 Qui a Tué Dessalines? |   | Qui a Tué Dessalines? Quoique le passage relatant la mort de Dessalines dans Les manuels d'histoire ait été appris par coeur par des générations d'élèves haïtiens, une vieille et persistante rumeur entretenue uniquement par la tradition orale et qui n'est rapportée ni par Madiou, ni par Beaubrun Ardouin, ni par J. C. Dorsainvil, ni par Timoléon C. Brutus, ni par aucun historien passé ou présent, haïtien ou étranger, voudrait cependant que l’empereur ait été tué au cours d'un banquet qui se serait déroulé chez le général Alexandre Pétion lequel l'aurait lui-même, parait-il, assassiné d'un coup de pistolet. Ces opinions sont très évidemment fausses et absolument dépourvues de fondements. L'assassinat de Jean-Jacques Dessalines s'est déroulé en plein jour, au Pont-Rouge, à l'entrée de la ville de Port-au-Prince. Il mérite qu'on s'y attarde. En effet, en plus de l’immense aura de mystère dont il semble encore enveloppé, il s'agit, appris la proclamation de l'indépendance, du premier grand événement de l’histoire nationale. Rappelons un peu les circonstances entourant la mort de l’empereur. Quand, le 17 octobre 1806, J.J. Dessalines arrive à l'entrée de Port-au-Prince, il ne vient pas en visite de courtoisie, il à quitte sa capitale, Marchand, afin de mater une rébellion qui, partie de Port-Salut, serait parvenue à enflammer la presqu’île du Sud et tout le département de l’Ouest. En quittant son Palais, c'est un empereur en colère qui prévenait tout le monde que cette fois-ci, son cheval galoperait dans le sang jusqu'au Portail ! Ainsi, lorsque entre Saint-Marc et Port-au-Prince Dessalines croise sur son chemin un certain Delpeche, un fidèle officier mulâtre qui accourait l'avertir de la situation dans le Sud, l'empereur le fait immédiatement massacrés à coups de bayonnette par la troupe d'un colonel mulâtre d'ailleurs, Louis Longuevalle. On voit mal le terrible Dessalines arrivant à Port-au-Prince dans l’intention bien arrêtée d'écrasé des séditieux et qui aurait plutôt décidé, après réflexion, d'aller festoyer en leur compagnie dans un joyeux banquet, banquet au cours duquel il se serait fait assassiner... Selon Madiou, Dessalines était tellement méfiant, qu'avant d'entrer à Port-au-Prince, il envoya deux officiers, le colonel Thomas et le chef de bataillon Gédéon, à la tête de six compagnes qui devaient l’attendre au Pont-Rouge. Le colonel Thomas (un Noir) qui refusait de trahir l'empereur, fut incarcéré par les organisateurs de la sédition, les généraux Gérin, Yayou et Vaval. Gédéon (un Noir) qui avait préféré rejoindre les troupes révoltées, révéla la ruse de Dessalines à Gérin. Elle consistait, pour Gédéon, de se tenir simplement debout sur le pont, afin d'indiquer à Dessalines que la situation émit normale, et qu'il pouvait entrer sans aucune crainte dans la ville. Le général Gérin, très méfiant lui-même, demanda à Gédéon de lui remettre son uniforme qu'il donna à un officier de la 21e brigade de Leogane qui avait la même corpulence que le chef de bataillon. Cet officier, une fois revêtu de l’uniforme de Gédéon, alla se dresser droit sur le Pont-Rouge. à la vue de sa silhouette qu'il prit pour celle de Gédéon, Dessalines s'avança en toute confiance en direction de Port-au-Prince. Quand il se rendit compte de la méprise, Dessalines comprit tout de suite qu'il avait été trahi et qu'il venait de tomber dans un guet-apens tendu par ses ennemis. à ce moment, un officier, Lesperance, ordonna à ses soldats, qui semblaient figés dans une sorte de frayeur admirative du général Dessalines, de faire feu sur lui, mais aucun d'entre eux n'osa tirer sur le formidable chef d' armée. Sans descendre de son cheval, l'empereur s'avança alors vers la troupe pour frapper les soldats atterrés avec son gourdin, et puis après, tirant son pistolet, il en abattit un qui le menaçait de son fusil en tremblant. C'est un sous-officier enfin, un dénommé Duverger qui ordonna au soldat Garat de faire feu, et c'est ce dernier qui le premier tira sur l’empereur, c'était d'ailleurs pour le rater et tuer son cheval. Prisonnier de sa monture, Dessalines tentait désespérément de s'en dégager lorsqu'il appela à son secours son aide de camp, le colonel mulâtre Charlotin Marcadieux. Dans un élan de chevaleresque loyauté, celui-ci se précipitait pour libérer l’empereur, quand, d'un seul et violent coup de sabre, le chef d'escadron Delaunay lui fendit le crâne. Le général Vaval, un Noir, fait alors feu de ses pistolets en direction de Dessalines, cela, peu avant que le général Yayou, un autre Noir, n'accourt achever l’empereur mortellement blessé de trois coups de son poignard qu'il enfonce jusqu'à la garde dans le corps de son ennemi. Mentor, un Noir originaire de la Martinique, qui, au dire de Madiou, était devenu tellement intime de Dessalines qu'il partageait son lit, vociféra en le voyant tomber : «Vive la liberté! Le tyran est abattu!» Juste Chanlatte, un Mulâtre celui-la, le propre secrétaire de Dessalines, poussa lui aussi quelques exclamations du même cru. Tous Les conjures, Noirs et Mulâtres, tirèrent ensemble le corps de Dessalines qu'ils livrèrent à la populace de Port-au-Prince, laquelle, ivre de vengeance et de colère, s'abattit avec rage sur son cadavre. A la tombé de la nuit, le général Pétion donna pour mission à une escouade de soldats de retrouver la dépouille de l’empereur et de lui donner une sépulture. Ce sont ces hommes qui rencontrèrent deux fous, Dauphin et Défilée, qui traînaient péniblement les restes de Dessalines qu'ils avaient placés dans un grand sac. Après que les soldats eurent enterré Dessalines dans un coin prôche du mur du cimetière extérieur de Port-au-Prince, Défilée, la folle, une ancienne cantinière de l'armée indigène originaire de l'Acul-du-Nord, se donna la pieuse obligation d'aller fleurir chaque matin la tombe de l’empereur, et cela pendant des années, jusqu'à sa mort. Les traîtres à l’empereur étaient, comme on l'a vu, des Mulâtres, mais aussi des Noirs comme Yayou, Gédéon, Vaval ou Mentor. Des Mulâtres, comme Charlotin Marcadieux et Boisrond Tonnerre, préféreront mourir par fidélité à l’empereur Dessalines, alors que d'autres, comme Gerin et Chanlatte, organisaient la rébellion, le trahissaient sans aucun remords de conscience. En réalité, Dessalines était devenu profondément impopulaire et l’empereur, qui avait fait l'unanimité politique contre sa personne, courait depuis longtemps à sa perte. Au fil des années, les premières générations d'Haïtiens choisirent d'oublier le général Dessalines dont l'expérience d'administrateur public s'était révélé abominablement décevante pour ses contemporains. Soldat de génie, Dessalines ne fut ni sage politique, ni bon chef d'État. Ce n'est que quarante ans plus Lard, en 1845, que le président Jean-Louis Pierrot exigea, par décret, un devoir de mémoire patriotique à l’endroit de l’empereur assassins. C'est aussi à partir de ce moment que Dessalines fut réhabilité dans le souvenir de la nation haïtienne qui voulut s' accabler collectivement de sa fin ignominieuse, se considérer comme la première responsable de son assassinat. On allait s'interroger sur la mort de l’empereur à qui l'on pardonnera toutes les fautes politiques pour ne plus considérer que l'éclat de son rôle militaire dans la guerre de l’indépendance. Une dévotion nationaliste fervente se chargera d'effacer les erreurs administratives du grand général et de redonner à Jean-Jacques Dessalines sa digne place parmi les pères de la patrie. | Haiti History Chapters | | | | | |   | 
References
| | Charles Dupuy, Le Coin de l'Histoire, Tome I
| | | |  | | | why are u saying that ti Cam? | | |
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TiCam
on
08-26-07, 10:18 PM
| | What I am saying RL and what do you mean by that question? | | | | | | you had written :"to be deleted" so i was wondering the reason of such a request! Maybe u were testing the section. | | |
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TiCam
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08-27-07, 08:17 PM
| | Where does it say "to be deleted"? I cannot find it. | | | | | | me neither ; but if u didn't intend to delete this thread than it's ok. Back to the articles!! Very interesting section by the way. | | |
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TiCam
on
08-27-07, 09:05 PM
| | Merci et bonne lecture! | | | | Article Tools | Search this Article | | | | | Display Modes | Linear Mode | Posting Rules | You may not post new articles You may not post comments You may not post attachments You may not edit your posts HTML code is Off Points Per Thread View: 2.00 Points Per Thread: 15.00 Points Per Reply: 5.00 | | | |