve dans des conditions exécrables et a besoin de l'aide", indique Le Miami Herald, ajoutant que Washington peut jouer son rôle en permettant le décaissement des 500 millions de dollars de prêts et de dons promis à Haïti.
Selon le journal, M. Otto Reich, le plus haut responsable de la politique Latino-américaine des Etats-Unis d'Amérique, devrait faire de l'aide à Haïti une de ses grandes priorités en vue de permettre à ce pays de sortir de la crise sociale et politique dans laquelle il se trouve embourbé.
"Le député Meek et les membres du Black Caucus ont vu beaucoup de souffrances et de privations au sein des masses ainsi que le dysfonctionnement des systèmes judiciaire et social", souligne Le Miami Herald rappelle que dans le souci de résoudre les problèmes liés aux élections contestées de mai 2000, le président Aristide a accepté un plan de résolution élaboré par la communauté internationale.
Le gouvernement d'Aristide a réduit de deux ans le mandat des sénateurs dont l'élection était contestée et a accepté la tenue d'élections anticipées pour le renouvellement de l'ensemble du sénat. Mais, le journal, les partis de l'opposition insistent sur la démission immédiate des membres du Parlement et sont profondément méfiants vis-à-vis du pouvoir d'Aristide.
Selon le Miami Herald, le Président Bush devrait insister sur la satisfaction par le chef de l'Etat haïtien des conditions prévues dans le plan de résolution en huit points.
Dans l'intervalle, indique le journal, l'administration Bush doit reconnaître que les souffrances continues des citoyens haïtiens doivent être prises en compte.
Faisant remarquer que les pays amis d'Haïti se déclarent frustrés du rythme et de l'inefficacité des réponses apportées jusqu'ici par le président Aristide à la crise politique, le Miami Herald indique que malgré tout, Haïti reste un pays désespérément pauvre, luttant pour trouver sa voie vers un gouvernement démocratique.
"En notre qualité de voisin ayant un vif intérêt dans le sort des haïtiens et de la direction de leur gouvernement, les Etats-Unis d'Amérique doivent mieux faire que d'observer et d'attendre", suggère Le Miami Herald.
Dans un communiqué de presse rendu public mercredi, l'ambassade américaine à Port-au-Prince a rappelé que le président George Bush a décidé de poursuivre son aide à Haïti, en dépit du fait qu'un rapport récent du département d'Etat ait conclu que le gouvernement haïtien a échoué dans l'accomplissement de ses obligations en ce qui a trait aux accords
internationaux contre le trafic des stupéfiants.
Pour sa part, le député de Trou du Nord, Rudy Hérivaux, a assimilé mardi à un début de remords le fait que les autorités américaines affirment ne pas vouloir accentuer leurs sanctions contre Haïti en dépit du fait que ce pays n'aurait pas satisfait aux exigences de la lutte anti-drogue.
Selon le parlementaire, cette décision viendrait du fait que les autorités américaines commenceraient à comprendre que les sanctions et les souffrances qu'elles imposent à Haïti sont injustes et injustifiées.