Le lion, invité surprise de Wyclef Jean au carnaval « Ochan pou kilti lakay », restait confiné dans un camion pour des raisons de sécurité. L'envoûtant refrain « van vire » de la superstar haïtienne, déjà récompensé d'un Grammy, ne suffisait pas pour dompter le fauve venu d'Afrique, jusqu'à le faire monter le char déjà surchargé. Un invité pas aussi courtois que Brad Pitt et Angelina Joli qui, malgré les risques d'être enlevés en janvier dernier, célébraient avec manière le premier anniversaire de la fondation Yélé Haïti à Port-au-Prince.


Depuis la confirmation de l'arrivée du lion dans la capitale haïtienne, presque tous les regards et les attentions tournaient vers le char monté par Wyclef Jean entouré d'une équipe de la chaîne musicale MTV. Le remuant Black Alex et Ti Pinèz révélé par Don Roy de Kriz en 2004 prêtaient leurs voix à la star haïtienne la plus médiatisée du monde pour réussir sa première participation à un défilé carnavalesque en Haïti. Sa meringue « Van an vire » (le vent a changé de direction), enregistrée en plusieurs versions cartonnait sur les ondes hertziennes du pays.


La voix symbole des « Fugees », tête brûlée comme lui seul, en abandonnant son char à la faveur du stand de la télévision d'Etat, a sensibilisé les opinions sur l'urgente nécessité de combattre la faim, de lutter pour instaurer un climat de paix dans le pays...Un discours très élogieux en faveur du président élu, René Préval, lui aussi dans les festivités carnavalesques, qui avait l'habitude de tromper la vigilance de ses gardes du corps pour se jeter dans la foule au Champ de Mars.
Impliqué dans des projets sociaux en faveur des quartiers pauvres et des déshérités via sa fondation Yélé Haïti, l'originaire de Croix-des-Bouquets a eu le privilège de fermer, jusqu'à 4 heures 30 (mercredi matin), le cortège ébranlé au Stade Sylvio Cator avec la participation de vingt-deux formations musicales et d'une quarantaine d'écoles de danse.