par FIFAworldcup.com
Quand Pelé a tiré la boule des Pays-Bas, destinée au Groupe C, un assourdissant murmure a envahi la salle où se déroulait le tirage au sort final de la Coupe du Monde de la FIFA. Dans le froid mordant de Leipzig, venait de prendre forme l'un des groupes les plus brûlants de la compétition. Encore meurtrie par son élimination précoce à Corée/Japon 2002, l'Argentine se voit proposer un duel en forme de clásico face aux Oranje de Marco van Basten. Ceci, bien sûr, après avoir négocié deux dangereux écueils : la Côte d'Ivoire et la Serbie et Monténégro. Rien que ça...


La première image qui vient à l'esprit des 30 millions d'Argentins, c'est inévitablement celle de 2002 : Marcelo Bielsa et ses joueurs abattus après leur infructueuse série de matches face au Nigeria, à l'Angleterre et à la Suède. Mais la situation des Sud-américains est-elle à ce point compliquée ? Que nous indique l'histoire à ce sujet ? FIFAworldcup.com analyse les rendez-vous des Albicelestes dans ce que nombre d'observateurs considèrent comme le groupe le plus relevé de la Coupe du Monde de la FIFA.
Saga Africa
Le 10 juin prochain à Hambourg, les Argentins vont entamer cette nouvelle aventure mondiale face à la Côte d'Ivoire. Si les protégés d'Henri Michel sont novices à ce niveau, les Gauchos ont quelques références en magasin. Car sur trois des quatre dernières éditions, ils ont eu droit à une formation africaine en première phase.

Le bilan général de ces confrontations est positif, même si le premier souvenir n'est autre que la surprise créée par le Cameroun en match d'ouverture d'Italie 1990 face aux tenants du titre. Par la suite, à Etats-Unis 1994 et Corée/Japon 2002, les Sud-américains ont eu raison des Nigérians. Place maintenant aux Ivoiriens, que les Sud-américains avaient liquidés 4-0 lors de la Coupe du Roi Fad - l'actuelle Coupe des Confédérations de la FIFA - en 1992. "La Côte d'Ivoire est très forte en ce moment. Elle a éliminé le Cameroun, qui est le pays le plus expérimenté dans la compétition. C'est une grande équipe, qui ne dépend pas seulement de Drogba", analyse José Pekerman. Cela dit, le technicien argentin, qui se remet d'une opération de la main droite, est conscient d'une donnée importante dans l'optique de ce choc prometteur : "Comme toute équipe africaine, elle s'oublie parfois en défense. C'est à ce niveau-là que nous pouvons faire la différence".


La maîtrise défensive de la Serbie et Monténégro
A priori, le match du 16 juin à Gelsenkirchen pourrait donner lieu à une opposition de styles entre l'Argentine, deuxième équipe la plus prolifique des éliminatoires sud-américaines (29 buts), et la Serbie et Monténégro, formation la plus solide de la zone européenne (un seul but encaissé). Mais n'allez pas croire que les Plavi vivent et meurent par la défense. Selon Pekerman, "chaque pays a son école et les Serbes représentent celle de la Yougoslavie, adepte d'un très bon football. C'est une équipe tactique et disciplinée, composée de joueurs mûrs. Elle a un penchant pour le jeu en contre".

Selon le stratège sud-américain, "nos attaquants sont différents de ceux qu'ils ont affrontés dans leur groupe. Nous avons des joueurs plus rapides, moins statiques. Du reste, les statistiques parlent en faveur des Albicelestes. La seule fois qu'ils ont affronté l'ancienne Yougoslavie en compétition, c'était en quart de finale d'Italie 1990, avec une victoire acquise au terme de la séance de tirs au but.
Les Pays-Bas, une vielle connaissance
Le match que tout le monde attend, c'est le troisième, qui fait désormais partie des grands classiques du football moderne : Argentine - Pays-Bas, le 21 juin à Francfort. Dirigés par le légendaire Marco van Basten, les Néerlandais partent avec un avantage comptable sur les Argentins, qu'ils ont battus à Allemagne 1974 et à France 1998. Mais les Sud-américains ont peut-être gagné le match le plus précieux : la finale d'Argentine 1978, à Buenos Aires, à jamais marquée par la joie de Mario Kempes.

Cela dit, malgré le prestige de cette rencontre, Argentins et Néerlandais pourraient très bien s'y présenter avec leur billet pour le second tour déjà en poche. Mais pour cela, il faudra remporter les deux premiers matches, ce qui est loin d'être une mince affaire. Pekerman, qui a récemment brisé son silence radio, se veut plutôt optimiste : "C'est sûr que les Pays-Bas possèdent des joueurs de renom, mais une équipe a besoin d'autres choses, beaucoup plus importantes que de simples noms. Il faudra voir comment cette équipe réagit dans des matches d'une telle importance". Et d'ajouter, sourire à l'appui : "Nous savons que nous sommes performants dans les moments difficiles". Messieurs les Argentins, vous avez trois matches pour le prouver.