Port-au-Prince, 24 juillet 2002 -(AHP)- Haïti a régressé de 12 places dans le classement 2002 des pays du monde, établi chaque année par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD).
Dans ce rapport titré << Approfondir la démocratie dans un monde fragmenté>>, Haïti passe de la 134ème l'année dernière à la 146ème en l'an 2002. Elle se trouve après le Pakistan et le Bangladesh, mais avant Madagascar, le Sénégal, la Côté d'Ivoire, le Bénin et le Niger.
La Norvège et la Suède se trouvent respectivement en première et deuxième position cette année. Tandis que la Sierra Leone demeure à la dernière place du classement.
Même dans les pays les plus développés comme les Etats-Unis et la France, la bonne gouvernance ne semble pas vivre ses plus beaux jours.
Le Canada, les Etats-Unis et la France arrivent respectivement en 3ème, 6ème et 12 ème position dans le rapport 2002.
Dans son discours de circonstance, Julio Grieco, chargé du Bureau du PNUD en Haïti, a indiqué que le rapport privilégie cette année les questions liées à la gouvernance, contrairement aux années précédentes années où l'accent a été mis sur la question de <
>, accès à l'éducation et les analyses sur la situation de pauvreté.
Julio Grieco a indiqué que la gouvernance constitue un thème essentiel qui permet aux individus de chercher à déterminer leur destinée et à participer aux décisions qui influencent leurs vies.
Selon le rapport, le temps est venu que la gouvernance démocratique prenne pied partout, qu'elle ouvre les portes de l'épanouissement humain, et qu'elle s'installe partout dans le monde, en promouvant la stabilité politique, les libertés
civiles et les droits politiques, l'État de droit et l'efficacité gouvernementale et la transparence.
Julio Grieco a rappelé que lors du sommet du millénaire tenu à New York en septembre 2000, les États membres de l'ONU se sont entendus pour dégager les objectifs à atteindre en l'an 2015.
Ces objectifs concernent la réduction de moitié de la proportion de gens souffrant de faim, l'accès à l'éducation primaire à tous les enfants, l'élimination des disparités entre les hommes et les femmes dans le domaine de l'éducation, la réduction de 2/3 de la mortalité infantile chez les enfants de moins de 5 ans et la réduction de moitié de la proportion des gens n'ayant pas accès à l'eau potable.
Le chargé du bureau du PNUD en Haïti a indiqué qu'il sera difficile d'atteindre ces objectifs pour la moitié de la population mondiale en raison de la pauvreté monétaire et la mortalité infantile qui fragilisent la relève des générations et la durabilité du développement.
En ce qui concerne Haïti, Julio Grieco a mis l'accent sur les fractures et les inégalités de toutes sortes qui ont contribué à creuser, dit-il, des fossés entre des fractions de la société haïtienne.
M. Grieco a mis l'accent sur les projets réalisés par le PNUD en partenariats avec les autorités haïtiennes dans le domaine de la gouvernance.
Selon lui, le PNUD coopère également avec les autorités dans l'élaboration d'un programme de modernisation de l'administration publique et d'appui à la gouvernance.
Cette initiative, dit-il, a déjà donné des résultats satisfaisants notamment dans le développement d'un cadre institutionnel afin de rendre plus fluides les mécanismes de décisions, la modernisation de l'administration publique centrale, la poursuite du processus de décentralisation et le renforcement des mécanismes de gouvernance locale.
Il cite également l'appui du PNUD au processus de réforme de la justice et au renforcement institutionnel de l'Office de la Protection du Citoyen et aux organisations de la société civile et à la réforme pénitentiaire.
A signaler que sur le plan de pauvreté humaine, a-t-il fait savoir, Haïti maintient la soixante onzième place. Plus de 42% de la population haïtienne vit en situation de pauvreté.
La situation économique du pays s'est dégradée avec les sanctions imposées par plusieurs secteurs de la communauté internationale en raison d'une controverse sur le nombre de sénateurs qui ont été élus au premier tour des joutes du 21 mai 2000.
Ces sanctions qui causent le blocage de plus de 500 millions de dollars de prêts et de dons sont maintenues malgré la démission depuis plus d'un an des 7 sénateurs concernés Le rapport mondial sur le développement humain 2002 a été lancé en présence notamment du Premier Ministre Yvon Neptune, du Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales, Jocelerme Privert et de représentants de plusieurs secteurs de la population.