Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a estimé mercredi à Madrid que son gouvernement devait assumer la gestion de l'aide internationale qui afflue en ordre dispersé dans son pays.
« Nous pensons que le leadership de la coopération doit être assumé par la partie haïtienne parce que c'est elle qui définit les priorités de l'aide », a déclaré M. Alexis, à la veille d'une conférence internationale des donateurs dans la capitale espagnole.
« Aujourd'hui, ce qui se passe, c'est que chaque partenaire a son petit drapeau pour montrer à tout le monde ce qu'il est en train de faire en Haïti », a déploré le chef du gouvernement haïtien lors d'une conférence de presse, à l'issue de la réunion de la première commission mixte Espagne-Haïti.
« Nous sommes venus lancer un appel à l'ensemble de nos partenaires sur la nécessité d'une meilleure façon de coopérer et sur la nécessité de mécanismes beaucoup plus agiles pour parvenir à des résultats. »
Une réunion internationale de donateurs concernant Haïti se tiendra jeudi à Madrid pour coordonner et s'efforcer de contrôler l'utilisation de l'aide financière au pays le plus pauvre du continent américain.
Depuis le renversement de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide en 2004, la communauté internationale s'est engagée à verser plus de 1,85 milliard de dollars d'aide à Haïti, classé cette année pays le plus corrompu au monde par l'organisation Transparency International.
Le commissaire européen au développement, Louis Michel, a annoncé le 22 novembre que la Commission européenne avait choisi Haïti comme « pays partenaire pilote » d'une nouvelle stratégie de programmation commune, afin de lui « éviter d'avoir à discuter avec chaque donateur et à suivre des règles propres à chaque donateur ».
Source: Le Nouvelliste