« Valider le Plan national de protection de l'enfant », tel est l'objectif d'un symposium tenu jeudi et vendredi à l'hôtel Montana. L'Etat haïtien et les ONG entendent ainsi améliorer le sort des milliers d'enfants livrés à eux-mêmes à travers tout le pays.
Quelque 2 500 enfants errent à travers les rues de notre pays, dont la grande majorité à Port-au-Prince. Pas moins de 170 000 autres sont en domesticité, 300 000 sont orphelins du SIDA, 122 jeunes sont incarcérés dans les prisons civiles pour mineurs, seulement à Delmas et à Pétion-Ville... La liste est longue et préoccupe grandement le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis. « C'est la situation de pauvreté qui sévit dans le pays qui est responsable de tout cela », affirme-il, promettant de mobiliser toutes les ressources de son gouvernement afin d'assurer un meilleur avenir aux petits Haïtiens.
« Notre but avec le Plan national de protection de l'enfant est de donner à chaque enfant les meilleures conditions pour grandir et s'épanouir », a affirmé le chef du gouvernement à l'ouverture d'un symposium de deux jours tenu depuis jeudi à l'hôtel Montana.
Ce plan national, concocté par le ministère des Affaires sociales avec l'appui de l'UNICEF, doit servir de cadre de référence aux autorités pour venir en aide aux enfants démunis, considérés comme le groupe social le plus vulnérable du pays. Le plan s'adresse aux enfants des rues, à ceux affectés par la violence armée ou en conflit avec la loi, aux enfants infectés par le VIH-SIDA ainsi qu'aux petites victimes de la traite humaine ou de violences sexuelles.


En dépit des innombrables difficultés rencontrées sur le terrain, le représentant de l'UNICEF en Haïti, Adriano Gonzalez-Regueral, s'est félicité de l'aide apportée par certaines institutions à des dizaines de milliers d'entre eux. « Au moins 1500 enfants des rues bénéficient aujourd'hui d'une prise en charge médicale gratuite, s'est réjoui le fonctionnaire. De plus, au moins 1000 de ces enfants sont bénéficiaires d'un accompagnement psychosocial en vue de leur réinsertion familiale et communautaire. Tous les enfants incarcérés profitent d'une prise en charge psychosociale et d'un accompagnement juridique en vue de leur réinsertion. Sur les 300 000 enfants vivant avec le VIH/SIDA, au moins 5 000 sont suivis médicalement et bénéficient d'un appui scolaire. »


Pour le ministre des Affaires sociales et du Travail, Gérald Germain, le plan soumis à l'appréciation de différents secteurs du pays exprime l'engagement du gouvernement actuel à aider les enfants vulnérables. « Une réponse adéquate en matière de protection des droits des enfants va être donnée cette fois-ci », a souligné le ministre d'un ton ferme.
Il a, en outre, annoncé la création d'un centre d'accueil dans chaque département du pays afin de venir à bout du phénomène des enfants des rues. Le ministre a aussi annoncé que des discussions sont en cours pour confier celui de Carrefour, en plein chantier, à une congrégation religieuse. Il n'a cependant pas dit laquelle.