Port-au-Prince, 8 avril 2002 -(AHP)- La Commission des droits de l'Homme de la mission spéciale de l'OEA est arrivée lundi à Port-au-Prince pour un premier séjour de deux semaines.
Les membres de cette commission, Nicolas Liverpool, Roberto Flores et Alonzo Gomez Robledo Verduzco viennent enquêter sur les incidents violents du 17 décembre 2001, l'attaque contre le palais présidentiel et les destructions de vies et de biens.
Dans une déclaration à la presse, le chef de la délégation, Nicolas Liverpool, un ressortissant de la Dominique, a fait savoir que le travail de la Commission commence à partir de ce lundi.
Les membres de la commission doivent rencontrer le président Aristide, le premier ministre, des responsables du secteur de la justice, les responsables de l'opposition, la société civile, l'Eglise et les représentants d'un ensemble d'autres secteurs clés du pays. Un rapport sera ensuite rédigé et acheminé au président de la république et au secrétaire général de l'OEA.
La Convergence démocratique se dit prête à collaborer avec cette commission pour que toute la lumière puisse être faite sur les événements du 17 décembre.
Un des porte-parole de cette coalition politique, Paul Denis, a rejeté les allégations selon lesquelles la présence en Haïti de la mission de l'OEA entre dans le cadre d'une mise sous tutelle du pays.
L'organisation politique Fanmi Lavalas réitère sa volonté d'encadrer cette commission pour qu'elle puisse mener à bien sa mission. Le porte-parole de Fanmi Lavalas, Jonas Petit, exprime toutefois le souhait que cette mission réalise un travail impartial et équilibré.
Rappelant que l'OEA était la première à soulever un problème de comptage après les élections du 21 mai 2000, M. Petit estime que l'organisation hémisphérique a la responsabilité de s'impliquer dans la résolution de la crise post-électorale.
Les organisation des droits de l'Homme ont également fait part de leur volonté de collaborer avec la mission d'investigation.
Pierre Espérance a fait savoir que la coalition nationale pour les droits des haïtiens qu'il dirige à Port-au-Prince, est prête à faire le point avec les experts de l'OEA sur la situation générale des droits de l'Homme en Haïti.
Beaucoup d'autres secteurs souhaitent que la communauté internationale et en particulier l'OEA donne des preuves évidentes de sa volonté d'aider les haïtiens et non d'attiser la division entre eux,, en prenant pour l'une ou l'autre partie au détriment
d'Haïti et de la majorité des haïtiens.
Au moins deux policiers avaient été tués au cours de l'attaque contre le siège de la présidence le 17 décembre 2001. Un garde du corps d'un parti de l'opposition a été tué aux Gonaïves par des manifestants en colère. Pendant qu'à Port-au-Prince,
des milliers de manifestants qui avaient gagné les rues ont incendiée plusieurs locaux de partis politiques ainsi que des résidences de leaders de l'opposition pour protester contre le coup d'état avorté annoncé contre le président de la république.